Le matériel de sécurité à emporter

Anne VALLA

 

La trilogie ARVA 1 PELLE 1 BATONS-SONDE

CHECK - LIST


Nous nous placerons dans l'optique du garde-moniteur qui est amené à effectuer un déplacement à skis avec un collègue (voir fiche n° 7.1) ou seul (fiche n° 7.2).
Nous ne parlerons pas du matériel spécifique à la sécurité de la circulation en montagne comme la carte du secteur, une boussole et un altimètre (qu'il ne faudra pas oublier de recaler de temps à autre).

 

La trilogie ARVA / PELLE / BATONS-SONDE

Pour le garde-moniteur circulant à skis en montagne, quel est, au regard des avalanches, le matériel indispensable à sa sécurité ?
Si par malheur il est pris par une avalanche, il sait qu'il doit compter avant tout sur lui-même et sur son ou ses camarades. En effet, dans le meilleur des cas, l'alerte sera donnée immédiatement par radio et l'arrivée des secours, même par hélicoptère, nécessitera entre une demi-heure et une heure. Pendant ce temps, les chances de survie de l'enseveli diminuent dramatiquement (voir fiche n° 1.4). Les skieurs de montagne doivent donc être impérativement autonomes pour pouvoir se secourir eux-mêmes.

Le matériel de sécurité indispensable se compose d'un poste émetteur-récepteur ARVA (Appareil de Recherche de Victimes d'Avalanches) complété par une pelle et une paire de bâtons de ski se transformant en sonde à avalanche (bâtons-sonde).

Les ARVA

Aujourd'hui, il n'est pas raisonnable de pratiquer le ski de montagne sans la protection qu'apporte un ARVA. Certes, l'ARVA n'évite pas l'accident, mais, tout comme une ceinture de sécurité, il minimise les conséquences d'un accident d'avalanche en raccourcissant le temps de secours. Depuis quelques années, on peut affirmer qu'il a sauvé de nombreuses vies humaines (on lira avec intérêt les récits d'auto-sauvetage avec ARVA publiés par la Revue de l'ANENA, en particulier celui de deux professionnels du secours (PGHM de Chamonix) revue n° 34, juin 84, p.33- 40).
Plusieurs fiches sont consacrées aux ARVA et à leur utilisatlon (n° 3.1, 3.2 et 3.3). C'est dire leur importance. Mais on se souviendra qu'ils pemlettent de localiser rapidement les victimes disparues si et uniquement si :

  • tous les participants en sont équipés
  • tous les appareils sont bien en état de marche (piles en bon état + circuit branché)
  • les rescapés savent s'en servir correctement. même sous stress

C'est pourquoi la fiche n° 3.1 est consacrée à la connaissance de son matériel, la fiche n° 3.2 à son mode d'emploi et la fiche n° 3.3 à l'entraînement à la recherche.

La pelle

Elle est trop souvent négligée sous prétexte que son utilisation n'est pas fréquente. Mais sait-on que creuser un trou de 1 m3 (victime sous 1 mètre de neige) peut demander une heure si la neige est tant soit peu dure ? Alors qu'avec une pelle, ce temps est réduit à 10 mn ou 1/4 d'heure. Pendant ce temps, les chances de survie de la victime chutent dramatiquement. Mais une seule pelle pour un groupe n'est pas suffisant car la loi de la malchance veut que ce soit souvent le «porteur de pelle» qui soit enseveli ! Même à deux. chacun portera SA pelle.
Actuellement, les pelles à neige sont nombreuses sur le marché. On la choisira légère et solide. Il existe des modèles en plastique et aluminium, pesant moins de 700 grammes qui sont d'une solidité étonnante. Certaines peuvent même se transformer en traîneau de fortune. Le manche ne devra pas être dans le prolongement direct du corps de la pelle car il est alors difficile d'évacuer la neige d'un trou ce qui nécessite un creusement plus important.

Les bâtons-sonde

Les bâtons-sonde sont des bâtons de ski transformables en sondes à avalanche. Il en existe plusieurs modèles sur le marché. Télescopiques et réglables, ils peuvent former soit deux sondes de 1,5 m. chacune, soit en étant mis bout à bout, une sonde de 3 m. Tous les skieurs de montagne devraient en être équipés, leur intérêt étant de permettre de s'assurer que c'est bien le corps de la victime qui a été localisé (toucher élastique) et de connaître la profondeur d'enfouissement, ce qui accroît l'efficacité du sauvetage (en effet, le sauveteur ne va pas réagir de la même manière si la victime est sous 30 cm de neige ou sous 2 m).

Par ailleurs, un tel bâton sans rondelle permet de se faire une idée de la stabilité de la neige pendant la course et peut parfois remplacer un piolet sur pente raide.

ARVA + Pelle + Bâtons-sonde
A RV A = Ceinture de Sécurité du skieur de montagne

 

CHECK - LIST

SKI DE MONTAGNE

MATERIEL TECHNIQUE PERSONNEL
sac à dos
skis - bâtons (bâtons-sonde) - peaux - couteaux - chaussures
ARVA - pelle
lunettes - crème solaire - crème à lèvres
piolet - crampons - corde - mousquetons - anneaux de corde
broches à glace - descendeur - jumar - baudrier
trousse de réparation - fart - pharmacie - élastoplast -
couverture survie - frontale - pile de secours et ampoule -
appareil photo - pellicules - papier Q - papiers d'identité - argent
bougie et briquet
tente - matelas - duvet
gourde isothermique - couteau

EFFETS PERSONNELS
équipement classique de montagne : sous-vêtements thermolactyl - socquettes et chaussettes - combinaison - chemise - pull ou fourrure polaire - veste duvet - collant ( en option)
vêtements gore-tex ou équivalents: veste et pantalon ou combinaison
bonnet ou cagoule - gants de soie - moufles - guêtres - surbottes (option)
vêtements de rechange en fonction de la durée du raid -. chaussons fourrure polaire - trousse de toilette

MATERIEL TECHNIQUE COLLECTIF
altimètre - boussole - carte au 1/20 000 - jumelles - topos guide thermomètre - carnet - crayon - sifflet - fusées de détresse - carré de détresse - réveil
matériel de secours : peau de rechange - colle - traîneau - trousse de réparation
pharmacie collective (bandes, cachets divers, blessures, ampoules 2ème peau, uvéline ... )
réchaud à essence minérale ou à gaz - combustible - allumettes - gamelles - bols - couverts - louche - torchon - éponge grattante
vivres de courses - vivres de raid.

Cemagref-Nivo, Grenoble, 050587 F.V.

 

Quelles informations consulter avant le départ

 

Pourquoi consulter

Le bulletin météo

Le bulletin nivo-météo

Le bulletin d'analyse du manteau neigeux

L'échelle de risque d'avalanche

Les informations locales

 

Pourquoi consulter

La connaissance des conditions nivologiques, de la situation météorologique et de leur évolution prévisible au cours de la journée permet au skieur de montagne d'évaluer les risques auxquels il va être confronté dans les heures à venir (voir fiche n° 4.1 «évaluation globale du risque»).
Nous allons passer en revue les diverses sources d'information qui sont à sa disposition. L'ensemble de ces renseignements complémentaires les uns des autres donnera une bonne idée des conditions du moment et permettra de minimiser les risques encourus.

Le bulletin météo

Il est aujourd'hui dans les habitudes de téléphoner «à la météo» pour connaître la prévision du temps. Les considérables progrès qu'a fait la science de la prévision météorologique (qui, disent certains, est passée de l'état de science divinatoire à l'état de science exacte!) se sont traduits par une consultation presque systématique des répondeurs automatiques spécialisés en montagne. Rares sont les changements de temps ou les perturbations qui ne sont pas prévus.

Le bulletin nivo-météo

Pour les zones de montagnes, un bulletin à la fois météorologique et nivologique est diffusé. Il est ainsi possible de connaître la prévision du temps, l'état du manteau neigeux et son évolution compte-tenu de l'évolution probable du temps. Ce bulletin est élaboré journellement à partir des mesures qui sont transmises téléphoniquement au centre d'Etudes de la Neige à  Grenoble-St Martin d'Hères par quelques 80 postes d'observation. Malheureusement, ces postes, souvent dans des stations de ski, ne transmettent plus de données après la fermeture des stations (début mai). Il n'y a donc plus de bulletin au moment où le ski de printemps bat son plein. A savoir que dans le cadre d'une régionalisation de la prévision nivo-météo, les bulletins  sont élaborés localement.

Le bulletin d'analyse du manteau neigeux

En complément du bulletin nivo-météo, il existe un bulletin d'analyse du manteau neigeux qui est réalisé plusieurs fois par mois. Ce bulletin donne les phénomènes marquants depuis le précédent communiqué, l'analyse par massif avec les chutes de neige et l'état du manteau neigeux (Alpes et Pyrénées).

L'échelle de risque d'avalanche

C'est un outil remarquable que la Météorologie Nationale a donné aux montagnards. Compte tenu de l'analyse des conditions nivo-météo et de la prévision du temps, une appréciation chiffrée du risque d'avalanche est donnée par massif. Cette échelle (voir le tableau) comporte 8 degrés et il n'y a pas de degré zéro. En montagne, le risque nul n'existe pas. En effet, dès qu'on a une pente et de la neige, il y a danger.

L'échelle tient compte à la fois du risque accidentel (déclenchement intempestif par un skieur) et du risque naturel (dont le seuil d'occurrence est toujours supérieur à l'accidentel). Cette échelle est croissante, le risque augmentant du premier degré jusqu'au 8ème. Les deux derniers échelons concernent les situations catastrophiques qui sont exceptionnelles. Enfin, il faut souligner l'ambiguïté du niveau 4 (risque accidentel fort), placé entre le risque accidentel modéré (situation courante en hiver) et le risque naturel modéré (coulées au printemps l'après  midi). Ce quatrième degré, heureusement peu fréquent, correspond pour le skieur à une situation très dangereuse puisque les avalanches accidentelles sont fort probables (nombreuses plaques à vent instables).

ECHELLE EUROPEENNE DE RISQUE D'AVALANCHE
à l'intention du public pratiquant la montagne hors des pistes balisées et ouvertes
 FAIBLELe manteau neigeux est bien stabilité dans la plupart des pentes.Les déclenchements d'avalanches ne sont en général possibles que par forte surcharge3 sur de très rares pentes raides1. Seules des coulées ou petites avalanches peuvent se
produire spontanément.
 LIMITEDans quelques2 pentes suffisamment raides, le maneau neigeux n'est que modérément stabilité.
Ailleurs, il est bien stabilisé.
Déclenchements d'avalanches possibles surtout par forte surcharge3 et dans quelques pentes généralement décrites dans le bulletin.
Des départs spontanés d'avalanches de grande ampleur ne sont pas à attendre.
 MARQUEDans de nombreuses2 pentes suffisamment raides, le manteau neigeux n'est que modérément à faiblement stabilisé.Déclenchements d'avalanches possibles parfois même par faible surcharge3 et dans de nombreuses pentes, surtout celles généralement décrites dans le bulletin. Dans certaines situations, quelques départs spontanés d'avalanches de taille moyenne, et parfois assez grosse, sont possibles.
 FORTLe manteau neigeux est faiblement stabilité dans la plupart2 des pentes suffisamment raides.Déclenchements d'avalanches ptopable même par faible surcharge3 dans de nombreuses pentes suffisamment raides. Dans certaines situations, de nombreux départs spontanés d'avalanches de taille moyenne, et parfois assez grosse, sont à attendre.
 TRES FORTL'instabilité du manteau neigeux est généralisée.De nombreuses et grosses avalanches se produisant spontanément sont à attendre y compris en terrain peu raide.

 

1. Pentes partIculièrement propICes aux avalanches en raIson de leur déclivité, de la configuratIon du terrain, de la proximité des crêtes...

2. Les caractéristiques de ces pentes sont généralement précisées dans le bulletin : altitude, exposition, topographie ...

3. Surcharge indicative : forte (par exemple skieurs groupés) ou faible (par exemple skieur isolé, piéton). 

Le terme déclenchement concerne les avalanches provoquées par surcharge, notamment par le(s) skieur(s). Le terme départ spontané concerne les avalanches qui se produisent sans actions extérieures.

Les informations locales

Si vous êtes dans votre propre massif, un de vos collègues peut avoir fréquenté la zone où vous vous rendez. Il est toujours profitable d'avoir des renseignements récents sur l'état de l'enneigement, les avalanches déjà descendues, l'état des ponts de neige sur les torrents ou toute autre information à caractère éphémère.

Si vous êtes dans un massif que vous n'avez pas fréquenté depuis un certain temps, vous aurez une bonne perception de l'état dans lequel se trouve la montagne en interrogeant un «professionnel» du terrain. Vous éviterez ainsi de prendre des risques inutiles par méconnaissance.