Fonctionnalité, Esthétique,Maîtrise des coûts, Solidité


Fonctionnalité

Esthétique

Maîtrise des coûts

Solidité

Fonctionnalité

L’information doit être fonctionnelle (bonne perception et lisibilité), ce qui fait référence:

  • aux conditions d’implantation (adaptation à la dimension du site et au volume de fréquentation) et à la nature du panneau (petit ou grand panneau, table de lecture)
  • au traitement graphique retenu (utilisation de couleurs, finesse de marquage requise)
  • à la technique de marquage utilisée (aspect de l’impression, de la gravure)
  • à l’aspect de la surface du matériau support d’information

  Choix d’une technique de marquage

Esthétique 

L’ensemble signalétique (panneau + mobilier) doit être esthétique, ce qui fait référence :
  • à la qualité intrinsèque des éléments du mobilier (utilisation de matériaux de qualité, belle conception graphique et fabrication nette)
  • à l’insertion dans le site et le rapport à l’environnement

Principes du design

Maîtrise des coûts

La maîtrise de la gestion et le maintien dans le temps de la qualité, ce qui fait référence à des contraintes à évaluer préalablement par le maître d’ouvrage (budget disponible, évaluation des probabilité de dégradations naturelles ou artificielles).

Assez tôt dans le projet le maître d’ouvrage doit esquisser une stratégie pour assurer la durabilité ou au contraire le renouvellement de l’information, en maîtrisant les coûts afférents. La tenue dans le temps est d’abord le maintien d’une qualité d’image à lire. On peut préférer un système de plaques à changer plutôt qu’un système très protégé contre les dégradations. En effet ce dernier aura inévitablement un point de vulnérabilité et son contenu vieillira de toute façon.

Quelque soit le facteur de dégradation considéré (les intempéries ou le vandalisme), le choix d’une technique particulière par rapport à une autre dépend toujours de :

  • l’exposition à ce facteur de dégradation et de l’évaluation qu’il est possible d’en faire (difficile dès le départ, en particulier pour le vandalisme)
  • de la durabilité liée au choix technique considéré par rapport à ce facteur
  • d’un raisonnement économique global (coût d’implantation et de maintenance)

Un plan de maintenance est inévitable (un ou deux nettoyages par an et prévision d’interventions en cas de détérioration) et doit être envisagé en amont non comme le maintien d’une unique surface informative mais comme le maintien de la qualité de lecture pour l’usager.

Organiser la maintenance

La question clé est d’appréhender les coûts au regard des risques encourus. Des comparaisons chiffrées illustrent différentes possibilités :

Pour vous aider dans vos choix, plusieurs classements indicatifs ont été établis :

 

Solidité

Les structures-supports doivent être solides, durables et non dangereuses, ce qui fait référence :

  • à la rigidité des plaques informatives (choix de la bonne épaisseur de matériau)
  • à la solidité des structures (choix des structures et dimensionnement des systèmes d’ancrage et de fixations)
  • à l’absence de bords coupants

Cet aspect ne devrait pas être un problème : les choix de matériaux, d’épaisseurs de plaques, de sections des poteaux ou de revêtements de protection adaptés font dans ce site l’objet de mentions au cas par cas dans les fiches descriptives de structures-supports. De plus les entreprises consultées ont généralement le savoir-faire nécessaire pour bien vous conseiller. En pratique et de nombreuses erreurs observées le rappellent, il faut être vigilant tant à la conception qu’à la réalisation sur :

  • la dilatation des plastiques (chaleur) et des matériaux à base de bois (humidité)
  • ainsi que sur la pourriture du bois ou des métaux (rouille ou courants électriques entre métaux).

 

 

Principes du design

 

Insertion dans l’environnement
 

Adaptation au site

Évaluation critique du type de milieu : montagne, prairie, forêt, marais, gorges, etc.
Dominante morphologique : horizontale, verticale, courbe, etc.
Dominantes couleurs, matériaux naturels, construits, etc.

Orientation du choix des matériaux à employer pour le mobilier :

a) par analogie mimétique plus ou moins affirmée
b) par opposition plus ou moins contrastée

Discrétion : se faire voir sans se faire remarquer

Loi d’économie : faire le plus avec le moins (qualité-prix)

Simplicité : réduire le nombre de manipulations, montage/démontage.

Penser à la fabrication en série
Relation de cause à effet contenu/contenant (message > mobilier > site)
Respect des règles de l’art selon les techniques utilisées (n’importe qui ne peut faire n’importe quoi)
S’inscrire dans l’évolution du design contemporain.

 

 

Choix d'un procédé de marquage

 

Le choix d’un procédé de marquage est au coeur d’un projet de signalisation, il détermine très largement les matériaux utilisés. Ne sont mentionnées ici que les techniques très répandues (gravure, sérigraphie, tirage numérique).
Plusieurs éléments sont à prendre à compte pour obtenir le meilleur rapport qualité/coût.

Les caractéristiques graphiques du message

(à illustrer comme sur la version pilote du site)

  • Texte seul
    Gravure, sérigraphie en aplats de couleurs, lettres en vinyle découpées
  • Texte + dessin au trait
    Gravure, sérigraphie en aplats de couleurs, tirage numérique
  • Texte + dessin au trait avec aplats de couleur
    Gravure par abrasion, sérigraphie en aplats de couleurs, tirage numérique
  • Texte + dessin couleur (demi-teinte, bichromie, quadrichromie)
    Sérigraphie en quadrichromie, tirage numérique

La finesse du marquage

Elle est à déterminer en fonction de la distance de lecture et de la nature du message.
En allant du moins au plus fin :

  • Gravure : gravure par abrasion, gravure mécanique, gravure laser
  • Lettres en vinyle découpées
  • Sérigraphie en quadrichromie et tirage numérique
  • Sérigraphie en aplats de couleurs

Coût / Reproductibilité / Modifiabilité / Durabilité

Il s’agit d’un complexe à aborder de façon globale (avec le choix du matériau support).
Voir :


Par exemple : certaines techniques sont très coûteuses pour la réalisation du premier exemplaire, puis les coûts deviennent marginaux pour les suivants. C’est le cas de la sérigraphie qui sera donc adaptée à la réalisation de panneaux identiques multiples (avec individualisation possible par contre-collage de lettres de vinyle découpées). La gravure et le tirage numérique sont moins coûteux pour des panneaux uniques ou en petites séries. Il est toutefois possible de tirer plusieurs exemplaires d’un même panneau unique et de stocker les suppléments pour les cas de vandalisme. Mais cela obère la capacité à modifier l’information mentionnée...

 

Anatomie des mobiliers-panneaux


Performance des structures

Plaque 1 : protection transparente

Plaque 2 : support de marquage

Plaque 3 : fond-support

Autres combinaisons

 

Un panneau de signalisation peut-être composé de plusieurs plaques, chacune avec une fonction particulière nécessitant l’emploi d’un matériau spécifique.

Performances des structures

Les surfaces de communication sont :

  • soit directement imprimées ou gravées sur une plaque,
  • soit imprimées sur un film lui-même contrecollé sur une plaque.

Le panneau de communication résultant est lui-même :

  • soit ancré directement dans un mur ou dans le sol,
  • soit fixé sur un mobilier, lui-même ancré dans le sol.

De nombreux cas sont décrits dans les systèmes constructifs (par familles: grands panneaux verticaux, tables de lecture, petits panneaux).

L’ensemble panneau + mobilier + ancrage constitue la structure-support de la surface de communication. En termes fonctionnels, on ne peut pas dissocier les panneaux des mobiliers dans la structure, c’est pourquoi, on a employé le terme "mobilier-panneau".

L’objectif fonctionnel d’un mobilier-panneau est de tenir solidement la surface de communication. En pratique, on a distingué deux sous-aspects :

  • la rigidité du panneau de surface: la surface de communication doit rester parfaitement plane, en condition de lecture normale, pour éviter des reflets irréguliers désagréables à la lecture.
  • la solidité de la structure: la structure ne doit pas se déformer irréversiblement sous l’application de forces passagères: extérieures (pression du vent, qui est considérable sur un grand panneau, appui d’usagers…) ou intérieures (dilatation thermique, déformations avec l’humidité…).

C’est ce qui explique qu’il peut y avoir superposition de plusieurs plaques pour constituer un panneau de communication :

  • un fond support qui rigidifie l’ensemble
  • une plaque support de communication qui est lisse et possède un bel aspect
  • éventuellement un film contre-collé, portant le marquage, ainsi qu’une plaque de protection

Plaque 1 : protection transparente

matériau plastique ou semi-rigide, équivalent à un sous-verre, dont l’usage dépend d’une approche budgétaire selon la protection et le renouvellement de l’information. Il est parfois préférable de placer un vinyle protecteur, facilement remplaçable, plutôt qu’une plaque plus coûteuse (Voir vinyles et laminas).

Plaque 2 : support de marquage

supporte la sérigraphie, la gravure, le contre-collage ou tout autre technique de marquage, le matériau employé est adapté à la technique retenue, souple ou semi-rigide.

Plaque 3 : fond-support

supporte la plaque de marquage, obligatoirement rigide.

Autres combinaisons

  • sandwich de deux plaques, sans protection de surface, support de marquage et fond-support.
  • une seule plaque autoporteuse (monobloc) ayant une double fonction de support de marquage et de fond support, sa rigidité lui permettant de se suffire à elle-même.

 

 

Structures-supports : la solidité


Solidité et rigidité des plaques

La solidité des structures en bois

La solidité des structures métalliques

Comparaison de caractéristiques mécaniques

 

Solidité et rigidité des plaques

Pour les plaques-supports, trois critères de performance mécanique ont été pris en considération :
 

  • les effets de dilatation et autres aspects particuliers (fragilité aux chocs…)
  • la rigidité à la flexion, qui peut être obtenue pour une surface plane de deux façons différentes :

- soit avec une forte résistance à la flexion de la plaque-support. Les limites de déformation sont alors à apprécier par l’utilisateur

- soit en supprimant les contraintes et donc les déformations sur le panneau de surface, ce qui est obtenu en rapportant un panneau rigide simplement appuyé sur une structure de fond solide de telle façon qu’il ne soit pas affecté par une légère déformation de celle-ci (la structure peut se déformer pour des raisons diverses: torsion de poutres sous l’effet de l’humidité, tassement d’une maçonnerie…). Cette option a en outre l’avantage de permettre un montage-démontage facile de la surface de communication.

  • la solidité à la flexion

Contrairement au sens commun, une plaque très rigide peut se déformer de façon irréversible avec des efforts assez peut importants. Ce cas est à examiner dans les montages avec des risques d’appuis "accidentels" (forces appliquées par des usagers…) notamment avec attention pour les panneaux sandwich et d’une façon générale avec les panneaux de petite portée pour lesquelles la rigidité est facilement élevée.
Des indications d’épaisseurs à respecter sont indiquées matériau par matériau suivant les types de systèmes constructifs.

La solidité des structures en bois

Les artisans savent bien dimensionner les ouvrages en fonction des efforts auxquels il seront soumis. Il ne faut pas hésiter à se laisser guider pas des considérations esthétiques pour les sections et faire une vérification de résistance si nécessaire.

Bases pour les calculs

Les modules d’élasticité E des bois cités dépassent 10 000 MPa (1 MPa= 10 daN/cm2 = 1 N/mm2); les professionnels du bois comptent en dN/cm2 (E? 100 000 daN/cm2). Mais les contraintes admissibles pour la sécurité en flexion sont faibles: 6 à 8 MPa soit 60 à 80 dN/cm2; et pour un chêne de droit fil on peut prendre jusqu’à 120 dN/cm2.

Les flèches pour des pièces porteuses sont calculées pour ne pas dépasser 1/400 de la portée (poteaux considérés en console, poutres transversales considérées en appui simple). Le calcul de flexion suffit dans la plupart des cas; une vérification de la limite de contrainte peut être nécessaire pour des pièces courtes soumises à des efforts importants et pour des poteaux qui tiennent des drapeaux (considérer alors le moment fléchissant au pied du mât au double de sa valeur pour prendre en compte les efforts de torsion).

Règles générales de dimensionnements des poutres

L’épaisseur de la pièce de bois ne doit pas être inférieure au tiers de la largeur (risque que la pièce se vrille). 8 cm semble le minimum d’épaisseur pour une poutre verticale, 6 cm pour une traverse d’un mètre.

Pour les poteaux de panneaux verticaux, il est souhaitable de ne pas passer sous des sections inférieures à 12 x 12 cm, mieux 15 x 15 cm pour éviter les déformations naturelles du bois avec les variations d’humidité… Les montages moisés en pincement sont à privilégier (moins de déformations , pièces plus faciles à transporter) à partir de sections 5 cm x 12 cm.

Pour les traverses horizontales, ne pas passer sous 50 cm2 de section (minimum 6 cm x 8 cm ou 5 cm x 10 cm).

La solidité des structures métalliques

Les professionnels de la construction métallique, de la chaudronnerie ou de la fonderie connaissent les performances mécaniques des métaux qu’ils travaillent et peuvent établir les sections de matériaux qui seront mis en oeuvre en fonction des efforts auxquels ils seront soumis.

Bases pour les calculs

Le module d’élasticité de l’aluminium (70 000 MPa) et de l’acier (> 200 000 MPa) font de l’acier et de l’aluminium des matériaux beaucoup plus rigides que le bois (10 000 MPa) ou les plastiques (1000 à 8000 MPa). Les limites de contraintes admissibles sont cinquante fois supérieures à celle du bois.

Les sections des mâts et poteaux sont établies en fonction du moment fléchissant maximum au pied du mobilier lorsque celui-ci est symétrique. On prend une valeur du moment fléchissant doublée pour des mobiliers de type drapeau pour tenir compte de la torsion.

Des tubes creux de sections carrées, rondes ou rectangulaires sont couramment utilisés: optimisation de la matière (une masse minimum) pour une résistance à la flexion et à la torsion.

Comparaison de caractéristiques mécaniques
Acier, aluminium et bois

A titre comparatif, un tube rond en aluminium, de 8 cm de diamètre en 5 mm d’épaisseur, de 3,3 Kg par mètre, a la même résistance à la flexion (ils se déforment autant l’un que l’autre) qu’un poteau de bois plein de 12 cm de diamètre qui pèserait 2 fois plus (6,7 Kg par mètre) mais l’aluminium peut supporter un moment fléchissant 10 fois plus élevé que le poteau de bois, de 1260 dN.m au lieu de 126 dN.m. Un tube d’acier de 2 mm d’épaisseur a environ les mêmes performances.
Unités: 1 MPa = 10 daN/cm2 = 1 N / mm2

 AluminiumAcierBois
Diamètre8 cm8 cm12 cm
Épaisseur5 mm2 mmPlein
Poids33 dN/m33 dN/m66 dN/m
Élasticité E70 000 MPa200 000 MPa10 000 MPa
EIValeur communeValeur communeValeur commune
Tension max400 MPa500 MPa6 à 12 MPa
Moment fléchissant max.1260 dN.m1575 dN.m115 à 230 dN.m

 

haut de page

L'adaptation au sol


Les bornes de balisage

Les grands panneaux et bornes de lecture

Les ancrages

Les dimensions du massif d’ancrage

Coûts


Les panneaux verticaux, les tables de lecture ou les bornes informatives sont fixés au sol selon la pratique habituelle de la signalétique routière.
D’une façon générale, les recommandations s’appliquent pour des sols bien compactés et bien drainés. Attention aux remblais récents qui s’affaissent et sur lesquels les poteaux vont perdre la verticale; attention aux terrains humides et argileux qui sont mous une bonne partie de l’année. Un sol sablonneux au contraire est un excellent support en profondeur et très facile à compacter (un arrosage tasse le sable).

Les bornes de balisage

Pour un poteau jusqu’à 1 m de hauteur, le modèle suivant s’applique avec un trou de 50 cm de profondeur. Pour des poteaux plus grands, on enterre en général d’une profondeur égale à un tiers de la hauteur qui dépasse du sol.

 

Pour des poteaux ronds en terrain assez meuble, on peut creuser à la tarière des trous ronds profonds d’un diamètre de quelques centimètres de plus que le poteau, ou tasser du gravier autour du poteau avec une dame de métal sur toute la hauteur.
L’ensemble est très résistant à l’arrachement et stable dans le temps.

Les grands panneaux et bornes de lecture

Les efforts qui s’appliquent sont plus importants. Le moment fléchissant est repris selon un des deux principes suivants :

 

 

soit par la combinaison classique des deux avec un massif bétonné :

 

Les ancrages

Les poteaux en bois enfoncés dans le sol, même pris dans un massif de béton (des cailloux solidarisés par un béton maigre), doivent être appuyés sur des cailloux pour permettre le drainage et une meilleure durabilité.

 

 

Des systèmes d’ancrage par barres ou crosses galvanisées sont fréquents. Dans certains cas, il est esthétiquement préférable de cacher ceux-ci sous le revêtement de surface.

 

Sur un poteau métal, une platine peut être ajoutée pour faciliter des montages-démontages fréquents.
Avec un poteau bois, le système ci-dessus permet d’éviter le pourrissement au sol en utilisant un bois de classe 3 (chêne par exemple).

Les dimensions du massif d’ancrage

Les services de l’équipement préconisent les dimensions en fonction du moment fléchissant au pied du poteau:
M < 100 dN.m Profondeur: 0,5 m Massif: 0,5 x 0,5 x 0,5 m3
M = 250 dN.m Profondeur: 0,7 m Massif: 0,55 x 0,5 x 0,7 m3
M = 500 dN.m Profondeur: 0,8 m Massif: 0,7 x 0,7 x 0,8 m3

 

 

Par exemple pour le grand panneau vertical sur deux poteaux, ci-dessus à droite,
de 1,20 m x 1 m, soumis à un vent fort de 1,20 dN/m2 :
M par poteau = 1/2 (120 dN x (1,2 x 1) x 1,5) ? 100 dN.m
Pour un drapeau, on prend une valeur du moment fléchissant double pour tenir compte des effets de torsion.

Coûts

Un trou de 0,5 x 0,5 x 0,5 m 3 creusé dans un terrain sans rocher, simplement rebouché et compacté coûte 90 à 110 € HT.
Le même avec massif bétonné de 0,5 x 0,5 x 0,5 m 3 coûte 140 € HT en bord de route, beaucoup plus si les matériaux doivent être transportés.
Un travail soigné de décapage et remise en place des mottes de végétation en surface peut aussi être pris en considération en supplément.

 

 

Structures-supports : approche comparative des coûts


Composantes des prix

Les panneaux en bord de route

Exemple de prix global : panneau d’entrée de site

Les structures-supports de panneaux sur site

Les plaques-supports

Les surfaces de communication

 

Un cadrage des coûts des structures-supports et des surfaces de communication est possible très en amont à partir de la connaissance de données générales à affiner ensuite au cours de la conception du projet. Ce cadrage permet d’établir un budget prévisionnel et d’évaluer la faisabilité du projet.

Le coût global d’un équipement comprend trois grandes parts :

la conception intellectuelle des contenus à laquelle est souvent rattachée la conduite de projet

  • la conception plastique ("design") et graphique (illustration, cartographie, composition, mise en page)
  • la conception technique (usinage, assemblage, impression) et la réalisation (transport, pose)

Les éléments suivants ne concernent que la partie technique sous ses aspects conception et réalisation.

Composantes des prix

Pour pouvoir comparer les données chiffrées concernant les procédés d’impression et les matériaux, il a semblé utile de distinguer trois niveaux de prix différents :

  • un prix matière première: c’est par exemple le prix d’une plaque de matière brute découpée,
  • un prix public "entreprise": c’est le prix de la matière usinée, y compris la marge commerciale de l’entreprise (30 à 40 %); c’est un prix départ usine auquel il faudra ajouter le transport et le montage.
  • un prix mobilier "installé" qui comprend les prix entreprises de chaque composant, plus le transport et la pose, majoré de 15 à 20 % pour la coordination des entreprises, l’adaptation au site, les ajustements de dimensions… C’est un rôle analogue soit à celui d’un maître d’oeuvre, soit à celui d’une entreprise générale dans le bâtiment.

Ces marges sont justifiées: le maître d’ouvrage qui se substitue à l’entreprise générale passe beaucoup de temps pour compenser l’absence de coordination avec les risques d’erreur dus au manque d’expérience.

Composantes du prix de réalisation d’un panneau signalétique

  • adaptation au site et coordination
  • surface de communication (marquage, et plaques fond, support de marquage et protection)
  • structure-support
  • pose

Les valeurs indiquées ci-dessous correspondent à des valeurs moyennes pour la fonction considérée. Les prix sont toujours hors taxes. L’utilisation de matériaux de qualité (verre, fontes, pierres gravées et laves émaillée, peinture à la main, structures massives) non chiffrée dans cette approche globale peut entraîner des surcoûts jusqu’à 50 % des prix de références indiqués ici. A évaluer au cas par cas avec une entrée plus plastique ou artistique que technique.

Les panneaux en bord de route

La présignalisation routière

La présignalisation routière est à étudier avec les services de l’équipement. Son coût dépend du type et nombre de panneaux à placer. Il ne faut pas en sous-estimer l’importance comme l’indique les prix suivants tirés d’un catalogue de panneaux routiers.
Panneau pour annoncer le site (deux lignes, lettres de 15 cm de hauteur)

• Panneau rétro-réfléchissant de type traditionnel, en tôle d’aluminium rebordée, classe 2 (valeur moyenne) :

 

- panneau 150 x 60 cm200 €
- mâts galvanisés130 €
- pose150 €
 480 €

 

• Panneau sur caisson (si c’est le type de la voirie considéré)

- panneau 130 x 60 cm 600 €
- mâts aluminium + fixation 350 €
- pose 150 €
 1100 €

 

Panneau directionnel à la bifurcation

• Panneau double : un seul poteau par économie

- panneaux 70 x 70 cm (Parking)200 €
+ 70 x 30 (flèche) 80 €
+ 70 x 70 (nom) 150 €
- poteau + fixation120 €
- pose150 €
 700 €

 

Ces panneaux peuvent être achetés dans les marchés départementaux annuels (moins 20 à 30 %).

Exemple de prix global : panneau d’entrée de site

Un panneau annonce l’entrée du site, appelé "panneau de situation" par certains est envisageable à partir de 470 € posé.
Il peut être traité comme :
• Panneau PVC vertical hauteur 80 cm x longueur 120 cm, sérigraphié en une couleur, tenu entre deux poteaux moisés, avec recto couleur,

- panneau + support prix installé620 €
- pose150 €

 

• Panneau structure bois avec fond contre-plaqué marine 18 mm, lettres vinyle découpées collées sur tôle aluminium laquée, une face, hauteur 60 cm x longueur 130 cm.

- panneau + support prix installé620 €
- pose150 €

 

• Panneau bois prix minimum 2 planches gravées une face,
130 cm x 42 cm, lettres 100 mm.

- panneau + support prix installé500 €
- pose150 €

 

• Panneau bois gravé par sablage avec silhouette d’animal découpée

- panneau + support prix installé1200 à 2700 € selon format et concept
- pose150 €

  

Les structures-supports de panneaux sur site

Les supports considérés ici sont évalué sur une base classique avec structure métal ou bois.

Les grands panneaux

• Grand panneau vertical, 80 cm x 120 cm ou 100 cm x 120 cm
- support: 2 poteaux f = 14 cm, deux traverses f = 8 cm

- bois classe 4 enterré, prix installé350 €
- toit350 €
- pose150 €

 

• Totem 2 m hauteur ou drapeau avec poteau moisé bois lamellé-collé usiné, classe 4 à enterrer,

- U métal sur dessus et vis.3500 €/m3
- cadre bois rainuré pour tenir plaque90 à 100 €
- pose150 €

 

• Drapeau

- support poteau moisé 2 fois 20 x 8 cm261 €
- pose150 €

 

Bois :matière  435 € / m3
 usiné  870 € / m3
 installé1390 € / m3

 

Lamellé-collé :usiné2600 € / m3
 installé3500 € / m3

 

Les tables de lecture

• Tables métalliques (prix base aluminium) 60 x 80 cm à 70 cm x 100 cm

- support sur platine ou cadre ? 610 €

Les supports pour petits panneaux informatifs ou bornes

• Bornes en bois 1 m hors du sol

- support section 20 x 6 cm ou 15 x 15 cm, classe 4 enterrée avec barre métal pour fixation, couvert par profilé métal ou pointe diamant ? 80 €

- défonçage pour fixation de plaque 20 €/ plaque

Les plaques-supports

Le prix d’un panneau-support dépend essentiellement du type de montage (plaque encadrée ou non). En première approche pour des usages courants de 90 à plus de 350 € par m2 (souvent à compter soit dans le prix du mobilier, soit celui de la surface de communication) auquel il faut ajouter dans certains cas des plaques de protection transparentes de 90 € à plus de 200 €/m2.

Le prix d’une plaque dépend de la nature et l’épaisseur du matériau et varie de 20 € à plus de 200 €/m2 HT, prix matière.

Les surfaces de communication

Les coûts d’impression ou de gravure vont de quelques centaines d’euros par pièce pour des petits panneaux gravés à des milliers d’euros par mètre carré en sérigraphie; plus de 2000 € en émaux.

Le choix des surfaces de communication dépend beaucoup d’un ensemble de facteurs lié au rapport prix de revient / durabilité d’usage.


Surfaces de communication : approche comparative des coûts.

 

 

Surfaces de communication : approche comparative des coûts


Les grands panneaux d'information en entrée de sites

Les tables de lecture

Les panneaux informatifs verticaux en monochromie

Composantes du prix de réalisation de la signalétique et de la maintenance de l’information:

  • adaptation au site et coordination (investissement et maintenance)
  • marquage
  • plaques (fond, support de communication, protection) et leur éventuel renouvellement
  • mobilier dont un système de montage et démontage des surfaces de communication ou de protection
  • pose du mobilier, des plaques et éventuellement pose et de dépose de plaques pour renouvellement de l’information
  • stockage : des plaques de renouvellement ou mémoire informatique, ainsi que de la mémoire de la réalisation.

Pour assurer une communication durable selon un compromis budgétaire, on a considéré que les choix constructifs doivent tenir compte de la nécessité d’une maintenance la plus simple possible mais inévitable selon :

  • les risques estimés de dégradation par petit vandalisme,
  • l’exposition aux intempéries,
  • les mises à jour éventuelles de l’information ou reprises de la conception graphique :
      causes de dégradation et durabilité

Des estimations approximatives mais significatives (et qui sont des exemples de raisonnement) peuvent être effectuées selon les exemples ci-dessous par type de mobilier.

Les grands panneaux d’information en entrée de sites

L’impression de grands panneaux en 2 ou 3 exemplaires sérigraphiés (un posé, un ou deux en réserve) ou un tirage numérique avec une sauvegarde sur CD-Rom gardée par le maître d’ouvrage est une solution plus pratique et moins coûteuse que la protection par un vitrage transparent.
L’analyse détaillée des coûts d’investissement et de maintenance, ci-dessous sur un exemple type, en donne une démonstration.

Considérant les grandes surfaces à couvrir, une impression qui dure 10 ans est quasiment impossible à obtenir à un prix raisonnable. Un objectif de durabilité de 6 ans pour un panneau aux intempéries (qui peut être largement dépassé dans de bonnes conditions d’exposition) est acceptable. Cet objectif est cohérent avec une mise à jour (éventuellement avec une nouvelle présentation) souvent nécessaire pour ce type de panneau qui présente des informations évolutives (extension d’un réseau de circuits de découverte, autres sites, informations touristiques.…). La gravure est possible mais chère sur de telles surfaces (à envisager dans des cas particuliers: panneaux bois…).

Le choix de stratégie de protection est lié à celui du type d’impression.

Prenons l’exemple d’un panneau de 1 x 1,2 m hors support. Les prix sont approximatifs mais assez précis pour étayer le raisonnement.

Impression en tirage numérique (quadrichromie) : coût pour 1 ex. 100 € et pour 3 ex. 220 €.

Impression en sérigraphie (4 couleurs) contrecollé sur panneau sandwich, coût pour 3 ex. 1260 € (et très peu pour d’autres).

En cas de risque modéré de dégradation, où on considère qu’il faille intervenir face à une dégradation modérée deux fois en cinq ans. Les options suivantes sont possibles :
 
a. Montage sans protection

  • impression en sérigraphie, 3 exemplaires, 1 posé sans protectionrenouvellement 2 fois: dépose-repose d’une nouvelle plaque rapportée en utilisant les deux exemplairesde secours 2 fois x175 €
1250€
  350€
TOTAL1600€

 

L’image est figée.

  • impression en tirage numérique avec mise à jour éventuelle, posé
    sans plaque de protection à chaque tirage 100 € plus
    mise à jour (non compté ici)
    renouvellement 2 fois: dépose-repose d’une nouvelle plaque
    rapportée

220€

350€

TOTAL570€


b. Montage avec protection par vitrage incassable

  • vitrine étanche en aluminium pour éviter les risques de condensation, dépôts de saleté, insectes. Pose sur le support+ pose information
  • vitrage + dépose/pose pour renouvellement 2 fois 175 €
  • impression en sérigraphie

  870€
  350€
1260€

 

TOTAL2480€

 

  • La même vitrine avec impression numérique                                             

870€
350€
220€

TOTAL1440€


Conclusion pour des panneaux en situation de risque modéré :

  • Si le panneau est en situation de risque modéré, le tirage numérique avec une lamina anti-grafitti, anti-griffes est une bonne solution.

Coût avec trois panneaux identiques: coût 75 € par panneau.

On garde un CD-Rom en cas de dégradation et un budget d’intervention 220 € en cas de problème (95 € pour retirage + 85 € pour pose + 40 € TVA). On peut dans cette logique renouveler l’information à intervalles réguliers et augmenter l’espérance de vie du panneau en rapport.

  • Si le panneau considéré est posé à plusieurs endroits sur le site (plusieurs entrées, intersections): l’impression en sérigraphie sans protection est intéressante à partir d’une dizaine de panneaux, même sans dégradations potentielles.

Coût avec trois panneaux identiques: 420 € par panneau.

En cas de dégradation, on remplace la surface de communication au bout de 5 ans pour prolonger doubler l’espérance de vie du panneau par une nouvelle plaque mise de côté au moment de l’impression et contrecollée d’un tirage supplémentaire.
Garder un petit budget d’intervention: 175 €. On peut aussi dans cette logique faire durer beaucoup plus le panneau à l’identique: il suffit de changer.

  • Si le panneau risque effectivement des dégradations modérées

On peut envisager des panneaux en inclusion par stratification. Ce procédé offre une excellente résistance aux griffes et aux graffiti ; on peut facilement nettoyer la surface avec les produits adéquats. Cette technique a pour avantage qu’il ne faut pas envisager le remplacement du panneau aussi vite. Il est en général garanti 10 ans. En outre, il offre une très bonne définition d’image (peut aller jusque 1200 dpi).

Coût pour un panneau de 1,20 m x 1,40m (hors support) : 765 €

La solution "protection par vitrage" nécessite de toute façon une intervention. Elle n’est pas vraiment moins chère que l’absence de protection (sauf matériel de piètre qualité). Il semble donc préférable d’envisager un renouvellement des panneaux :

- il y a des possibilités de mise à jour et d’évolution avec l’option impression numérique,

- il y a des possibilités de multiplier le nombre de panneaux identiques avec la sérigraphie.

  • Si le panneau est soumis à de fortes contraintes de dégradation, diverses stratégies sont possibles à étudier au cas par cas en fonction de la nature de la dégradation :

- agir sur les causes de dégradation (concertation locale, surveillance…)

- renouveler fréquemment la surface de communication (exemple des plans dans le métro parisien) ou mettre un vitrage à renouveler (exemple panneaux publicitaires urbains) ,

- de mettre en place des panneaux très résistants : à l’usure, aux graffitis, à la rayure, aux chocs, … (supports émaillés, résines armées sérigraphiées, pierre ou stratifié gravés)

On peut par exemple opter pour une plaque en lave émaillée. Elle résistera pratiquement à toutes les agressions (sauf extrêmement violentes – type coup de burin).  On atteindra un prix de ± 3000 €/m². D’autres supports (grès, tôle d’acier, verre) émaillés sont envisageables, ils seront eux aussi résistants à la plupart des agressions.

Les tables de lecture

Les tables de lecture sont beaucoup plus soumises à l’usure que les panneaux verticaux: battement de la pluie et de la grêle, frottement des usagers. De plus, les panneaux orientés vers le soleil subissent des rayonnements qui accélèrent le vieillissement. Ce sont des contraintes très fortes qui nécessitent une protection ou des matériaux résistants. L’objectif de 10 ans d’usage est réaliste avec un type de présentation; la durabilité correspondante est accessible.

Les estimations sont effectuées sur la base d’un format de 60 cm x 80 cm. Voici quelques points de repères.

a. Comparaison entre panneaux transparents à bords apparents et panneaux encadrés
Une plaque de PMMA (Altuglas ou Plexiglas) pour un montage de panneau en bord apparents coûte environ le même prix qu’une plaque de protection transparente à tenir sur encadrement (prix atelier 115 €).
La sérigraphie d’une plaque, ou de plusieurs, revient environ au même prix x (prix en quadri).

  • Panneau sérigraphié en vitrophanie (sur la face de dessous)
    prix de l’impression
    prix de deux plaques
    (une posée, une en réserve)
    1260€
2 x 115€
TOTAL 11490€
  • Panneau classique, avec protection nécessaire par film et plaque
    - prix d’impression
    - prix pour une plaque imprimée + un film imprimé conservé
      plaque sandwich aluminium                                         
      film vinyle
    - prix de la protection   
      film de protection
      contrecollage film protection
    2 plaques de protection (une posée, une en réserve)

1260€       
      60€
      35€
      
       35€
       18€
2 x 115€

TOTAL 21638€


b. Comparaison entre impression sur vinyle contre-collé et émaux polychromes
• L’impression de sérigraphie en quadrichromie coûte environ 1240 € par panneau, plus montage et protection pour plus de 175 €. Elle durera de l’ordre de 4 ans.

L’impression en quadrichromie sur lave émaillée coûte 1045 à 1220 €. Elle durera des dizaines d’années à l’usure.

Considérant l’écart en quadrichromie (ou plusieurs couleurs en à plat), la lave émaillée indestructible sauf par agression très violente apparaît très compétitive.

• En monochromie, l’écart reste important: une plaque émaillée coûte déjà au moins 700 € contre 175 € + 115 à 630 € pour une sérigraphie sur plaques transparentes.

La tôle a un gros avantage le poids nettement plus léger que la lave; un inconvénient la vulnérabilité aux impacts.

Le tirage numérique est plus risqué dans des expositions très ensoleillées; les garanties de durabilité ne sont données que pour des panneaux verticaux, la durée de vie est en moyenne de 5 ans. Les résultats peuvent être différents selon les encres utilisées (voir chapitre tirage numérique). Il convient de bien se renseigner avant de choisir son imprimeur. Mais si l’on considère que l’on peut renouveler facilement la surface de communication, et qu’à chaque fois, elle a une durée de vie de 5 ans, le tirage numérique étant vraiment moins cher que les autres techniques, il est parfois préférable de tout de même envisager cette solution. Si l’on fait un bref calcul, pour le prix d’une impression en sérigraphie ou en lave émaillée, soit environ 1200 €, on pourra imprimer 5 vinyles + la pose (1 tous les 5 ans) ce qui nous donnerait un panneau avec une durée de vie de 25 ans…

Les panneaux informatifs verticaux en monochromie

Sur un format moyen 60 cm x 80 cm avec des dessins, la sérigraphie monochrome reste très bien placée en prix et qualité par rapport à l’impression numérique, mais en 2 couleurs ou en quadri, la sérigraphie ne se justifie plus du point de vue rapport qualité/prix :

- impression sérigraphie monochrome (effets de trames possibles)<> 200 €
- impression sérigraphie deux couleurs (effets de trames possibles)<> 450 €
- impression numérique (toujours base quadrichromie)<> 90 €
- lave émaillée (plaque-support chère)<> 1000 €

 

Sur de petits formats, en dessous de 45 cm x 60 cm, la gravure devient intéressante :
Sur un format 20 x 30, un panneau gravé en Trespa revient à 90/150 € prêt à poser; il est très durable (largement plus de 10 ans). A comparer à un panneau sérigraphié, qui revient à 100 € (prix praticables seulement quand plusieurs panneaux sont réalisés simultanément) et qui a une espérance de vie de 5 ans sans protection (plus si plusieurs films sont tirés et collés sur un support de remplacement en même temps).

L’avantage de la sérigraphie est écrasant à chaque fois qu’un grand nombre d’exemplaires (minimum 25) du même panneau sont tirés simultanément. Cas de figure pourtant assez rare dans nos métiers.

L’avantage de la gravure est net lorsqu’il faut réaliser de nombreux petits panneaux directionnels, chacun unique. En cas de détérioration, il suffit de garder une mémoire sur CD et un plan de recollement (emplacement précis de chaque panneau sur le site).

 

 

Organiser la maintenance

Entretien

Remplacement

Dans le terme de maintenance, il faut distinguer plusieurs aspects : l’entretien, le remplacement des panneaux (à l’identique) et le renouvellement des surfaces d’information (modification du contenu ou du traitement graphique). Il faut prévoir : une surveillance des panneaux, une personne ressource susceptible d’agir en cas de problèmes et la conservation de la mémoire de la réalisation des panneaux.

La maintenance ou la mise à jour de l’information ne sont possibles que si les conditions d’intervention du personnel du maître d’ouvrage sont très faciles après la première pose des panneaux sur le site et supposent pour être maîtrisées une réflexion budgétaire spécifique en amont (Surfaces de communication, une approche comparative des coûts).

Entretien

Des panneaux de signalétique installés méritent un minimum de maintenance :

  • un lavage annuel
  • un lustrage éventuel annuel pour les plaques de protection de type PMMA.
  • un écrit annuel sur état des panneaux. Il est intéressant de suivre l’évolution après une saison, un an, 5 ans, 10 ans.

Remplacement

En cas de détérioration ou vol de panneau, il est indispensable de pouvoir intervenir rapidement (si possible dans la semaine, avant que la situation ne se détériore). Cela suppose:

  • une surveillance (au moins une fois par semaine pour un site fréquenté; le prévoir éventuellement dans l’implantation des panneaux),
  • un changement de plaques à l’identique.

Pour changer une plaque à l’identique, il faut avoir prévu dans la conception du mobilier et du panneau :

a. un système de montage-démontage de panneaux ou plaques extrêmement simple, praticable par la personne qui en est responsable et avec des outils disponibles. Prévoir des vis et écrous anti-vol.

b. des panneaux de remplacement disponibles rapidement :

- soit en stock, plaques supports de communication ou de protection prêtes ou des films prêts à coller. Ceci suppose des panneaux facilement manipulables (pas trop lourds, ni trop encombrants) et des conditions de stockage adéquates,

- soit en mémoire informatique (disquette ou CD-Rom), référencée et avec un accord préalable avec l’imprimeur ou le graveur pour faire refaire l’impression ou la gravure rapidement. Ceci suppose un stockage adéquat et un budget d’intervention.

Les images et textes doivent être libres de droit de reproduction (à négocier à la conception).

c. la référence précise des panneaux à remplacer avec :

un dossier d’ensemble composé de :

• le nom du site et la localisation sur carte,

• la date exacte de réalisation,

• les composantes des panneaux et les entreprises de fabrication correspondantes avec adresses et téléphones,

• les références telles que: code couleur, code police, matériaux…,

• les coordonnées GPS

avec pour chaque panneau :

• un plan de localisation sur le site et un code alphanumérique géoréférencé pour chaque média

• le type de panneau avec format, orientation, inclinaison,

• la maquette du message.

• sur chaque panneau et copie, une référence minimum :

    • l’année de fabrication

    • un autre indice tel que nom de fabricant, nom d’opération, un téléphone pour retrouver le dossier dont la mémoire s’estompe vite ou pour qu’une personne puisse signaler une anomalie.

Un tel dossier permet aussi de suivre de façon objective l’évolution des panneaux mis en place avec le temps.

La mémoire informatique disquette ou CD-Rom conservée par le maître d’ouvrage et les références d’entreprises permettent aussi de renouveler l’information si nécessaire.

Il est aussi utile de prévoir :
 

  • une enquête de satisfaction des visiteurs par questionnaire pour juger de l’adaptation du message aux attentes et remédier aux défauts (reprise de panneau informatif d’entrée sur tirage numérique, reprise d’une plaque gravée…)
  • une évaluation par rapport aux objectifs initiaux du maître d’ouvrage: notoriété, fréquentation, retombées économiques.

 

 

Surfaces de communication : classements de la durabilité aux intempéries


La tenue dans le temps de l’information dans son intégrité dépend de plusieurs facteurs :

l’exposition aux intempéries et aux rayonnements (UV…)

la durabilité de la technique de marquage

la durabilité de la surface support de communication (vieillissement)

les protections éventuelles.

L’exposition aux intempéries et rayonnements

L’exposition aux intempéries et aux rayonnements est importante à considérer pour des types d’impression sensibles au travers de deux trois facteurs :

  • l’orientation du panneau : un panneau incliné à 45° plein sud est soumis tout au long de l’année à une exposition forte aux UV qui décomposent les pigments, et ce, beaucoup plus qu’un panneau tourné plutôt vers le nord ou à l’abri. Il faut donc préciser pour des images sensibles l’inclinaison dès la conception (25° à l’horizontale pour une orientation plein sud).
  • l’altitude et la durée d’exposition aux rayonnements : l’altitude est une donnée incontournable, mais situer le panneau devant un obstacle aux rayonnements pour une partie du temps, rentrer des panneaux ou les mettre sous housse l’hiver peut facilement doubler le nombre d’années sans altération apparente.
  • la pluie et la grêle usent les panneaux. Pour les tables de lecture inclinées, cette abrasion est une contrainte forte à la conception. On utilise soit des matières très dures, soit des protections. Pour des panneaux verticaux dont la surface de communication est sensible, l’orientation par rapport aux vents dominants ou un abri est à considérer, notamment lorsqu’il y a des risques d’abrasion par le sable ou de corrosion par le sel.

La durabilité du marquage

La durabilité intrinsèque du panneau de communication est fonction du matériau utilisé et de la technique de marquage (gravure, sérigraphie, etc.).

L’émaillage de lave ou de la tôle a une tenue excellente.

La gravure sur surface durable est sans problème si le support est durable en profondeur ou si on applique une peinture très résistante dans les creux.

Les sérigraphies tiennent au rayonnement avec une protection contre les intempéries. La qualité des encres et la fiabilité des sérigraphes sont capitales. Des utilisateurs expérimentés observent que des aplats de couleurs unies tiennent bien la durée (on peut éventuellement charger certaines teintes; de plus une légère variation de couleur d’une teinte dans le temps n’altère pas sensiblement l’aspect d’ensemble) mais la quadrichromie est suspecte (l’affaiblissement d’une des couleurs de points est mal perçue par l’usager qui inconsciemment compare à ce que l’image a pu être à l’origine!).
La raison est sans doute que les couches d’encres appliquées en aplats de couleurs sont bien plus épaisses qu’en quadrichromie et que les encres utilisées en quadrichromie contiennent apparemment des pigments qui se dégradent à la lumière qu’il est encore impossible de garantir dix ans avec son seul liant.

Les impressions numériques avec lamina de protection présentent des garanties qui actuellement sont moins bonnes qu’en sérigraphie en aplats mais équivalentes à la sérigraphie quadri.

Des peintures de bonne qualité appliquées à la main peuvent bien tenir la durée (avantage de l’épaisseur par rapport aux encres). Sur métal, sur bois cuit…, elles peuvent être passées au four. En ce qui concerne les bois courants, l’utilisation de pigments minéraux très résistants, notamment à base d’oxydes de fer et d’une coloration proche du bois peuvent faire écran total aux UV.

Les photos, les documents papiers imprimés sont très sensibles aux UV et autres rayonnements lumineux et posent de façon aiguë la question de la protection aux UV.

La durabilité de la surface support de communication

La tenue des surfaces dépend de la résistance des matériaux de surface :

  • au rayonnement solaire et lunaire
  • aux variations d’humidité et de température
  • à l’usure due au battement de la pluie, de la grêle et au frottement des usagers
  • à certaines agressions chimiques (acidité, mousses, fientes…)
  • aux très basses températures

L’altitude (grands froids, rayonnements UV intenses...), la chaleur méditerranéenne, une atmosphère corrosive (proximité de volcan, embruns salins...) peuvent être considérées comme normales moyennant quelques précautions dans le choix des matériaux.
Par contre, certains facteurs aggravants peuvent être évités :

  • l’exposition plein sud ou sud-ouest, notamment des tables de lecture inclinées (impact du rayonnement perpendiculaire à la surface), avec rayonnement intense, élévations de températures de surface, brusques variations de température… Il vaut mieux éviter ce genre de situation. La durabilité de toute surface, à l’exception du granit, du verre et des émaux, en sera fortement améliorée.
  • les accumulations d’humidité ou de dépôts organiques acides (humus, mousses...) prisonniers dans des bas de panneaux. Il faut éviter, à la conception, les formes en creux qui les retiennent et assurer un entretien minimum (un lavage annuel).

Les conditions extrêmes doivent être traitées avec des matériaux adaptés: une abrasion par des vents de sable ou de poussières use toute surface. Des coques en fibres de verre et résines avec un revêtement transparent rechargeable au-dessus d’une sérigraphie semble donner satisfaction là où le verre, les émaux… se ternissent.

Classement indicatif global

Classe 1: Résistance aux intempéries d’environ 5 ans sur surface verticale et davantage en exposition favorable)

  • PVC expansés: Forex et Komacel de plus de 10 mm d’épaisseur
  • Polycarbonate: Makrolon, Lexan
  • Surfaces mélaminées de contre-plaqués
  • Encres de sérigraphie de bonne qualité; lasures de bonne qualité; toners de tirages numériques.

Classe 2: Résistance aux intempéries supérieure à 10 ans sur surface verticale ou inclinée (garantie décennale des produits du bâtiment) et davantage en exposition favorable.

  • PMMA: Plexiglas, Lexan, Perspexe
  • Sandwich aluminium
  • Matériaux revêtus de peintures de bonne qualité (peinture polyuréthane…): stratifiés qualité extérieure; acier galvanisé avec peinture cuite au four; bois haute température; revêtement de coques en fibres de verre et résines.
  • aluminium anodisé

Les matériaux du bâtiment (type stratifié) sont référencés dans les documentations techniques pour la tenue des couleurs ou de la transparence au-delà de 10 ans.

Classe 3: Résistance aux intempéries très longue, 30 ans et plus, indépendamment de l’exposition.

  • Verre, granit, émaux
  • inox, aluminium, bronze

La protection des surfaces de communication

La protection des surfaces de communication est une affaire délicate dans laquelle se mêlent de nombreuses variables. Il faudra en particulier toujours effectuer un calcul économique global.
 
Les protections de surface : films, vernis, lasures ...

Il est fréquemment contrecollé des films de protection transparents sur des surfaces imprimées. Les films de protection et dans une moindre mesure un vernis de surface, lorsqu’ils sont très solides, ont un avantage certain en contribuant à maintenir en place les pigments en protégeant les encres ou les peintures :

  • sous l’action des intempéries, notamment l’usure par la pluie et la grêle si le panneau n’est pas trop exposé, ce qui reste insuffisant pour une protection durable d’une table de lecture.
  • sous l’action de la chaleur (considérable sous un vitrage ou une simple exposition directe au soleil qui ramollit les encres. Les teintes trop foncées qui absorbent beaucoup la chaleur posent des problèmes fréquents. Inversement, les blancs sont éblouissants: choisissez donc des teintes douces pour les surfaces de fond.
  • sous l’action d’agents biologiques. Les surfaces lisses et donc brillantes en sortie de fabrication (moins après une certaine patine du temps), présentent moins d’adhérence pour des poussières ou des dépôts organiques et il est bon de prévoir un bon lessivage annuel à l’eau savonneuse d’un panneau sérigraphié ou peint.

Mais un film de protection, un vernis, une lasure transparente ne font pas obstacle aux ultraviolets et n’empêchent pas l’altération de la surface (bois, carte imprimée, encre de sérigraphie ou autre dont les pigments ne sont pas résistants…) qui se trouvent en-dessous.
Les produits de protection contre les UV existent. Ils absorbent le rayonnement UV et protègent ce qui est en-dessous. Ils n’ont pas d’effet sur les longueurs d’ondes visibles (sinon ils ne seraient pas transparents).

Les plaques transparentes

Des plaques de protection transparentes de polycarbonate (même matière de base polycarbonate sous les marques: Makrolon ou Lexan) ou polymétacrylate de méthylène (même matière de base PMMA sous les marques: Altuglas, Plexiglas ou Perspexe) sont fréquemment utilisées :

  • soit comme protection contre les intempéries (tables de lecture),
  • soit contre les agressions,
  • quelquefois contre les UV.

Elles protègent efficacement contre l’usure de surface (et contre le petit vandalisme) et assez bien contre les UV.
Mais elles ne protègent pas contre les autres types de rayonnement :

  • visible puisqu’elles sont transparentes et n’empêchent pas la détérioration de surfaces sensibles à ces rayons (photos, documents imprimés…)
  • infrarouge ce qui provoque des échauffements importants dans des atmosphères confinées. Comme de plus, leur dilatation à la chaleur est importante, faire très attention à leur mise en oeuvre.

En règle générale, les PMMA en épaisseurs suffisantes pour résister aux chocs, à partir de 8 mm., sont préférables aux PC pour les vitrages de protection :

  • la protection est parfaite contre les intempérie
  • la protection est très bonne contre les chocs
  • une protection certaine contre les UV (mais pas les autres rayonnements)

Conclusion

La durabilité des images est fonction de la qualité des pigments et d’un bon liant, résistants aux rayonnements, d’une application professionnelle de qualité, ainsi que de la présence ou non d’une protection de surface contre les intempéries.

Il n’est pas possible de protéger de façon satisfaisante des documents non prévus pour une tenue aux rayons (bien que leur détérioration serait sûrement beaucoup plus lente aujourd’hui qu’il y a dix ans avec des produits de meilleures performances).
 
Sur quelle durée tabler (sans dégradation par vandalisme) ?

• les émaux des dizaines d’années;

• les bonnes peintures, bien appliquées, notamment pour les remplissages de gravure: dix ans sur exposition aux intempéries;

• de bonnes encres de sérigraphie, bien appliquées, bien tenues, autour de 5 ans en mauvaise exposition, plus de 10 ans en exposition modérée (dégradation progressive des couleurs non référencée).

• pour les impressions numériques, les garanties de 4 ou 7 ans ne sont données que pour des panneaux verticaux.

• toutes les techniques de décoration (dessin à la main, lettres collées) sont à prendre avec précaution en ce qui concerne la durabilité (utilisation de peintures de bonne qualité correspondant aux matériaux et respect des conditions de mise en oeuvre, utilisation de lettres autocollantes assez grosses > 1 cm).

Les garanties

La plupart des imprimeurs, sérigraphes ou fabricants de panneaux peints ne donnent qu’une garantie orale; on les comprend quand une part importante de la durabilité est fonction des conditions d’utilisation. Certains cependant, forts de leur expérience (n’oublions jamais que le savoir-faire compte autant que le produit) ou d’une certaine stature financière qui soutient une démarche commerciale (devoir refaire certains panneaux est un risque limité pour prendre un marché…) garantissent leurs travaux par écrit (même des quadrichromies) plus de 5 ans.
 
Comparer les coûts par durée d’utilisation

Il ne faut pas excessivement focaliser son attention sur les problèmes de durabilité d’image et d’abord avoir en amont une réflexion budgétaire globale pour considérer le changement des surfaces de communication. : 
Surfaces de communication, une approche comparative des coûts.

 

 

Surfaces de matériaux : classements de la résistance au petit vandalisme


Synthèse des résistances au petit vandalisme

Classement à la rayure

Classement aux chocs

Classement au feu

Bombages à la peinture et aux autocollants


Le vandalisme revêt plusieurs formes :

  • les rayures (avec l’ongle, une clé, un couteau)
  • les chocs
  • l’exposition au feu (flammes de briquet, cigarettes)
  • l’ajout d’un marquage personnalisé (bombage à la peinture, autocollant, gravure)
  • l’arrachement des pièces

En milieu urbain, péri-urbain, zones de tourisme de masse, tous les risques cités sont élevés.

En milieu rural, les probabilités sont moindres, souvent très faibles. Les autocollants sont assez courants, les risques de rayure, de chocs sont moyens (chocs élevés si des pierres sont à proximité des panneaux). Le vol de panneaux existe, souvent du fait du manque d’acceptation des panneaux par certains habitants ou par des collectionneurs de belles pièces! On y rencontre aussi un risque spécifique: les coups de fusil.

Pour le risque d’arrachement des pièces, il faut choisir une structure-support adaptée avec en particulier des fixations bien encadrées, encastrées ou dans un défoncé.

Contre les personnes qui veulent détruire ou éliminer des panneaux, il n’y a pas de solution technique en termes de solidité; les matériaux les plus résistants ou leur fixation ont toujours un point de vulnérabilité. Des parades sont la concertation locale, la surveillance, le renouvellement facile et rapide des panneaux.

Synthèse des résistances au petit vandalisme

Le Trespa à partir de 6 mm (et probablement les autres stratifiés extérieurs qui n’ont pas été testés) et les métacrylates (Altuglas, Plexiglas et Perspexe), à partir de 8 mm, ont de bonnes performances.

Les polycarbonates (PC) dont la résistance aux chocs est inégalée, ont des performances comparables aux métacrylates (PMMA) à partir de 3 mm; mais ils sont plus chers, moins durs, légèrement teintés et tiennent moins bien au feu. Pour les plaques de protection, la recommandation actuelle est de prendre un métacrylate plutôt qu’un polycarbonate. L’une ou l’autre plaque risque de devoir être changée mais le métacrylate est moins cher.

Classement à la rayure

Ce classement caractérise davantage ce que l’on voit plus que la dureté effective.

Parmi les matériaux courants, les stratifiés sont les plus performants. La surface mélaminée du Combi-white est presque aussi résistante, puis viennent les autres plastiques.

Les rayures se voient beaucoup sur les plastiques transparents et sur les métaux. Les performances, qui peuvent varier pour les plastiques transparents selon les types, restent des duretés moyennes.

La dureté des tôles d’aluminium dépend de l’épaisseur d’alumine utilisée. Les laques ordinaires sur aluminium n’ont pas une performance très remarquable. Il existe des laques très dures qui n’ont pas pu être testées (vinyle bi-fluorées).
Les films contre-collés sont relativement tendres, entre ongle et clé. Ils sont grattables au bord.

Résistance à la rayure :

  • Excellente : pierre, verres, émaux
  • Très bonne : stratifié
  • Bonne (rayure avec un couteau) : Komacel, Altuglas, Plexiglas, Markrolon, Lexan, Combi-white
  • Moyenne (rayure avec une clé) : Forex, laque sur aluminium, aluminium anodisé, Inox
  • Mauvaise (entaille avec une clé) : contre-plaqué marin CTB-X

Classement aux chocs

Le stratifié compact et les plastiques transparents sont nettement les plus performants (les PMMA Altuglas, Plexiglas et Perspexe apparaissent plus performants que les PC Makrolon et le Lexan dès qu’on se situe à plus 8 mm d’épaisseur.)
Les traces sont moindres lorsque les matériaux peuvent encaisser les chocs. Le contre-plaqué type combi-white est peu marqué. Par contre, les tôles d’aluminium et les sandwiches se plient.

Parmi les matériaux courants testés, deux catégories se dégagent :

Très bons (ne cassent pas, peu ou pas de trace à la pointe du marteau) :

  • Stratifié compact à partir de 6 mm d’épaisseur
  • Plexiglas, Altuglas, Perspexe à partir de 8 mm
  • Makrolon, Lexan à partir de 3 mm (un peu de traces)

Moyens ou mauvais (ne cassent pas, mais traces d’impact nettes ou profondes)

  • Tôle et sandwich aluminium
  • PVC (Forex et Komacel)
  • Contre-plaqués
  • Bois

Les arêtes de tous les matériaux sont vulnérables; les chants arrondis le sont moins.

Classement au feu

Tous les matériaux courants pâtissent du feu.

Les PVC (Forex et Komacel) ne s’enflamment pas mais sont carbonisés en profondeur très rapidement.

Les autres plastiques fondent et se durcissent au refroidissement:

  • le Makrolon (le polycarbonate) se liquéfie en surface seulement; mais après refroidissement elle est ridée et difficilement nettoyable.
  • l’Altuglas et le Plexiglas se ramollissent dans la masse. Mais après refroidissement, ils sont encore plats et à peu près nettoyables sauf sur les arêtes. Ils peuvent être repolis.
  • l’âme des sandwiches aluminium fond et la surface de l’aluminium n’ont aucune résistance quand le plastique est fondu…

La laque sur aluminium est brûlée; le métal reste intact.

Le stratifié compact est roussi en surface, légèrement cloqué. Le chant commence à être incandescent comme de la braise.

Le Combi-white commence à carboniser en surface et s’enflamme sur la tranche.

Bombages à la peinture et aux autocollants

Les plastiques et les films vinyles ne sont pas nettoyables après bombage (les solvants les altèrent).

La surface du stratifié compact est nettoyable (grattage + solvant de type acétone), ainsi que les aluminiums anodisés.

Les peintures cuites au four sont nettoyables. Certaines peintures sont anti-tags (ceux-ci n’adhèrent pas dessus).

Il est difficile de nettoyer les autocollants sur les plastiques sans laisser de traces (ne pas utiliser de solvants; éventuellement de l’alcool sur les PVC). Il faut les décoller au pistolet à air chaud le plus vite possible en espérant que la colle soit de mauvaise qualité.

 

 

Structures-supports : la durabilité de l'acier, de l'aluminium et du bois


La protection de l'acier

L'acier inoxydable

L'aluminium

Les peintures sur acier ou aluminium

La durabilité des bois

Le bois et ses labels

Les traitements pour améliorer la durabilité des bois locaux

Le bois et sa protection

La fixation des panneaux

Le bilan énergétique de quelques matériau

 

L’acier et l’aluminium sont fréquemment utilisés pour les structures de panneaux. Tous deux sont très solides; l’aluminium est cependant plus souple que l’acier qui a un grave défaut en extérieur : la corrosion et un second concernant la mise en oeuvre: son poids. L’aluminium présente un éco-bilan mitigé : vorace en énergie à la fabrication mais facilement recyclable. A noter que le cours de l’aluminium s’est envolé ces dernières années. Il devient donc très tentant de le voler…

L’acier laqué (poudres époxy) a une bonne résistance à la corrosion. L’acier corten est de plus en plus utilisé. Sa patine se marie assez bien avec le milieu naturel. Il présente des limitations aux niveaux de l’impression. Il est par exemple impossible d’y contre-coller quoique ce soit.

Sans protection, l’acier ou la fonte soumis aux intempéries rouillent. Protégés par galvanisation et peint, une structure en acier revient souvent aussi cher qu’une structure de résistance égale réalisée en inox ou en aluminium imputrescibles. Le bronze sensiblement plus cher est aussi imputrescible.

Le choix de tel métal dépend des conditions d’utilisation, de choix esthétiques et des possibilités de réalisation qui ne peuvent pas être détaillées ici. Toutefois on veillera toujours à :

- ne pas mettre en contact des métaux de natures différentes qui s’altèrent par effet de pile,

- n’utiliser que de la visserie Inox A2 avec l’acier et éventuellement A4 en milieu marin.

Globalement, une pièce d’acier bien protégée contre la corrosion et peinte coûte le prix d’une même pièce réalisée en aluminium qui, sans protection de surface, est absolument insensible à la corrosion. Si on prend en considération la légèreté de l’aluminium et la commodité de mise en oeuvre, le surcoût d’un aluminium peint n’est pas très grand.

La protection de l’acier

La corrosion peut être évitée par la conception des pièces (éviter les espaces fermés, assurer l’écoulement de l’eau) et la protection de surface.

La galvanisation est la meilleure protection: la pièce d’acier usinée est trempée dans du zinc fondu. Un alliage fer-zinc se produit à la surface de la pièce, une couche de zinc est déposée à l’extérieur de la surface. Les pièces creuses sont protégées intérieur et extérieur. Le dépôt n’est pas très régulier (ce qui peut éventuellement poser un problème esthétique vu de près) mais extrêmement efficace. L’épaisseur de protection s’use très lentement et dure couramment des dizaines d’années.

La galvanisation se pratique couramment dans toutes les régions françaises et des bacs sont assez grands pour immerger des pièces très grandes (dimensions de plusieurs mètres). De nombreux fabricants vendent des tôles ou des profils galvanisés dits "pré-revêtus" (piquets, tubes, cornières…) commodes à utiliser sous du bois.

L’aspect d’une pièce galvanisée (exemple glissière d’autoroute) est brillant au début puis devient terne. Une surface galvanisée est couramment peinte pour améliorer l’aspect, ce qui augmente aussi la protection. Avant peinture, une "conversion chimique" est recommandé pour une bonne accroche de la peinture (ateliers spécialisés).

L’acier inoxydable

C’est un alliage de fer avec 18% de chrome et d’autres éléments (Carbone…) qui confèrent à chaque variété d’inox des propriétés spécifiques selon les utilisations. Son aspect ne bouge pas. Il n’est pas complètement inoxydable: il rouille au contact d’acier doux; l’eau de Javel pure, l’ammoniaque l’altèrent…

L’inox est utilisable pour les supports d’interprétation par assemblage de tôles (pliables), de tubes (à sections en ronds, carrés, rectangles); sa finition est soignée (cordons de soudure fins et nets, bonne planéité des surfaces…).

Très brillant, il peut être rendu satiné par "brossage" (micro-rayures parallèles) ou "brouillage" (micro-rayures par ponçage rotatif). Il se raye assez facilement, ce qui se voit moins avec un traitement " brouillé ".

Il peut être coloré mais dans une gamme de couleurs très limitée, des tons pâles ou des teintes foncées par "brunissage". Il peut être peint (rarement fait à cause de la lourdeur du procédé). Il est usiné par des chaudronniers dans toutes les régions (cuves alimentaires…)

A résistance mécanique égale, il est d’un coût équivalent à une pièce en aluminium.

L’aluminium

L’aluminium est de plus en plus couramment utilisé pour des supports de signalétique. Dans des nuances soudables, il est aussi résistant aux chocs que l’acier. Il est malheureusement assez facile à rayer. Il est usiné dans toutes les régions françaises et est délicat à souder (soudure sous argon; déformations des faibles épaisseurs).

L’aluminium est absolument inaltérable à part une très mince couche superficielle d’alumine qui lui donne un aspect terne. Son aspect de surface peut être amélioré :

• par anodisation,

• ou par peinture.

L’anodisation est un traitement de surface dans un bain électrolytique avec un dépôt chimique. La surface est généralement brillante, mais aussi possible en mat; une très large gamme de choix de couleurs, voire de nuances est possible. Des applications de couleurs multiples sont aussi possibles en brillant ou mat, et même de la quadrichromie. L’anodisation résiste bien aux UV mais s’use progressivement par contact des usagers.

De nombreux profils de tubes anodisé sont commercialisés, notamment par les entreprises de signalétique urbaine ou routière.

La peinture nécessite une préparation de surface :

- le nettoyage des oxydes produits par les soudures,

- une transformation de surface du type conversion chimique pour assurer une bonne accroche de la peinture.

Les peintures sur acier ou aluminium

Une large gamme de peintures cuites au four (100 à 220 °) sont possibles avec des prix allant du simple au décuple et dont le choix est à adapter aux conditions d’utilisation. Les laques plus jolies, avec des variations de couleurs illimitées par mélange sont passées au four pour évaporation du solvant et polymérisation.

Les poudres dont les couleurs doivent être apprêtés par le fabricant de peinture (contrainte forte pour de petites séries) sont fondues et réticulées au four. Les appellations du langage courant: polyuréthane, acrylique… peuvent correspondre à des produits de formulations très diverses, en laques ou poudres, et ne sont en aucun cas des éléments de référence. Il faut faire appel à des applicateurs agréés et leur spécifier les conditions d’utilisation pour préciser durée de vie, dureté… On obtient facilement des garanties décennales du bâtiment; certains procédés sont labellisés comme "Qualicoat".

Les peintures (vinyle bi-fluorés) sont parmi les plus performantes: très stables, très résistantes aux chocs, anti-déposition (comme un téflon). Les bases polyuréthane sont durables, résistantes à la rayure.

La durabilité des bois

Seuls les bois qui résistent aux insectes et à la pourriture en extérieur peuvent être utilisés pour les structures de mobiliers. Une protection de surface est envisageable pour l’aspect seulement si le coeur est bien protégé.

Le Centre Technique du Bois et de l’Aménagement a défini des classes d’usages, en extérieur :

Classe 3 : Alternance d’humidité et de sécheresse aux intempéries.
Emploi : Menuiseries verticales soumises à la pluie; bardages.

Classe 4 : Humidité toujours supérieure à 20% sur tout ou partie du volume.
Emploi : • Bois horizontaux à l’extérieur (balcons…).
             • Bois en contact permanent avec le sol ou une source d’humidification prolongée.

Classe 5 : Contact permanent avec l’eau de mer.
Emploi : Piliers, pontons, bois immergés.

On peut utiliser soit des bois traités (un bois facile à imprégner: couramment le pin, mais aussi le hêtre…), soit des essences dont le bois de coeur est naturellement résistant (il faut nettoyer l’aubier).

Parmi les essences tempérées, seul le robinier (communément appelé acacia) est naturellement en classe 41. Il est peu utilisé en menuiserie parce que c’est un bois nerveux en petites sections. Mais il est bien adapté pour des structures en extérieur, sans risque pour l’environnement.

En classe 3, sont utilisés :

  • le cèdre rouge (Red Cedar) nord-américain
  • le châtaignier
  • le chêne pédonculé ou rouvre
  • le mélèze
  • l’épicéa d’altitude.

Dans ces catégories de classes et convenablement mis en oeuvre (écoulement d’eau et sections suffisantes), les bois peuvent tenir largement plus de dix ans, souvent des dizaines d’années, en tout cas plus que l’espérance de vie d’un panneau!

Le bois et ses labels

Pour pouvoir garantir au consommateur qu’il achète du bois sans se rendre complice de la déforestation, les démarches de certification de la filière bois se sont beaucoup développées ces dernières années. Au niveau mondial et surtout européen, deux labels principaux sont en piste qui soumettent la gestion forestière à des exigences de gestion " durable " : le label FSC et le label PEFC.

Qu’est-ce que la gestion durable d’une forêt ?

L’Union européenne a défini le concept de gestion forestière "durable" lors d’une conférence tenue à Helsinki en 1993 : il s’agit de "la gestion et de l’utilisation des terrains boisés, d’une manière et d’une intensité telles qu’elles maintiennent leur diversité biologique, leur productivité, leur capacité de régénération, leur vitalité et leur capacité à satisfaire, actuellement et pour le futur, les fonctions écologiques, économiques, sociales pertinentes, au niveau local, national et international, et qu’elles ne causent pas préjudice à d’autres écosystèmes."

L’attribution du label FSC se base sur un engagement et une pratique déjà concrétisés par des choix de gestion forestière et par un plan de gestion, alors que le label PEFC est accordé sur base d’un simple engagement.

Les exigences du label FSC vont plus dans le détail et demandent un suivi plus fin de la part du propriétaire forestier. Ce label est marqué par son objectif premier qui est de prévenir la destruction des forêts tropicales mais un cahier des charges spécifique a été fait pour chaque pays.

Dans l’Union européenne, sur 146 millions d’Ha de forêt, environ 50 millions d’Ha sont certifiés PEFC et 23 millions certifiés FSC (mai 2005, source : sites web PEFC.org et FSC.org)

Les obligations requises par la certification PEFC

  • respecter la réglementation applicable en forêt ;
  • se former à la gestion durable des forêts ;
  • maintenir ou restaurer des zones d’intérêt biologique particulier ;
  • implanter des espèces adaptées et variées ;
  • mettre en place des peuplements mélangés ;
  • appliquer une sylviculture dynamique ;
  • laisser des arbres âgés ou morts ;
  • mettre en œuvre des méthodes mécaniques de préparation du sol et favoriser des méthodes de défense biologique de préférence aux traitements chimiques ;
  • préserver les arbres remarquables ;
  • ne procéder aux coupes rases qu’avec discernement et ne jamais dépasser 10 Ha ;
  • assurer l’équilibre forêt-gibier ;
  • accepter le contrôle d’un auditeur ;
  • rédiger un document de gestion.

Les principes de la gestion forestière FSC

  • respecter les lois et traités internationaux en vigueur ;
  • droits de propriété clairement définis ;
  • reconnaître et respecter les droits légaux et coutumiers de populations autochtones ;
  • préserver le bien être des populations locales ;
  • utilisation rationnelle des produits et services forestiers ;
  • conservation de la diversité biologique et des ressources en eau et des éco-systèmes fragiles ;
  • réaliser un plan d’aménagement ;
  • procéder à un suivi et évaluation des incidences des activités ;
  • maintenir les forêts primaires ;
  • les plantations complètent mais ne remplacent pas les forêts naturelles.

Les traitements pour améliorer la durabilité des bois locaux

Un traitement de préservation sert à améliorer la résistance du bois aux champignons et aux insectes. Il est appliqué aux bois devant être installés en extérieur, ceci afin d’augmenter leur durée de vie. Pour prémunir le bois non durable contre les champignons lignivores, il faut appliquer un traitement fongicide en profondeur dans les parties exposées, alors que pour le protéger des insectes, un traitement insecticide en surface suffit. Il faut faire très attention au choix des bois traités : la plupart contiennent des produits très nocifs pour l’environnement, notamment des métaux.

Les substituts au sel de cuivre

Depuis juin 2004, la législation impose que le traitement du bois avec des sels de type CCA soit remplacé par d’autres traitements moins nocifs pour l’environnement. Parmi ces substituts, citons le Thanalith E ou le Wolmanit CX  Les bois traités, souvent du pin, sont d’un vert uniforme.

Le bois rétifié : une alternative écologique aux bois tropicaux (Stellac, Thermowood)

La rétification est une technique récente qui consiste à chauffer progressivement le bois, sous atmosphère inerte (azote), jusqu’à une température seuil à partir de laquelle se produit un réarrangement des molécules.

Le résultat est spectaculaire : on obtient un bois plus résistant et plus stable.

Comparativement à d’autres procédés, la rétification a un impact écologique réduit : il n’utilise ni ne produit aucun élément toxique nocif pour l’homme ou l’environnement contrairement à des traitements à base de cuivre, chrome et arsenic (plus connus sous le nom de traitements à cœur).

De plus, le bois rétifié est obtenu à partir de bois locaux (hêtre, frêne, peuplier, épicea, pin maritime) et permet donc d’une part, de réduire la pollution liée aux transports longue distance et d’autre part de favoriser un développement local.

Le bois et sa protection

Dès qu’il est abattu, le bois perd ses protections naturelles (écorce, sève). Coupé, scié, fendu, percé, il est directement soumis aux agressions extérieures. En plus, un bois séché, même dans de bonnes conditions, reste "vivant" : il gonfle et se contracte suivant les variations d’humidité. Ces mouvements produisent des fentes ou font jouer les assemblages. De l’eau peut pénétrer qui, si elle se fait piéger, favorise le développement de micro-organismes, de champignons ou d’insectes. La pire situation est évidemment dans le sol.

Pour une protection durable du bois, les professionnels distinguent nettement deux aspects :

  • la masse du bois dont le pire ennemi est l’eau qui risque de le faire pourrir.
  • la surface dont l’érosion est extrêmement faible mais qui est décolorée par les ultraviolets et les intempéries.

Pour lutter contre la dégradation des pièces de bois, plusieurs stratégies sont possibles que chaque bon professionnel combine selon les techniques qui lui sont propres :

  • en tout premier lieu, choisir des sciages de qualité menuiserie (classe OB ou 1), aux veines régulières en évitant la partie centrale de l’arbre, dite "coeur" dont le bois est trop nerveux. Utiliser assez de matière pour les parties qui seront percées ou réduites pour assemblage de structure. Le terme de "bois de coeur" mérite toujours d’être éclaircie avec un fournisseur de sciages: sa résistance physique est supérieure à celle de l’aubier (cernes de bois récent sous l’écorce). Mais la partie centrale de l’arbre, qui a accumulée des tensions au cours de la croissance de l’arbre, risque de travailler beaucoup plus que celle située immédiatement autour. Il faut donc éviter le coeur du coeur pour des planches (jusqu’à quelques cm d’épaisseur) et rechercher les sciages qui en sont exempts. Tout professionnel sait cela. Pour de grosses sections pour poteaux (au-dessus de 10 cm x 10 cm environ), le risque de déformation est atténué, celui des fissures demeure.
  • éviter les pénétrations d’eau par dessus: découpe en biais pour faciliter le ruissellement, lasures hydro-régulatrices, chapeaux en zinguerie, un panonceau couvrant un petit poteau, sur-épaisseurs de revêtement de surface pour résister à l’usure des intempéries sur des parties très exposées (au pied de poteaux à coté de projection d’eau…)
  • éviter les pénétrations d’eau dans les assemblages (tenons/mortaises, perçages/vissage) et toujours donner à l’eau la possibilité de ressortir rapidement (à l’air libre ou sur des graviers drainant sous des poteaux enterrés, même traités). Tenir compte, autant que possible dès la conception, des expositions aux intempéries dans l’orientation de ces parties sensibles.
  • éviter les risques de fissures par tension des pièces de bois lorsque de grandes surfaces ou de grosses sections travaillent avec des variations d’humidité. Le bois travaille peu dans le sens de la longueur des fibres mais beaucoup perpendiculairement (couramment plusieurs centimètres par mètre).

De nombreuses astuces de montage, quelques fois brevetées par les fabricants, permettent à des planches disposées parallèlement les unes aux autres de se mouvoir sans tensions: fixations d’un panneau par fixation d’une seule planche à laquelle les autres sont collées; tenues des planches par les glissières métalliques dissimulées dans les poteaux ou par des barres qui passent à travers les planches elles-mêmes; suspension de panneaux par des chaînes…

Une autre approche est de limiter les déformations en maintenant fermement les pièces de bois qui pourraient bouger. Des panneaux de faibles variations dimensionnelles peuvent être réalisés par collage ou vissage de planches croisées perpendiculairement dont le bois peut se comprimer sans se déformer. Des montages "moisés" — planches prises en pincement à chaque extrémité entre deux poteaux — limitent aussi les déformations. Le lamellé-collé peut aussi être une réponse.

Pour éviter la fissure des poteaux, certains fabricants évident le coeur du bois, d’autres fabriquent des poteaux creux par collage de quatre planches pour constituer une section carrée. Pour les bois enterrés ou très exposés à l’humidité au-dessus du sol, la grosseur des sections utilisées est le premier facteur à prendre en compte: un poteau en "coeur de chêne" dure sans traitement plus que l’espérance de vie d’un panneau habituel (10 ans).

Actuellement, les traitements par imprégnation de produits chimiques permettent d’atteindre la classe 4 pour des pièces enterrées. Les meilleurs traitements, très courants dans toute la France, se font dans des autoclaves, genre de grosses cocottes minute. Les bois déjà secs sont d’abord soumis à une dépression pour extraire des reliquats d’humidité puis mis sous pression (5 bars) avec les produits de traitement mélangés à de l’eau. Les bois sont sortis et mis à sécher. Les produits pénètrent environ à 1 cm de profondeur autour du bois et dans les fissures, et de quelques centimètres aux extrémités.

L’efficacité du traitement est directement lié au respect de règles élémentaires rappelées par tout bon professionnel :

  • le bois doit être bien sec avant le traitement (deux mois de séchoir pour un poteau de 10 cm x 10 cm) pour que le produit puisse bien pénétrer et notamment dans les fissures pour assurer la pénétration et diffusion du produit dans le bois autour de celles-ci .
  • le traitement se fait par imprégnation: il est recommandé sur des essences de bois qui absorbent bien les produits chimiques; en pratique pour de la signalisation extérieure, le pin de menuiserie courante bien qu’il n’ait qu’une faible résistance naturelle, a une excellente tenue une fois traité. Paradoxalement, des pièces de bois naturellement de classe 3 qui absorbent peu le produit (par exemple le chêne, naturellement imbibé de tanins) ne gagneront pas beaucoup de résistance avec un traitement.

La qualité du traitement dépend autant des conditions de traitement que du produit utilisé:

  • le bois doit être bien séché après traitement pour assurer une bonne fixation des produits et notamment éviter une dispersion dans l’environnement (quelques semaines).
  • tout sciage, rabotage, perçage, après traitement, sur des pièces de grosse épaisseur diminue la résistance à l’humidité puisque le bois n’est pas nécessairement traité à coeur. Il est donc recommandé de réaliser tous les perçages et découpes pour assemblages avant traitement. Bien que les délais d’étuvage, hors séchage, puissent être rapides, cela nécessite une certaine organisation...

Des stations de traitement sont certifiées "CTB Bois Plus" par le Centre Technique du Bois qui offrent les garanties de qualité de traitement.

La fixation des panneaux

Les panneaux peuvent être fixés par des moyens traditionnels de menuiserie, avec une visserie qui ne rouille pas: visserie galvanisée, acier inoxydable (les métaux sont insuffisamment protégés par électrozingage). Certains fabricants ont mis au point des systèmes de fixation permettant un montage et démontage aisé de modules (modulation d’informations évolutives ou saisonnières, entretien en atelier).

Pour correspondre à une longue durée de vie, toute la visserie des panneaux doit être en Inox A2, éventuellement en Inox A4 en milieu marin. Le bois est acide et détériore l’acier.

Le bilan énergétique de quelques matériaux

Bilan énergétique de l’oléothermie et de la rétification

L’utilisation de bois local est économe en énergie et permet donc de lutter contre le changement climatique. En effet, pourquoi faire venir un bois de l’autre coté de la planète alors que les forêts françaises sont en pleines expansion ? Néanmoins pour certains usages notamment extérieurs, les bois locaux ont besoin d’être traités.

D’après des études de l’ADEME, on peut essayer d’évaluer la quantité d’énergie consommée pour produire 1 kg de bois rétifié ou oléotraité.

Énergie consommée (MJ/kg)

Bois scié et séché 1,5 MJ/kg (indice de référence)

  • Bois thermo-huilé scié et séché 1,9 MJ/kg )*1.3)
  • Bois rétifié scié et séché entre 3,3 et 3,8 MJ/kg selon l’essence(environ* 2.3)

Pour comparaison, le bilan énergétique d’autres matériaux à base de bois est le suivant :

  • Panneau de particules 4 Mj/kg
  • Panneau de contreplaqués 7 MJ/kg
  • Pour comparaison, celui d’autres matériaux non renouvelables est le suivant :
  • PVC extrudé : 41 Mj/kg
  • Aluminium français moyen : 74 MJ/kg

La conclusion de l’étude de l’ADEME "Caractérisation environnementale du procédé de rétification" est donc la suivante : "La consommation d’énergie du procédé de rétification n’est donc pas un procédé très "énergétivores", il se positionne entre du bois massif et des matériaux en bois reconstitués."