Les marchandises


CONSEILS PRATIQUES

Les objets proposés sont destinés à éduquer l'acheteur et à encourager une visite plus enrichissante du parc ou à préparer une nouvelle visite. Pour que votre boutique tourne convenablement, il faut encore associer ces qualités éducatives à un minimum d'esprit pratique. D'où les conseils qui suivent.

Pensez à vos produits en termes généraux, idéalement, depuis le moment où vous les réceptionnez jusqu'à celui ou ils quittent votre boutique vos produits devraient tous :

  • être rangés sans difficulté
  • se conserver, ne pas se détériorer et ne pas se démoder
  • ne jamais se casser
  • permettre de réaliser une marge substancielle
  • être faciles à exposer
  • s'emballer facilement
  • se vendre souvent et bien
  • aider à la promotion du parc
  • être accompagnés d'une notice éducative
  • être adaptés aux missions éducatives du parc
  • s'écouler rapidement

Chaque objet doit être évalué du point de vue

QUALITE :c'est toujours l'essentiel
RANGEMENT :y-a-t-il de la place pour ce produit sur les étagères ou dans la réserve ?
PRECAUTIONS :est-il pointu, tranchant ou blessant ? contient-il du poison ? ne contient-il pas de plomb? est il assez petit pour pouvoir être avalé ?
CONFORMITE :s'arrange-t-il convenablement avec les autres produits exposés et avec l'idée générale de la surface de vente ?
PROVENANCE :le pays d'origine apparaît-il sur l'objet au détriment du message éducatif qu'il est censé vectoriser ? Attention, on ne peut pas impunément effacer les marques d'origines d'un produit manufacturé.


LES PRODUITS

LES PRODUITS REGIONAUX

Rappelons que dans les années 80 certains parcs régionaux ont beaucoup investi sur la promotion des produits agricoles et des produits artisanaux. L'augmentation de la popularité de ces produits et les résultats financiers de ces actions n'ont pas toujours été au rendez-vous.
Les consultants interrogés sur ces opérations affiRMent pourtant que "e principe d'une Maison des produits régionaux est excellent".

Les produits régionaux sont quelquefois si importants qu'on les dirait incontournables, reste à décider s'il s'agit de les présenter, de les évoquer ou de les vendre.

Dans la Brenne, les filets de carpe, le Pouligny (fromage de chèvre), comme la foire de Rosnay, renseignent sur les hommes qui modèlent et qui travaillent le paysage. On conçoit sans peine que des produits qui en découlent, tout comme les tortues et les oiseaux, trouvent leur écho dans la trame interprétative du parc régional. Reste à rendre cette connexion vivante et palpable grâceà un dispositif de présentation, par des notices d'accompagnement co-signées par les producteurs et par le parc ou une association représentative. D'autres techniques sont à considérer: la réalisation d'un sur-emballage interprétatif, par exemple, qui unifierait la présentation d'une gamme de produits régionaux, ne doit pas être écartée.

LES CARTES POSTALES

Dans un esprit interprétatif, le parc régional du Morvan a développé des cartes postales très originales qui comportent un rabat explicatif. De son côté le parc régional des Volcans d'Auvergne a édité des cartes illustrées expliquant par des schémas le mécanisme des volcans. Il existe donc des précédents positifs.

À une autre échelle, notons que chaque année la Réunion des Musées Nationaux édite environ 45 Tonnes de cartes postales.

Soit un total de 9 millions de cartes au prix moyen de 4 Francs.

La vente des cartes postales est "la vache à lait" de la Réunion des Musées Nationaux : prix de revient unitaire 65 centimes, prix de vente entre 3 F et 5 F, volume des ventes annuelles 40 Tonnes.

COMMENT SELECTIONNER UN ASSORTIMENT

Pendant longtemps les commerçants se sont fiés surtout à leur flair et ont souvent très bien réussi de cette manière. Pour autant l'intuition qui n'est pas à délaisser ne suffit plus et certains facteurs que nous développerons ci-après sont à prendre en considération.

  • Connaître sa clientèle
  • Connaître ses concurrents
  • Connaître la rentabilité de ses produits
  • Connaître ses fournisseurs

CONNAÎTRE LA RENTABILITE DE SES PRODUITS

L'idéal serait de n'avoir que des produits dont le taux de rotation est très élevé. Le taux de rotation est le nombre de fois que ce renouvelle le stock pendant une période donnée. Or pour répondre aux besoins très variés des consommateurs vous êtes obligé de travailler aussi avec des marchandises à faible rotation, de ce fait si vous voulez assurer la rentabilité générale de votre entreprise il vous faut pratiquer des marges différentes suivant les taux de rotation, et arriver à un dosage pertinent dans votre gamme d'articles entre ceux dont les cadences de vente sont élevées et ceux dont les cadences sont moindres.

DETERMINER UN PLAN D'ASSORTIMENT

Phase préalable

- définissez une image de marque de la boutique (haut, moyen, bas de gamme, style, mode, etc.)

- réalisez une liste détaillée des articles de bases en fonction de l'image de marque et des clients que vous désirez toucher

- modifiez cette liste pour combler les lacunes, supprimer les produits qui font double emplois (les articles ne doivent pas se gêner)

- établissez une gamme de prix. Les prix ne doivent pas être trop rapprochés de manière à limiter l'indécision du client. Une gamme de prix est bonne lorsqu'elle a pour plancher le niveau à partir duquel la clientèle estime faire un achat avantageux et pour plafond la somme la plus élevée qu'elle puisse consacrer à un article

- déterminez les quantités à commander suivant les sommes dont vous disposez.

Phase d'expérimentation

En cours d'exploitation vous pouvez tester votre assortiment de départ. Pour cela il faut maîtriser la rotation des références. Vous devez savoir pourquoi par exemple certains articles se vendent mal ou ne se vendent pas. Est-ce le prix, le style, la présentation, l'emballage, la place dans la boutique, la qualité, qui ne conviennent pas aux consommateurs ?

Suivant les réponses que vous apporterez à ces questions il faudra peut-être supprimer certaines références et affiner la structure de votre assortiment.

Phase d'évolution

L'assortiment évoluera en fonction de deux facteurs : la mode et le progrès technique. Ceci peut ne pas paraître évident. En quoi êtes-vous concernés par ce que nous nommons le progrès technique ? Il y a dix ans dans les boutiques nature on ne vendait pas de cassettes audio, il y a cinq ans le nombre des cassettes vidéo était négligeable, les posters donnant une vision satellitaire de votre parc sont eux aussi récents et marqués par le progrès de la technique. Votre parc sera jugé en fonction de l'assortiment que vous proposerez aux yeux des visiteurs et du dynamisme qu'il reflètera. Vérifiez donc régulièrement l'actualisation scientifique et technique de votre inventaire et de vos modes de présentation.

Ne pariez pas sur le fait que la mode ne vous concerne pas. Observez vos visiteurs et comprenez leurs achats, l'expérience montre que les commerçants vigilants sont vifs à saisir un courant, un engouement et aussi à satisfaire à la demande. Songez-y, quoique toujours risqué, le sens de l'actualité est sur le plan éducatif un formidable ressort.

Certaines évolutions de l'assortiment ont un caractère répétitif puisque dans les parcs il faut tenir compte de la saison.
Enfin l'assortiment pourra être modifié si la fréquentation se modifie ou si apparaissent de nouveaux concurrents c'est-à-dire si le marché se modifie.

L'achat


DIFFERENTES MANIERES DE SE PROCURER LES MARCHANDISES

Les articles que vous présentez dans votre boutique peuvent avoir plusieurs origines. Parfois vous les avez achetés à un fabricant ou à un grossiste. Dans d'autres cas vous les avez développés vous-même, ce sont un peu vos objets à vous. Rien ne vous empêche aussi, c'est une autre solution, d'avoir développé certains produits en vous associant avec d'autres boutiques de manière à diminuer les coûts de fabrication. Enfin certains produits peuvent vous être confiés "en dépôt" vous ne les payez pas au fabricant et vous prendrez une commission sur leur vente.

Comment choisir les produits ? Comment rencontrer les fournisseurs ? Comment vous approvisionner ?

Les éditeurs de livres et les fabricants

Commencez par vous documenter sur les productions des éditeurs qui sont situés premièrement à proximité du parc, puis dans la région, enfin à l'échelon national. Utilisez le téléphone, le minitel, et dressez dans le même ordre l'inventaire des ressources : locales, régionales, nationales. Moissonnez tout ce que vous trouvez comme catalogues et tarifs, rejetez immédiatement ce qui ne vous concerne pas, et notez soigneusement le nom de vos interlocuteurs, leur numéro de téléphone direct et vos observations. Ne vous engagez pas immédiatement sur des achats. Rappelez-vous que vous devez vous montrer très exigeants si vous voulez arriver à ce que tous vos produits correspondent étroitement aux objectifs d'éducation, de communication et d'interprétation de votre parc.

Les artisans et les producteurs locaux

Visitez les foires artisanales et les manifestations locales qui réunissent les artisans et les producteurs. Ceux-ci pourraient approvisionner votre boutique dans la mesure où leurs productions s'intégreraient à l'ensemble de votre assortiment et serviraient vos objectifs d'interprétation. Débutez par un repérage et par une évaluation précise.

Les salons

En France, les salons qui retiendront votre attention sont centrés sur le domaine du cadeau.
Les principaux sont : Bijorhca, Ateliers d'Art, Moving, Maison des internationaux, Parallèle, etc ...

Les salons sont tous représentatifs des dernières tendances et ils présentent un large choix correspondant à tous les goûts et à toutes les clientèles possibles.


Rappel : lorsque vous choisissez des produits n'oubliez pas qu'ils doivent correspondre à vos objectifs de communication et satisfaire au goût de votre clientèle.

LA VENTE EN DEPÔT

Certains considèrent la vente en dépôt comme la réponse parfaite à la question de l'approvisionnement des boutiques de parcs, et les américains l'appellent parfois the fool's gold, "l'or des fous" des détaillants. Quelle est la vérité en ce qui concerne la vente en dépôt ? La réponse la plus sérieuse est : "ça dépend" !

L'avantage principal est évident : le parc ne s'engage dans aucun investissemenL C'est d'ailleurs l'avantage majeur et sa portée doit être mesurée par opposition aux inconvénients. La plupart du temps la vente en dépôt conduit de fil en aiguille à donner à vos fournisseurs un trop grand contrôle sur votre boutique. Les fournisseurs tendent à vous diriger. L'influence des plus gros d'entre eux peut conduire à des désaccords à propos de la présentation des produits ou de votre manière de conduire la boutique. La vente en dépôt débouche aussi quelquefois sur des complications du point de vue des inventaires et de la comptabilité.

Si vous faites du dépôt, établissez des règles du jeu précises avec les artisans qui vous confient leurs produits. Engagez-vous à l'essai pour une période déterminée de six ou douze mois...

Protéger votre parc et sa boutique


Il n'est pas très agréable de se débattre avec les problèmes de vol et pour en limiter le risque nous vous conseillons d'adopter une politique prévoyante et dissuasive.

Dans beaucoup de boutiques le problème peut sembler marginal cependant, au cours de l'étude, nous avons récolté plusieurs témoignages non sollicités qui nous montrent qu'il est nécessaire d'être avertis et préparés.

AMENAGEMENT DISSUASIF

Il est plus difficile de "chaparder" dans des boutiques qui ont été conçues en fonction des risques. Du point de vue de l'aménagement et de l'architecture intérieure, chaque partie de la boutique devrait être visible depuis la caisse enregistreuse.

Ce principe est mis en application dans les parcs nationaux américains comme en témoigne le projet de centre d'accueil du Marin Headlands : "Les étagères de livres couvrant les murs est et sud du centre d'information seront de 210 cm de haut, alors que les autres étagères ne dépasseront pas 140 cm de haut (assez basses pour que quelqu'un placé au comptoir de vente et d'information puisse voir au dessus d'elles)."

L'utilisation d'un miroir parabolique comme l'on en voit dans les épiceries est un bon mode de dissuasion assez fréquemment utilisé.

DEVELOPPER UNE ATTITUDE PREVENTIVE

Ce qui peut être conseillé à tous les responsables de boutiques c'est d'abord de faire en sorte que tous les employés de la boutique et tous ceux qui y travaillent soient également avertis des risques de vol. Chacun peut jouer un rôle dans la prévention. Les vendeurs doivent accueillir chaque personne qui pénètre dans l'espace boutique avec un mot d'accueil chaleureux et un véritable contact visuel. Les vendeurs devraient éviter de tourner leur dos aux clients et se tenir alertés à chaque fois que des personnes peu fiables pénètrent dans la boutique.

Dans les grandes règles on surveillera particulièrement :

  • les groupes d'adolescents qui ne sont pas accompagnés par un adulte ou un enseignant
  • les gens qui portent des vêtements ou des manteaux flottants ou très volumineux, surtout si le temps ne s'y prête pas.
  • les gens qui portent de grands sacs, des sacs plastique, des sacs à dos, ou des journaux roulés.

Cependant contrairement à l'opinion générale l'apparence n'est pas le meilleur indice pour reconnaître un voleur à l'étalage. L'un des témoignages que nous avons recueillis est une mise en garde contre les groupes du troisième âge qui envahissent la boutique avant de refluer précipitamment vers un autocar.

" ... avec les enfants ça va plutôt bien, c'est souvent avec le troisième âge que nous avons des problèmes, je me souviens d'une grand-mère prise la main dans le sac avec une brochure qu'elle venait de nous dérober. La brochure était en hollandais, une langue qu'elle ne comprenait pas, "j'ai dû la prendre machinalement" nous dit-elle ... "

Soyez prévenus sans être tendus ou fermés. Toute personne qui arrive trop près de la porte en tenant des produits qui n'ont pas été réglés doit être approchée par un vendeur qui lui demande "Est-ce que je peux encaisser cela pour vous maintenant ? "

Les boutiques du Smithsonian Museum à Washington ont édité il y a quelques années un mémorandum à l'usage de leurs employés donnant la liste des vols les plus communs. En voici une traduction :

  1. Subtilisation : L'objet dérobé est placé dans la paume retournée de la main
  2. Escamotage : Trois ou quatre objets sont comparés simultanément, le coupable de l'escamotage attrape ces objets en se glissant entre d'autres clients, certains objets sont remis en place tandis que d'autres disparaissent. Très efficace avec des bijoux.
  3. Echange des étiquettes : Pour payer moins cher, les tricheurs changeront les emballages ou les étiquettes. Les vendeurs expérimentés qui connaissent la marchandise repèrent cela facilement.
  4. Dissimulation : La marchandise est cachée sous un manteau, dans une poche, dans une manche, dans un sac, dans des sacs en plastique, dans des sacs de couches, des porte-bébé, des porte-documents ou cachée dans des voitures d'enfant ou des fauteuils roulants.
  5. Camouflage : Une veste, des gants, un journal ou un objet quelconque ont été posés par dessus la marchandise, l'escamoteur reprend à la fois la veste el la marchandise ainsi dérobée.
  6. Vol à l'étalage : Le voleur pénètre dans la boutique, agrippe un article près de la porte et sort rapidement. Vous voyez tout. mais que pouvez-vous faire ? Ne courez pas après le voleur,  essayez de noter tout ce que vous pouvez à propos de son signalement : habits, âge, description physique, et de quel côté il s'est enfui. Appelez la sécurité du musée ou la police et laissez-les s'en occuper.

Il ne faudrait pas exagérer l'importance des questions de protection contre les indélicatesses dans la vie quotidienne d'une boutique de parc. En tout cas les études montrent que la meilleure défense contre le vol consiste dans l'adoption d'un meilleur comportement commercial : service rapide et courtois, reconnaissance souriante de chaque client, et beaucoup de vigilance.

Identité visuelle et positionnement de la boutique et des produits


Ouvrir une salle d'exposition et une boutique améliore l'image du parc, le dote d'une vitrine, permet de faire des relations publiques.
La boutique est un véritable "outil" si elle permet au gestionnaire de mieux faire son métier. Or ce devrait être le cas, si l'on songe que le métier de la boutique est de vendre des produits de sensibilisation à l'environnement naturel qui pour bon nombre d'entre eux sont choisis et achetés pour leur aspect éducatif et esthétique.

Pour l'architecte d'intérieur, leur niveau de qualité est souvent inégal "Il y a beaucoup de contraste entre des centres d'accueil, des salles d'exposition, des boutiques très bien tenues et bien pensées et celles peu soignées, peu valorisantes. Lorsqu'on visite bon nombre de boutiques, la surface de vente est correctement entretenue mais elle manque de vie."

La salle d'expo est elle un outil de vente pour accroître le chiffre d'affaire et les marges de la boutique, ou principalement un moyen de présenter les produits du marché local, et de rendre un service aux visiteurs ?

L'ECLAIRAGE

L'éclairage est un poste d'investissement particulièrement lourd et une clef de réussite pour votre boutique. "La première chose est de se poser la question à qui vais-je vendre ?" souligne le responsable d'une agence d'intérieure spécialisé dans l'aménagement des commerces.

On peut imaginer divers volumes, utilisant un langage de la lumière différent selon les niveaux de gamme : d'un côté un espace ''bas et moyen de gamme" où la vente est axée sur une forte rotation des stocks. Il faut choisir dans ce cas un éclairage honnête et informatif avec un bon rendu des couleurs, franc mais pas éblouissant. A côté de cela une surface destinée à une clientèle haut de gamme donne accès à un monde fermé feutré où l'on présente tel ou tel objet prestigieux. On offre du rêve, du plaisir, on suggère un achat d'influence social, une marque d'identification et de distinction. Dans ce cas, on met en oeuvre un éclairage de mise en scène, des lampes basse tension, des effets rasants ? Enfin, à proximité peut-être installé un espace éducateurs où l'on retrouvera un éclairage de type informatif.

LA FACADE

- La façade affirme la présence de la boutique dans le parc

- La façade relie l'espace intérieur et l'espace extérieur

- La façade doit enfin exprimer l'image de marque de la boutique de parc

L'ENSEIGNE

L'enseigne est un élément capital qui doit à lui seul exprimer graphiquement et volumétriquement la personnalité de la boutique. Elle a en outre un rôle informatif permettant à la clientèle d'identifier et de localiser la boutique.

VITRINE

Il faut tirer partie des différents aménagements du parc et penser à la possibilité d'aménager des vitrines dans les lieux d'hébergement. On prendra de simples précautions habituelles lorsqu'une vitrine est laissée sans surveillance : les produits exposés sont des fac-similés sans valeur, par exemple des emballages vides, ceci est signalé discrètement dans les fiches de présentation des produits, la qualité de l'étalagisme est prépondérante et doit-être soignée, il faut assurer la maintenance et vérifier que les vitrines ne se détériorent pas et qu'elles atteignent leurs objectifs de communication.

L'AMBIANCE

"L'utilisation appropriée de la couleur de la lumière (naturelle et artificielle) et des matériaux doivent toutes contribuer de la part de l'acheteur au sentiment de confort. de sécurité, et de plaisir. Nous devons être conscients que nous ne devons pas seulement concevoir des lieux dans lesquels les gens sont obligés de se trouver mais des lieux dans lesquels ils aiment se trouver." James P. LEE Vice president development Melvin Simon & Associates

IDENTITE VISUELLE ET POSITIONNEMENT

Pour donner toute satisfaction une boutique de parc sera soumise à une grande exigence d'innovation et de qualité. Il est conseillé de travailler avec un professionnel, par exemple un décorateur ou un architecte à qui vous devrez fournir lors de la première rencontre un cahier des charges comprenant les besoins techniques et matériels de la boutique mais également votre perception de l'image qu'elle doit avoir, de l'ambiance et des matériaux. Il est souvent conseillé d'indiquer également une fourchette de prix alloué à l'aménagement pour aider le décorateur à travailler plus facilement.
Lors de la seconde visite vous pourrez vérifier avec le décorateur ou l'architecte que tous les points ont été pris en considération. Leur addition définira l'image de la boutique.

Ouelques questions qu'il faut se poser en préparant les plans ?

Quels seront les différents types de produits ?

Quel pourcentage de la présentation totale sera alloué à chaque type de produit ?

Quelles présentations spéciales seront nécessaires ?

Quel genre d'équipement est indispensable (par exemple un congélateur, une chaîne hifi) ?

Disposerez vous d'un coin emballage ou papier cadeaux ?

Disposerez vous d'un coin réparation, d'un atelier, d'un laboratoire ?

Quelles seront les tailles les types et les quantités de produits en réserve ?

L'UTILE ET L'AGREABLE

Il faut joindre le service (l'utile. ce qui est fonctionnel) à ce qui est source d'agrément (le plaisir esthétique). Les espaces boutiques nature et découverte présentent des fontaines. Ce sont des objets minéraux ou en métal ou en poterie qui sont volumineux et souvent chers, mais comme ils sont en exposition ils contribuent grandement à l'ambiance de la boutique par la qualité sonore toujours agréable d'un filet d'eau qui chante. Les clientèles des boutiques spécialisées nature attendent une grande qualité d'accueil et une sollicitation multisensorielle.

C'est ce que l'on retrouve chez Nature's company aux Etats Unis ou Nature et découverte en France : une sérénité. et dans un certain sens, un confort lorsqu'il s'agit des espaces d'observation ou de lecture.

Interprétation verbal, interprétation écrite

 

Les produits qui se rapportent à la thématique du parc ne sont pas automatiquement éducatifs. Curieusement beaucoup de boutiques semblent avoir négligé cet aspect. Cette attitude est inattendue de la part de gestionnaires pourtant convaincus du fait que les écosystèmes et les paysages ne parlent pas d'eux-mêmes, et qui ont mis en oeuvre beaucoup de moyens pour sensibiliser et pour éduquer le public, notamment au travers des techniques d'interprétation.

La boutique n'est pas différente du reste du parc, et là aussi, sans interprétation, les produits harmonisés à la thématique du parc ne peuvent pas contribuer aux missions d'éducation du parc. Alors que certains produits, comme les livres, sont intrinsèquement éducatifs, les autres, pour la plupart, ont besoin d'une certaine forme d'interprétation pour opérer sur le plan de l'éducation. La première étape pour aller dans ce sens est la compilation d'informations sur chaque produit pour favoriser l'auto-formation du personnel. L'information sur les produits est un bref résumé des faits significatifs qui peuvent être utilisés dans l'interprétation du produit. Pour chaque article certaines questions s'appliquent :

  • Quelle est le nom de ce produit ?
  • Comment est-il fabriqué ?
  • Qui est le fabricant du produit ?
  • Quelles sont les fonctions et les qualités de ce produit ?
  • Quelle est la signification culturelle, artistique, historique ou écologique du produit ?
  • Conseils à donner au consommateur sur l'entretien du produit ?

Lorsqu'il s'agit d'une reconstitution, par exemple d'un objet recopié dans un but éducatif, les informations seront centrées sur l'objet original et pourront inclure des renseignements sur les matériaux et les techniques utilisés pour créer cet objet.

INTERPRETATION VERBALE

Par quels premiers mots sommes nous accueillis le plus souvent dans une boutique ?

"Bonjour !, est-ce-que je peux vous aider ?" Et quelle est notre réponse empressée, même lorsque nous avons besoin d'assistance ? "Non merci, je ne fais que regarder." Le visiteur manifeste par ces mots un comportement-refuge que le personnel d'accueil va devoir dépasser; il s'agit d'une part de rassurer les visiteurs par une attitude ouverte et détendue, et d'autre part de solliciter activement leur curiosité.

A partir de ce modèle et pour répondre à cette situation, comment mettez-vous en pratique l'interprétation des produits dans votre boutique de parc ? Ce qui rend cette question difficile, c'est l'attitude souvent passive à laquelle sont habitués beaucoup de vendeurs et de vendeuses. Ils utilisent le comptoir comme bouclier et attendent d'être abordés par les visiteurs avant de prononcer le moindre mot.

Inculquer des comportements constructifs est difficile et ne peut pas être réalisé en une séance de formation isolée. La formation comme les incitations doivent être continues.

Les "vendeurs-interprètes" ne peuvent pas attendre que les visiteurs leurs posent une question. Ils doivent prendre l'initiative d'ouvrir la conversation. Il y a beaucoup de manière de procéder, les exemples qui suivent vous serviront de pistes de travail.

Le vendeur-interprète (lui ou elle) peut faire allusion à quelque chose que le visiteur peut avoir vu en venant, dans le parc lui-même ou dans le lieu d'exposition : "Saviez-vous que les photographies contenues dans ce livre ont été prises dans les rochers qui se trouvent à trois cents mètres d'ici ?"
Faire état d'un métier disparu peut éveiller l'intérêt des visiteurs : "Le vannier nous a dit qu'il faut plus de quatre heures pour tresser ce style de paniers, mais que ce n'est pas aussi difficile que certaines personnes peuvent le penser. Avez-vous déjà essayé de faire des paniers ? Vous trouverez un bon livre sur la manière de vous y prendre sur la deuxième étagère à gauche". Au client qui achète un objet en fer forgé : "Avez-vous visité la forge ou vu travailler le forgeron à l'extérieur du centre d'accueil ? Ils vont ferrer des chevaux ce matin, c'est fascinant à voir."

Lorsqu'il y a beaucoup de monde, l'interprétation peut se résumer à quelques mots échangés pendant que le produit est enveloppé ou mis dans un sac. Ce n'est pas difficile, mais c'est une bonne habitude à prendre.

INTERPRETATION ECRITE

Une autre forme d'interprétation, qui est aussi essentielle et efficace que l'approche verbale, est l'interprétation écrite. Une forme ou une autre d'interprétation écrite devrait accompagner à peu près chaque catégorie d'articles vendus dans une boutique de parc. C'est ambitieux mais ce n'est pas infaisable.

Idéalement, le message écrit renforce sur le plan visuelle message verbal que l'acheteur aura entendu dans la boutique. Comme vous le diront les enseignants, ce renforcement de signification dans des formes perceptives différentes se traduit par une meilleure mémorisation. Par ailleurs l'information écrite attire l'attention des visiteurs sur le contenu éducatif, à chaque fois que le personnel est trop occupé, ou lorsque les visiteurs sont trop pressés pour écouter. Si l'article est un cadeau, l'information écrite qui l'accompagne fera passer la bonne parole auprès de nouvelles personnes qui ne connaissent peut-être pas encore le parc.

La conception architecturale


La définition de la boutique comme projet de construction séparée ne se pose que très rarement. Le plus souvent le projet architectural s'inscrit dans des locaux préexistants ou dans de nombreux cas, comme par exemple dans les musées, la boutique est une architecture d'intérieur, une zone délimitée dans un espace beaucoup plus vaste.

Dans leur majorité, les boutiques et les espaces commerciaux que nous avons visités réhabilitent des constructions déjà existantes. Toutefois ces tendances, caractéristiques au moment de notre étude n'ont aucune raison d'être acceptées comme définitives, et dans certains sites qui ne comportent pas de bâti reconvertible, la nécessité peut se faire jour de construire des locaux dont une partie importante sera occupée par la boutique.

Les aspects fonctionnels ne sont pas excessivement contraignants mais il ne faut pas les sous-estimer. Ils concernent la facilité d'accès pour les livraisons, l'indispensable surface de stockage qui ne doit pas être trop éloignée de la boutique, etc ...

L'architecture intérieure de la boutique comprend l'agencement de trois zones principales : les zones des circulations, les zones de service, et les zones de présentation. Les issues et les transitions doivent également faire l'objet d'un soin particulier.

Zones de circulations

Les cheminements doivent être simples et suffisamment clairs pour que les visiteurs puissent se concentrer sur les produits exposés. Les couloirs de circulation sont aussi des moyens d'évacuation de la boutique en cas d'incendie ou de danger et ils doivent répondre aux exigences des codes de construction. Pensez aux besoins spécifiques des personnes atteintes par un handicap visuel ou physique. Définir des circulations suffisamment importantes et ajouter des rampes de circulation au lieu de marches permettra à ces visiteurs d'accéder plus facilement aux différents lieux de présentation et de vente.

Zones de service

Les zones de services peuvent être aussi bien des espaces de travail que des aires de stockage. Par exemple comptoir de vente, comptoir d'emballage, administration ... Ces espaces doivent être fonctionnels mais aussi agréables à vivre pour le personnel.

Zones de présentation

La présentation est le dispositif proposant les marchandises à l'acheteur sous leur aspect le plus favorable. L'acheteur réagit en deux temps à ce dispositif, il évalue d'abord, il compare, il soupèse, il essaye, et dans un deuxième temps, il sélectionne certains de ces produits afin de les acheter. A ces deux temps correspondent deux catégories d'espace, celle qui permet la présentation des produits -rayonnages, étalages, présentoirs, etc ... -et celle qui permet leur évaluation -un dégagement pour des miroirs, une zone d'essayage ... -

ASPECTS ESTHETIQUES

Les aspects esthétiques doivent être considérés au plus haut point dans un projet architectural. Il faut entendre également par ceci la valorisation du patrimoine architectural local. C'est-à-dire une volonté de cohésion avec un paysage et des pratiques, au travers de matériaux mais aussi en fonction de l'échelle des bâtiments, de l'agencement des volumes etc... Le parti pris architectural ne doit pas être entravé par une obligation passéiste, en revanche il doit impérativement être en harmonie avec la politique de valorisation et de protection de l'espace naturel.

Au cours de notre étude nous avons remarqué un point commun aux boutiques nature : contrairement aux boutiques les plus courantes en ville, elles sont dépourvues de vitrines. En effet, les boutiques, au sens général du terme et par conséquent dans leur dimension citadine affichent, depuis les années cinquante, une volonté de transparence marquée par l'utilisation de très grandes baies vitrées. L'image la plus familière d'une devanture "moderne" est celle d'une grande feuille de verre sans aspérité au travers de laquelle on aperçoit les marchandises, la porte est également en verre et nous passons à la manière d'Alice de l'autre côté du miroir dans le pays des Merveilles de la consommation.

Aujourd'hui les boutiques nature se conforment au contraire à un modèle comportant une grande opacité. Elles pratiquent l'équivalent de ce que l'on nomme une politique de devanture fermée. Ce type de boutiques que l'on trouve dans des centres commerciaux comme le Forum des Halles à Paris, sont facilement repérables parce qu'elles offrent une image massive percée seulement de quelques vitrines de petite taille conduisant le regard et le visiteur à l'intérieur de la boutique pour y découvrir la marchandise. Le concept développé dans les boutiques de Parc se rapproche beaucoup de celui-ci en ce qu'il faut pénétrer dans la boutique pour accéder à ce qu'elle contient. Cependant le sens de l'invitation, le traitement de l'entrée ou du seuil doivent être beaucoup plus pris en compte qu'ils ne le sont actuellement.

Les décorateurs réservent souvent l'utilisation de la devanture fermée pour des joailleries, des bijouteries, des boutiques-cadeaux. Ce dispositif donne une image de rareté et d'exclusivité. Ce qui est souvent souligné par le traitement des grandes masses matiérées comme un bloc minéral par des parements rugueux en granit ou en pierre, voire par des plaques céramiques texturées.

Dans le cas des boutiques de Parc, le choix d'une devanture fermée tient souvent à la volonté de respecter le patrimoine architectural local. Pour autant la difficulté de créer de grandes vitrines en façade n'est pas incompatible avec le développement d'un projet performant.

La liaison intérieur-extérieur est déterminante de l'esprit qu'il faut insuffler dans le projet architectural. Dans plusieurs réalisations nous avons trouvé des baies vitrées, non pas en façade, mais soit latérales et ouvrant sur le paysage, soit à l'intérieur de la boutique et donnant sur un patio : des téléscopes, des jumelles ou une glace sans tain permettent d'observer la faune sans la déranger. Il s'agit alors d'ouvrir la boutique de la manière la plus directe et la plus manifeste vers l'espace naturel, et non d'attirer le regard des visiteurs vers l'intérieur de la boutique. Il faut se garder de se montrer oublieux de l'espace naturel dans lequel se situe une boutique. Si nous reprenons l'histoire des boutiques, nous voyons qu'aux Etats-Unis ce sont souvent des cabanes de forestiers construites en rondins mais en plein milieu des arbres qui ont constitué les premiers comptoirs de vente.

En résumé le programme architectural d'une boutique est centré sur l'accueil, l'interprétation et la vente conçue comme un moyen de diffuser des idées rattachées à la protection et à la valorisation du patrimoine naturel. L'addition de tous ces aspects ne prescrit absolument pas un choix restreint de possibilités architecturales. Au contraire, au cours de notre étude, nous avons rencontré d'incontestables réussites issues de partis-pris tout à fait différents.

Les fiches d'information des produits


L'interprétation écrite prend plusieurs formes : dans la vitrine ou sur le présentoir les fiches d'information-produit sont concises et elles restent sur le lieu de vente. Il existe aussi des fiches plus élaborées qui sont mises à la disposition du public : à savoir celles qui présentent toute une famille de produits, mais aussi les fiches d'information-produit attachées ou agrafées aux articles.

Comment rédiger ces dernières ? Voici un plan qui nous paraît recommandable :

  • premier paragraphe - le contexte général, soit historique soit biologique...
  • deuxième paragraphe - les particularités de cet article précis
  • troisième paragraphe - la signification de cet article dans une perspective historique, biologique ... et la manière dont cet objEt est relié au parc. Replacez-le dans l'ensemble du projet d'interprétation.
  • quatrième paragraphe - les soins d 'entretien et de nettoyage de l'article.

Demandez à certains membres du parc et en particulier aux scientifiques de rédiger ces quelques lignes, Ils auront probablement moins de recherches que vous à effectuer, et vous avez tout à gagner à les associer au fonctionnement de la houlique. Faites toujours relire votre fiche d'informalion-produit par quelqu'un d'autre, afin d'en corriger les défauts avant de la rendre publique. L'usage du dessin, du schéma et de l'illustration est hautement recommandé.

Les fiches d'information-produit peuvent être réalisées proprement à l'aide d'un micro-ordinateur et d'une imprimante sur un papier agréable à regarder et à toucher. Il en existe toute une gamme d'aspect naturel notamment dans les krafts et les papiers recyclés.

Voici par exemple, trois étiquettes attachées à un sac à dos américain acheté dans une boutique qui n'est pas une boutique de parc. Ces étiquettes expliquent comme le ferait le constructeur lui même ou alors un bon vendeur, "des tas de choses" à propos de cet objet...

 


Autres exemples ci-dessous : une fiche d'information-produit sur des saladiers en bois dur, et une pochette d'auto-collants "empreintes de castors" avec au revers une petite fiche d'information.


Ci-dessous, plusieurs fiches d'information sur des familles de produits. Celles-ci ont été réalisés par NATURE & découvertes sous forme de bulletins numérotés imprimés en vert foncé sur papier kraft. Le bulletin numéro un est consacré au choix d'une paire de jumelles, le numéro huit aux appareils optiques que sont le kaleïdoscope et le thaumascope. Le bulletin numéro dix est intitulé Pourquoi collectionner les minéraux et le onze, les fossiles la paléontologie. etc.


Inspirez-vous de ces exemples, n'hésitez pas à donner des explications descriptives aussi intéressantes que possible et rattachant l'objet qui leur sert de support à la logique interprétative de votre parc.

Interprétation interactive


Dans les boutiques, l'animation peut jouer un rôle constructif et appuyer l'effort d'interprétation. Par exemple les démonstrations qui mettent en valeur des savoir-faire anciens, mais aussi l'histoire des outils et des matériaux sont des thèmes importants à souligner lorsqu'ils permettent de mieux saisir ce que l'on veut faire ressortir du territoire sur lequel se trouve le parc. L'idéal qui est recherché c'est de concourir à l'interprétation générale du parc par l'interprétation des produits vendus.

Quand il y a lieu, les produits doivent renvoyer à l'artisan qui les a fabriqués. On note partout l'envie du public de rencontrer les artisans. Une excellente idée est d'informer vos visiteurs pour qu'ils sachent à quelles dates vous organisez des rencontres, des mini-stages, mais aussi des visites d'atelier, voire même des signatures d'ouvrages sur les arts populaires et sur les métiers.

Si sur les étagères de votre boutique, à coté d'une paire de sabots témoignant d'une tradition locale, les visiteurs trouvent un petit carton annonçant, à telle date, une journée de démonstration sur l'art des sabotiers, non seulement le public vous sera reconnaissant de cette invitation, mais c'est la mise en place des sabots dans la boutique et même toute l'activité de la boutique qui s'en trouveront positivement rehaussées par un surcroît de signification. Cette interprétation minimaliste sera utilement encadrée par une affichette ou des photos de stages légendées, placées par exemple sur le panneau d'affichage, et par l'interprétation verbale prodiguée par les animateurs-interprètes de la boutique.