La connaissance de son matériel ARVA

 

Qu'est ce qu'un ARVA ?

A quoi servent-ils ?

Principe de fonctionnement

Quelques caractéristiques techniques

Quels modèles choisir ?

Pour en savoir plus

 

Qu'est ce qu'un ARVA ?

Les Appareils de Recherche de Victimes d'Avalanche ou ARVA sont des petits émetteurs-récepteurs qui, une fois branchés, émettent un signal radio (ondes moyennes de 457 kilo-Hertz) dont la portée est d'une trentaine de mètres. Le porteur d'un appareil est donc à son insu, «pisté» en pennanence. La fonction réceptrice peut être connectée en cas de besoin, les rescapés basculant leur ARVA en position recherche pour détecter le signal des ensevelis. Ils ne sont alors plus protégés.
 

A quoi servent-ils ?

Leur fonction : permettre de retrouver en quelques minutes une personne disparue sous la neige, à condition, bien sûr, que des témoins soient là pour faire la recherche. En 1989, au cours  de l'hiver, 28 % des victimes ont été retrouvées grâce aux ARVA, ce qui représente 40 % des rescapés. Ce chiffre, qui est en nette progression par rapport aux années précédentes, montre  tout l'intérêt de porter un tel équipement.
 

Principe de fonctionnement

Emission :

Un circuit électronique crée un champ magnétique d'intensité relativement faible, afin de minimiser la consommation électrique. Une antenne rayonne ce champ à l'extérieur, champ dont l'intensité décroît très rapidement puisqu'il se «dilue» dans l'espace, comme une onde s'atténue sur un plan d'eau.

Réception :

Le captage du signal (champ électromagnétique faible) se fait par une antenne. Le signal est alors fortement amplifié puis il est converti en onde sonore (haut parleur ou écouteur). En réception, l'appareil consomme beaucoup plus d'énergie, ce qui réduit l'autonomie en cas de recherche.
 

Quelques caractéristiques techniques

Il existe un «cahier des charges» pour la fabrication de ces appareils et un label de qualité «CISA-UIAA» devrait être effectif dans les années 90. Les caractéristiques techniques principales des ARVA sont les suivantes :

  • fréquence

actuellement, seule la fréquence 457 kilo-hertz est autorisée. Malgré tout, de nombreux appareils sont encore bifréquence (457 khz, pouvant aussi recevoir la basse fréquence de 2,2 khz aujourd'hui abandonnée).

  • portée

la portée minimum demandée est d'environ 30 mètres. Certains modèles sont détectés à plus de 60 mètres. Cette portée varie avec l'état des piles (attention aux piles usagées) et avec le vieillissement de composants électroniques de mauvaise qualité.

  • piles

en général l'alimentation est fournie par deux piles bâtons de taille moyenne. Certains modèles en utilisent quatre. L'autonomie en émission est donnée pour 200 à 300 heures de fonctionnement continu, soit une trentaine de jours d'utilisation. En réception, la durée est environ dix fois plus faible. Un test permet de contrôler l'état de charge des pUes. Après la saison hivernale, il est fortement recom- 60 mandé d'enlever les piles et d'en mettre de nouvelles à la saison suivante.

  • boîtier

Les caractéristiques des divers boîtiers sont assez semblables. Les dimensions sont environ 20 cm X 10 cm X 3 cm et le poids n'excède pas 200 g. Il est souhaitable de choisir un matériel étanche, dont la réception soit double (écouteur plus haut-parleur) car les fils de l'écouteur peuvent être fragiles. A noter qu'il existe pour les «mal-entendants» un affichage visuel. Enfin, le système d'attache sur le corps devra être solide et efficace.
 

Quels modèles choisir ?

Il existe actuellement 2 gammes d'ARVA, dont le prix et les performances sont sensiblement différents.

Les appareils pour professionnels :

ils sont, depuis 1990, au nombre de deux (Le Barryvox de la firme suisse Autophon et l'Option 8 000 de la firme française Option). Ces matériels valent presque le double des autres (2000 f.), mais construits avec des composants électroniques et des techniques élaborés, leurs performances, leur fiabilité et leur durée de vie sont nettement supérieures à celles des appareils «grand public».
C'est ce type d'ARVA qul est àA conseiller aux agents des Parcs.

Les appareils «grand public» :

plus d'une quinzaine de modèles ont été fabriqués depuis les années 70, mais beaucoup ont disparu du marché. Ils ont pratiquement tous des caractéristiques équivalentes et valent environ 1000 francs. Voici les plus courants en 1989 : Arva 4000 de la firme française Option, Ortovox fabriqué en Allemagne, Pieps de la firme autrichienne Motronix, Fitre fabriqué en Italie.
On se reportera aux études comparatives d'appareils réalisées par les revues de montagne citées en bibliographie.

Un ARVA sans pelle est comme un vélo sans pédales
Un ARVA doit être porté comme un sous-vêtement (sangles) et non pas dans une poche et encoremoins dans le sac.

 

Nota :
Redisons-le : il n'y a plus de problème de fréquence. La basse fréquence de 2,2 kHz n'est plus autorisée ni fabriquée.

Attention :

les détecteurs passifs (type pastilles Recco) ne sont pas des ARVA. Seuls les Secours Officiels équipés d'un détecteur sont capables de les localiser

Attention :

Il existe des émetteurs simples (ceinture ou collier). Ils sont vivement déconseillés pour le ski de montagne, leur porteur étant incapable de secourir une victime. De plus, leurs perfonnances sont inférieures aux ARVA.

Pour en savoir plus

Outre la bibliographie générale, on consultera de préférence des revues de montagne récentes.
Colloque de Solda (1975), Fondation Vanni Eigenman

 

Comment se servir d'un ARVA

 

Stockage

Départ en course

La recherche

MEMENTO

 

Il est en général nécessaire de donner quelques conseils pour une utilisation la plus efficace possible de cet équipement relativement précieux et fragile.

Stockage

Durant la saison, l'appareil peut être rangé dans le sac à dos, en état de marche. Aux distraits qui se rendraient compte au moment de chausser qu'ils l'ont oublié à la maison, on peut  conseiller de le ranger systématiquement dans les chaussures de ski (rarement laissées à la maison !). Au moment de mettre ses chaussures, on est ainsi sûr de ne pas oublier de se protéger avec son ARVA.
Pendant l'été, il est conseillé de sortir les piles (qui peuvent être utilisées pour tout autre usage) afin qu'elles ne coulent pas et corrodent l'électronique (piles de mauvaises qualité).

 

Départ en course

Beaucoup de gens se posent la question de savoir si l'ARVA doit être branché seulement dans les passages exposés. C'est une hérésie ! Puisque vous avez opté pour une protection efficace en cas d'avalanche, alors profitez-en pleinement. Dès que vous mettez vos skis, portez votre ARVA en marche. Bien sûr, les accidents d'avalanche alors que la victime est sur sentier hors neige sont rarissimes, mais parfois des coulées descendent en dessous de la limite de la neige et peuvent causer des accidents (la descente des Mottets, à la fin de la Vallée Blanche).
Le port de l'ARVA est d'une grande importance. Il doit être sur vous et protégé. En effet, il est déjà arrivé aux sauveteurs de trouver le sac contenant l'appareil en marche et la victime n'était pas à côté de son sac (arraché par la violence du choc). Si l'ARVA n'est pas protégé par des vêtements, il sera en contact avec la neige et sa température chutera au dessous de zéro degré. Il faut savoir que les piles, à basse température ont la fâcheuse habitude de perdre une grande partie de leur puissance. Vous pouvez diminuer vos chances d'être retrouvé rapidement en portant l'ARVA à l'extérieur.

En groupe, il est conseillé de vérifier que chacun a bien son ARVA en ordre de marche (appareil branché et sous les vêtements). Pour cela, il suffit que les gens passent devant l'un d'entre vous qui aura mis son appareil en détection.

La recherche

Nous verrons plus loin (fiche n° 6.2) comment organiser un sauvetage par les rescapés (un responsable, une tactique, des moyens). Pour l'instant, nous allons voir comment se servir de son ARVA pour en chercher un autre. C'est quasiment toujours dans le cadre d'un entraînement (fiche 3.3).

Il faut savoir que ces appareils émettant dans une longueur d'onde moyenne (fréquence de 457 000 Herz, donc longueur d'onde de 300 000 km/ 457000 =656 mètres), la recherche se fait à une distance beaucoup plus petite que la longueur d'onde (recherche dans un rayon de 30-50 mètres de l'appareil). On se trouve dans ce que les électroniciens appellent le «champ proche». Cette zone voisine de l'antenne qui rayonne est perturbée (électromagnétiquement s'entend n et les lignes de champ qui sont perpendiculaires aux ondes émises, ne sont pas des droites. Ce qui signifie que les courbes d'intensité maximum ne sont pas des droites 'et que la direction détectée comme étant celle du signal le plus fort n'est pas en droite ligne avec l'émetteur. Pour la recherche, il faudra donc remonter une ligne de signal maximum et décrire une courbe. D'où une technique bien systématique de recherche qui va être exposée plus loin.

La première chose à faire au commencement d'une recherche, est de basculer son ARVA d'émission en réception. Bien se souvenir qu'à partir de ce moment, le sauveteur n'est plus protégé et qu'en cas de seconde avalanche, il faut immédiatement rebasculer en émission (certains modèles ont été conçus à cet effet). Ensuite, le potentiomètre de puissance du signal étant poussé à fond, il faut capter le premier signal (exigez le silence pour être plus efficace). La portée effective étant de 20 à 30 mètres, si l'avalanche n'est pas trop importante ou si vous avez bien localisé la zone où doivent se faire les recherches, alors la traversée du dépôt de l'avalanche devrait vous permettre d'entendre le bip-bip caractéristique. Si vous n'avez aucun son, vérifiez que vous êtes bien à la puissance maximale. Sinon, il faudra parcoutir l'avalanche par bandes de 20-30 mètres de largeur.
Dès la réception du premier signal, il faut adopter une stratégie (on voit trop souvent en exercice des stagiaires chercher tout azimut et ne rien trouver, alors qu'ils ont un signal). Cette stratégie doit être simple, il faut s'y tenir. Il y a deux façons d'opérer que nous allons présenter :

  • la technique des «angles droits»

C'est la plus classique, la plus aisée à suivre si vous êtes choqué par l'accident car elle est décrite au dos de l'appareil. Elle a le mérite d'être simple et systématique, et si on la connaît bien, les automatismes reviendront même en cas de panique.
Le signal entendu dans le haut parleur ou l'écouteur est réduit au minimum afm de déterminer s'il augmente ou disparaît quand on se déplace. Une droite de recherche est choisie, en fonction du terrain (c'est bien souvent une ligne horizontale sur laquelle il est aisé de se déplacer). Sur cette ligne on marque les endroits où le signal disparaît. Il faut ensuite se placer au milleu de ce segment et décrire la droite perpendiculaire en cherchant les deux points de disparition du signal (ne pas oublier de réduire le potentiomètre de puissance afin de se remettre à faible niveau d'audition). Après 3 ou 4 opérations, on se trouve à la verticale de l'émetteur qui peut être repéré avec précision. Il est même possible, avec un peu d'entraînement, de le toucher avec une sonde .

  • la technique dite «directionnelle»

Il s'agit en fait de remonter la courbe de signal maximum par petits tronçons rectilignes. Dès que l'on a un signal, après l'avoir réduit (l'oreille est très sensible aux variations de bruits faibles, elle l'est beaucoup moins aux variations de bruits forts), on recherche en orientant son appareil dans différentes directions celle pour laquelle le bip-bip est maximum. On avance dans cette direction de quelques mètres et on répète l'opération autant de fois qu'il le faut pour arriver sur l'émetteur (5 ou 6 suffisent en général). Au passage, on note que les sections décrites ne sont pas en lignes droites mais forment une courbe qui s'infléchit sur l'émetteur.

SI VOUS NE MAITRISEZ PAS lA TECHNIQUE DE
RECHERCHE UTILISEZ lA TECHNIQUE
DES ANGLES DROITS
EN RECHERCHE, PENSEZ A RÉDUIRE
L'INTENSITÉ DU SON

 

MEMENTO

TECHNIQUE DES «ANGLES DROITS»

  • mettre son ARVA en position de recherche
  • obtenir un premier signal et en DIMINUER L'INTENSITÉ sonore
  • choisir un axe de recherche
  • chercher les deux points d'extinction (le maximum est au milieu)
  • du milieu, répéter l'opération sur la droite perpendiculaire
  • ne pas oublier de toujours baisser le son
  • recommencer l'opération jusqu'à une localisation fine
  • terminer à la sonde pour connaître la profondeur


TECHNIQUE DITE «DIRECTIONNELLE»

  • passer en recherche et obtenir le premier signal
  • chercher la direction pour laquelle le son est le plus intense
  • avancer de quelques mètres en RÉDUISANT le son
  • recommencer jusqu'à trouver l'émetteur
  • localiser finement avec la sonde

 

Protocole d'entraînement au maniement des ARVA

 

Choix du terrain d'exercice

Précautions

Matériel

Préparation de l'exercice

La recherche

Quelques tests complémentaires

Exemple de feuille de notes


Si l'on veut être capable de bien se servir de son ARVA, il n' y a qu'un secret: s'entraîner périodiquement. C'est ce qui vous donnera à la fois une maîtrise technique et une confiance réelle en cas de besoin.
Que l'on soit professionnel ou skieur du dimanche, il est indispensable de faire au moins une fois par an un exercice de recherche d'ARVA. Ce sera l'occasion, en début de saison, de mettre des piles neuves et de s'assurer que l'on est bien toujours opérationnel.

Nous allons décrire ici un exercice type tel qu'il peut être organisé dans le cadre d'un secteur de Parc. Le chef de secteur programmera une journée-exercice dont le thème sera la vérification du matériel de ski et de sécurité. Voici quel pourrait en être le déroulement.

Choix du terrain d'exercice

On choisira de préférence un site «plausible», c'est à dire correspondant soit à une avalanche s'étant réellement déclenchée les jours précédents (illusoire en début de saison), soit une petite combe potentiellement avalancheuse. Attention, si les conditions sont réellement dangereuses, on n'ira pas se fourrer dans la gueule du loup.
La dimension du terrain d'exercice est importante; une taille de l'ordre d'un demi hectare (100 m. de large sur 50 de hauteur) parait adéquate. Si on a le choix, on prendra une pente qui rendra l'exercice plus réaliste.

Précautions

On s'assurera toujours que le site n'est pas exposé à une avalanche réelle. Si tel est le cas, il faut alors placer un guetteur, à l'abri et équipé d'un sifflet afin qu'en cas de danger, l'alerte puisse être déclenchée sans aucune équivoque.

Matériel

Outre les ARVA (2 ou 3 seront cachés, les autres servant à la recherche), il faudra des fanions (de deux couleurs si possible) pour délimiter l'avalanche et pour baliser la recherche. Prévoir aussi une montre-chronomètre et une feuille de notes avec crayon. Il sera préférable d'envelopper les ARVA dans des sacs plastiques bien qu'ils soient censés être étanches.
Pour la recherche, prévoir pelles et sondes.

Préparation de l'exercice

Il est préalablement nécessaire de faire des groupes : un groupe qui prépare l'exercice (une ou deux personnes) et qui va contrôler la recherche, et les groupes de recherche. Pour que la simulation soit bénéfique à tous, il faut que la recherche s'effectue individuellement afin que chacun ait la sensation d'apprécier ses capacités réelles.
Le «meneur» de l'exercice commence par délimiter l'«avalanche» avec des fanions d'une couleur. Puis il va cacher plusieurs ARVA dans la neige, à des profondeurs variables de l'ordre de 50 cm (ou plus Si il a le courage de creuser un trou avec la pelle). Pour être plus confonne à la réalité, on peut cacher parfois des ARVA groupés, même l'un au dessus de l'autre. Si on veut que l'exercice soit le plus réel possible, on choisira de cacher les ARVA dans les zones dites préférentielles, celles où en général les victimes sont retrouvées (amont des obstacles, replat, creux de la combe, bords de l'avalanche ... ). Sinon, toute liberté est possible, la fantaisie allant jusqu'à cacher un ARVA dans un arbre (méthode qui a le mérite de vérifier si le chercheur est bien capable de localiser un disparu où qu'il soit !).
L'exercice est prêt. Le meneur va pouvoir lâcher la première équipe de recherche et chronométrer la découverte des ARVA enfouis.

La recherche

L'équipe de recherche, deux personnes avec ARVA en réception, pelle et sonde (bâton-sonde), essaye d'obtenir le premier signal. Pour cela, elle balaye rapidement le site avec la réception au maximum. Vu la taille de l'avalanche, le premier signal est généralement tout de suite obtenu (sinon, on peut vérifier la portée du récepteur qui parfois a mal vieilli). L'expérience montre que normalement, les 2 ou 3 ARVA cachés sont retrouvés en quelques cinq minutes. Les bons manipulateurs peuvent notablement réduire ce temps. Au delà de 10 minutes, il faut peut-être se poser des questions sur l'état d'entraînement de ses coéquipiers.

Quelques tests complémentaires

On profitera de cet exercice pour vérifier l'état physique du matériel, éventuellement l'état des piles. Contrôlez la portée avec des jeux de piles plus ou moins neufs, vous serez peut-être désagréablement surpris. Regardez aussi l'influence de l'orientation respective de l'émetteur par rapport au récepteur.

Exemple de feuille de notes

On pourra photocopier le tableau ci-contre pour noter les temps de recherche ainsi que quelques remarques. Si on les conserve d'une année sur l'autre, leur comparaison sera parfois instructive.