Principales dimensions d'un chantier

RNV du Romelaëre (62)

 

Afin de couvrir la plupart des situations sans pour autant détailler chaque cas particulier, cette partie propose de balayer les principales motivations des porteurs de projet de chantiers de bénévoles. Ainsi à la lecture des différents paragraphes, chacun pourra préciser petit à petit son propre projet de chantier. Six orientations principales (correspondant aux 6 chapitres suivants) ont été identifiées :
1 - Action et éducation éco-citoyennes - solidarité et échanges.

2 - Education à l'Environnement.

3 - Réalisation de travaux par des méthodes douces.

4 - Action sociale.

5 - Communication sur les actions de la structure.

6 - Implication et développement local.

Ces six orientations sont complémentaires et ne doivent pas être prises indépendamment les unes des autres. Quel que soit l'objectif principal, un chantier devrait mêler un peu de tous ces points. Néanmoins, ce document n'est pas une recette de cuisine, chacun pourra l'adapter à sa situation et organiser son chantier sans suivre nécessairement l'intégralité des préconisations.

Chaque chapitre est présenté de la manière suivante :

• Des points importants à prendre en compte pour définir et atteindre l'objectif en question (sont retenus uniquement les points qui font la spécificité de chaque chapitre - ça ne veut pas dire que les autres points sont à occulter mais qu'ils font l'objet d'un traitement d'ordre général),

• Des renvois vers la seconde partie où sont proposées des informations complémentaires,

• Des témoignages d'organisateurs.

 

Généralités et thèmes transversaux à tous les chantiers

Ambleteuse (62)

Malgré des origines sociales, géographiques ou professionnelles diverses, et des personnalités différentes, les participants à un chantier nature viennent avec des objectifs communs. Ils sont sensibles à la protection de leur environnement, aiment les balades, souhaitent donner du temps à un ouvrage d'utilité collective ou simplement rencontrer d'autres personnes. Tous ces éléments sont favorables à une cohésion naturelle du groupe.

Pense-bête pour monter son chantier

Baie de Canche (62)

 

Ce pense-bête accompagnera l'organisateur de chantier tout au long de son projet pour lui éviter d'en oublier la moitié en route. Trois grandes phases: préparation, réalisation et évaluation. Dans la colonne de gauche sont rappelées les tâches à réaliser. La colonne de droite renvoie aux différents chapitres du guide pour trouver des informations et des explications.

Dans chacune des ces phases, les tâches ne sont pas classées de manière chronologiques car certaines peuvent être réalisées simultanément.
Cette liste de tâches n'est pas exhaustive et peut être adaptée à chaque chantier.

Action et éducation éco-citoyenne solidarité et échanges

Hédé {35}

 

Points importants en prendre en compte

Témoignage : le chantier comme lieu de rencontre et d'échange culturel

 

Découvrir et respecter des cultures, développer les notions de solidarité internationale, former les citoyens du monde - Montrer qu'on peut travailler en apprenant des choses, ensemble, de manière conviviale et pas uniquement pour de l'argent - Développer des savoirs-être et des savoirs-faire, adopter un autre comportement - Faire comprendre les relations d'interdépendance entre les êtres humains, leurs pratiques économiques, sociales et le milieu naturel qui les entoure - Aborder les relations ville-campagne et confronter les modes de vie urbain et rural.

1.1.1 Points importants en prendre en compte

Public visé
Ce volet concerne tout type de public mais plus particulièrement des rencontres internationales, des publics "en difficultés"1 ou des échanges intergénérationnels. A chaque public correspond un type d'action spécifique. Par exemple avec un groupe de bénévoles internationaux on favorisera les aspects culturels et la solidarité internationale. Alors qu'avec un groupe de jeunes "en difficultés", on développera plus l'aspect découverte et respect de l'autre où apprentissage de nouvelles valeurs. Il est intéressant de mélanger différents publics pour enrichir les échanges.

Animation
Les animations doivent favoriser la rencontre, la découverte de l'autre, casser les barrières qui peuvent exister : langue, origine sociale, différence d'âge ...

Encadrement
Il doit être adapté au public et aux animations proposées: maîtrise d'une ou plusieurs langues, connaissance des publics "en difficultés", gestion de groupes et de conflits, capacité à écouter et à s'adapter.

Mobilisation
Pour la recherche des bénévoles, il est possible de collaborer avec des réseaux internationaux ou des structures nationales, de trouver des relais dans d'autres régions, de se rapprocher du comité de jumelage de la municipalité d'accueil, de s'adresser aux organismes à vocation sociale (Instituts Médico Educatif, centres socioculturels ou maisons de quartier), à des clubs de retraités ...

1.1.2 Témoignage : le chantier comme lieu de rencontre et d'échange culturel

Le chantier peut être un formidable outil de "rencontre interculturelle" ! Quoi de mieux pour se représenter la construction européenne ou la mondialisation que de la vivre sous forme d'expérience concrète à petite échelle. C'est en substance les raisons pour lesquelles la demande de participation à des chantiers internationaux ne diminue pas.

En effet la rencontre entre des individus étrangers est facilitée par le simple fait d'agir ensemble (par exemple.' il est nécessaire de coordonner une action technique, comme celle de planter un poteau de clôture, sous peine de ne pas être d'accord sur qui doit prendre la masse pour enfoncer le pieu; cette nécessité va être un bon levier favorisant la rencontre entre deux individus et le chantier devient alors un prétexte...).

Le chantier, par sa dimension très pratique et communautaire va permettre de valoriser les individus d'un groupe, en leur confiant  un rôle précis dans une équipe, en les associant à un ensemble de tâches essentielles, comme la préparation d'un repas ou la validation collective d'un programme d'activités. Organiser un chantier de bénévoles peut être aussi l'occasion d'animer le territoire, le village, le quartier où il se déroule. S'il est organisé durant des temps de congés scolaires il peut permettre d'associer les jeunes de la commune ne sachant pas comment s'occuper. Il peut aussi permettre l'intervention des personnes âgées, ou de créer en des lieux peu animés un programme d'animations ouvert à la population locale (repas à thème, sortie locale guidée, olympiades".).

La mise en place d'un chantier est déclencheur d'engagement citoyen. Le caractère dynamique d'une équipe de volontaires au travail, un projet technique utile à notre environnement, une pédagogie de la progression individuelle et la mixité sociale provoquée dans les équipes, sont autant de raisons pour que des individus découvrent le bonheur de l'engagement citoyen simple et efficace !

Yannick MEURET - "Etudes et Chantiers Ile de France"

                                                                                                
1 Par public en difficultés on entend: public fragilisé par un parcours personnel morcelé ou précarisé par un contexte social et/ou familial défavorable.

La préparation

 

"La phase de préparation est essentielle. Elle doit laisser le moins de place possible au flou, pour que tout soit calé et que l'on évite la plupart des problèmes qui pourraient survenir lors du chantier".

Hugues DESREUMAUX - PNR Caps et Marais d'Opale


3.1.1 Phase préliminaire

Elle permet de poser les premières bases du projet, de vérifier que le chantier est réalisable et d'obtenir l'accord des principaux intéressés.


3.1.2 Phase de préparation

Elle permet de préciser un certain nombre de points, de chiffrer la plupart des besoins et d'impliquer les partenaires.

 

Les Bénévoles

Ambleteuse (62)
Dunes de Berck (62)
Marais Ouest de Saint Omer (62)
RNV du RomeJaëre (62)
Baie de Canche (62)
Camargue (13)
Marais du Villiers (62)
Marais Ouest de Saint Omer (62)

 

Des engagements mutuels réciproques

Recherche des bénévoles

Inscription des bénévoles

Information des bénévoles avant le chantier

Suivi des bénévoles après le chantier

 

Les bénévoles sont l'épine dorsale du chantier, impossible de se passer d'eux. On est toujours content quand ils répondent présent à l'appel, et autant bien s'en occuper pour qu'ils reviennent.

2.1.1 Des engagements mutuels réciproques

Bénévoles, volontaires, et souvent venus d'une autre région, les participants ont à priori conscience de la nature de leur implication. Il semble alors incongru de leur faire signer un contrat d'engagement. De même, l'organisateur doit pouvoir accueillir et animer le séjour tel qu'il a été présenté aux bénévoles lors de leur inscription, sans avoir à le certifier dans un contrat écrit.
Les engagements de chacun sont donc basés sur une relation de confiance mutuelle, et on parle alors de contrat moral.

Néanmoins, dans le cadre d'un partenariat, une convention régit généralement les engagements réciproques du porteur de projet et de la structure partenaire pendant le chantier.

Engagements qui peuvent être rappelés oralement ou dans un document distribué à chacun en début de chantier, affichés sur le lieu d'hébergement ou envoyés au moment de l'inscription.

L'Association(*) s'engage à :

- Accueillir et considérer le bénévole comme un collaborateur à part entière.

- Lui donner une information claire sur l'association, ses objectifs et son fonctionnement.

- Lui confier une activité qui lui convienne.

- Assurer sa formation et son accompagnement par un responsable compétent.

- Le couvrir par une assurance adéquate.

Chaque bénévole s'engage à :

- Accepter les principes de l'association et se conformer à ses objectifs.

- Assurer avec sérieux l'activité choisie

- Collaborer dans un esprit de compréhension mutuelle avec les autres bénévoles et les salariés.

Extraits de la Charte du Centre du Volontariat (Paris)

2.1.2 Recherche des bénévoles

Communication
Une bonne communication est essentielle pour exposer les objectifs et le contenu d'un chantier aux personnes que l'on cherche à mobiliser. Les bénévoles doivent savoir à quoi ils s'engagent en s'inscrivant à un chantier.

Objectifs
- Donner envie de participer.
- Expliquer le déroulement du chantier, la nature et l'objet des travaux, les activités annexes.
- Donner des informations sur la structure organisatrice.

Message
L'objectif étant de présenter en quelques lignes le projet sur lequel les bénévoles sont invités à apporter leur temps et leur bonne volonté, le message sera de préférence simple, concis, et répondra aux questions suivantes :

Qui :
Quoi :

A qui :
Ou et Quand :
Comment :
Combien :

présenter l'organisateur.
expliquer en quoi consiste le chantier nature (travaux, vie collective et découverte) et dans quel contexte il s'inscrit
préciser qui peut participer.
mentionner le lieu et la date du chantier.
donner les coordonnées, contacts et modalités d'inscription
- indiquer la participation financière demandée.
- nombre de places

 

Lieux de diffusion
En fonction des caractéristiques du chantier (public visé, durée du chantier, travaux à réaliser ... ), on choisira de cibler la communication vers certaines structures et réseaux :

- lycées, universités, BTS GPN : les chantiers sont l'occasion de former et d'informer de futurs professionnels au fonctionnement des sites naturels, et permettent de valoriser un curriculum vitae en période de recherche d'emploi,

- Maisons de la Nature, Points Environnement Conseil, Missions Locales, Centres d'Information Jeunesse,

- offices de tourisme, mairies et commerces,

- réseaux spécialisés : CVA (Conservation Volunteers Alliance), Alliance, COTRAVAUX,

- réseaux nationaux des gestionnaires d'espaces naturels (fédération des Parcs Naturels Régionaux, Espace Naturel de France, fédération des Conservatoires d'espaces naturels, Réserves Naturelles de France...)

 

Outils et supports de communication

- Presse locale, nationale et spécialisée, télévision et radio locales.

- Visite de terrain, réunion publique, panneaux.

- Plaquettes, affiches, bulletins municipaux.

- Internet.

 

Les motivations des bénévoles sont assez variées :

- Apprendre une technique, un métier, un savoir-faire,

- Agir sur l'environnement de manière bénévole,

- Développer ses connaissances naturalistes,

- Vivre en groupe en dehors du contexte scolaire ou familial,

- Rencontrer des personnes d'autres régions ou d'autres pays,

- Découvrir un site naturel et une région,

- Passer un moment agréable,

- Avoir des vacances économiques...

En termes d'objectifs à atteindre il faudra veiller à satisfaire à la fois le groupe et l'individu.

Composer une équipe "harmonieuse"
Choix des bénévoles
Elle permet de constituer une équipe en fonction de certains choix du chantier: âge mini ou maxi des bénévoles, effort physique important. connaissance de certaines techniques d'aménagement, volonté de toucher la population locale en priorité ou au contraire d'accueillir une proportion de personnes extérieures. Dans ce cas la sélection doit être prévue dans la communication, aussi bien au niveau des réseaux sollicités que dans le message diffusé.

Autre alternative
L'organisateur décide d'accepter tout le monde par ordre d'inscription jusqu'à la limite des places disponibles. Cette méthode facilite la recherche de bénévoles mais risque d'engendrer un groupe hétérogène.

Une expérience originale

Une technique expérimentée par l'association AVRIL dans la Manche, consiste à s'appuyer sur des personnes résidant dans des pays étrangers, qui se chargent de trouver les bénévoles sur place. Ces personnes coordonnent l'inscription des volontaires et peuvent éventuellement les accompagner pendant le chantier en France. Elles deviennent alors personnes référentes pour chaque groupe "d'étrangers".

Il faut néanmoins veiller à ne pas créer des "mini groupes" constitués par nationalité, au risque de pénaliser l'échange entre l'ensemble des bénévoles.

Une des difficultés consiste à identifier ces personnes relais. ElIes peuvent être d'anciens volontaires, des responsables associatifs au contact de bénévoles, des enseignants au contact de jeunes ou encore travailler dans des centres d'information jeunesse.

Association AVRIL


Age des participants
Les différences d'âge peuvent parfois engendrer une mauvaise intégration voire l'ennui de certaines personnes. Ainsi, on peut décider de composer un groupe homogène, s'arranger pour avoir plusieurs sous-groupes, ou au moins prévenir les personnes qu'elles risquent d'avoir un petit décalage générationnel. Ces précautions permettront une meilleure cohésion du groupe.

Il n'y a pas vraiment d'âge pour s'inscrire, tout dépend des objectifs fixés, des travaux et activités proposés aux bénévoles. A partir de 15 ans les jeunes sont suffisamment autonomes, responsables et robustes pour participer de manière efficace et enrichissante à un chantier.
Entre 8 et 15 ans, l'action prend une tournure spécifique. Aussi bien au niveau des travaux physiquement réalisables, que du rythme, de la thématique ou de la manière d'aborder la préservation des espaces naturels, tout doit être adapté à ce type de public. Le chantier peut être par exemple l'aboutissement d'un travail d'éducation mené pendant plusieurs mois dans le cadre scolaire ou extra-scolaire.

Certains dispositifs imposent des limites d'âge: programme européen jeunesse (jeunes de 15 à 25 ans). D'autres dispositifs privilégient certaines catégories: dispositif chantier de jeunes (16 à 25 ans inscrits dans des procédures d'insertion ou de prévention), programme Ville Vie Vacances (jeunes issus de quartiers sensibles), chantiers éducatifs (conduits par des éducateurs spécialisés). Certains organisateurs préfèrent également cadrer l'âge des participants afin de s'affranchir de la responsabilité de personnes mineures ou de constituer des groupes homogènes.

Le bénévolat des seniors
Les retraités ne se découvrent pas subitement une vocation bénévole. En général, ils l'ont été pendant leur vie active. Il arrive cependant que certains se lancent tardivement et découvrent une "passion" laissée en sommeil pendant leur vie professionnelle. Les retraités et préretraités sont les catégories de la population où les bénévoles risquent d'être les plus nombreux dans les années à venir. Ils disposent de temps et sont en meilleure forme physique que les générations qui les ont précédés. Ils peuvent transmettre leur savoir-faire, leurs compétences, se motiver sur un projet concret et aussi se former.
Le bénévolat casse enfin l'image caricaturale d'un troisième ou d'un quatrième âge "passif", uniquement consommateur de biens, de services ou de loisirs.

Mobilisation locale
Les régions où ont lieu la plupart des chantiers nature sont des régions rurales donc peu peuplées. Par ailleurs, les "ruraux" et les "urbains" ont généralement une vision différente en matière de préservation des espaces naturels. Les seconds y sont sans doute plus attentifs par le simple fait de manquer de nature en ville. Ceci peut expliquer la difficulté de mobiliser la population locale, beaucoup plus que des personnes extérieures au territoire.

Les retraité d'un club familial passent à l'action

Suite à un constat de sur-fréquentation et dégradation des dunes par les promeneurs (dont les personnes âgées qui viennent avec leurs chiens), nous avons souhaité impliquer les utilisateurs de cet espace plutôt qu'une entreprise d'insertion, pour restaurer les dunes. Un club de retraités s'est trouvé très intéressé par ce projet et a répondu favorablement à notre sollicitation.

La thématique concernait la restauration des dunes et la canalisation du public par plantation d'oyats et poses de "ganivelles" à Breville-sur-Mer. Sur une année, trois journées de chantier ont rassemblé une vingtaine de personnes âgées, associées à des enfants et des personnes handicapées. Mélanger ces différents publics a posé quelques soucis au niveau des rythmes et des motivations de chacun mais l'échange a bien fonctionné et la quantité de travaux réalisés a été conséquente. Le public retraité vient avec l'objectif de travailler, il est organisé, rigoureux et ponctuel. Si le rendez-vous est fixé à Bh30 et la pause à 12h30, ils sont présents à l'heure (avec les outils et les thermos de café) et ne s'arrêtent pas avant la fin. Par contre, quand c'est fini, c'est fini, et ils rentrent rapidement chez eux.

Ils sont fiers de montrer qu'ils peuvent encore être utiles et certains d'entre eux sont devenus des "sous-gardes" qui n'hésitent pas à se plaindre en Mairie quand ils constatent une dégradation dans les dunes.


Nombre de participants

- Nombre maxi de bénévoles au-dessus duquel le chantier risque d'être ingérable : défini par rapport à l'encad rement, le matériel et l'hébergement disponibles, la quantité de travaux à réaliser et la taille critique d'un groupe (12 à 15 personnes en moyenne).

- Nombre mini de participants en deçà duquel le chantier devient inutile : généralement moins de 5 personnes.

Groupes constitués 

On constate souvent un manque de motivation quand les bénévoles sont moyennement volontaires et quelque peu contraints lors d'une journée d'intégration étudiante, dans le cadre d'une formation ou des activités d'un centre social. Dans tous ces cas il faut organiser une préparation en amont pour intéresser les futurs participants et former les accompagnateurs (enseignants, éducateurs). afin que le chantier devienne un véritable projet pédagogique.

L'effet de groupe a des conséquences aussi bien positives (motivation, entraide, convivialité ... ). que négatives (pauses à répétition, discussions, déconcentration...). Dans certains cas (étudiants). les conséquences sont mineures et concernent uniquement l'efficacité du groupe par rapport à la quantité de travaux réalisés. Mais parfois les conséquences sont plus gênantes (public "en difficultés"), et la gestion du groupe peut tourner au rapport de force entre les jeunes et l'encadrement.

L'idéal serait de limiter la présence de jeunes d'un même organisme à deux ou trois personnes par chantier. En pratique c'est difficile à mettre en place étant donné le fonctionnement par "activité" de ces structures (à moins que les personnes s'inscrivent à titre individuel). On peut également limiter un effet de groupe négatif en répartissant les jeunes entre plusieurs encadrants.

Public spécifique 

Le chantier peut être un moyen d'éducation, d'ouverture et de découverte pour les jeunes citadins issus de quartiers où les difficultés sociales sont souvent concentrées. Quelques conseils d'organisation :

- importance du lien entre animateur, porteur de projet et éducateur,

- questionner le personnel en charge des jeunes sur leur projet pédagogique et sur les raisons qui les conduisent à proposer ce type de chantier,

- nécessité d'un contact direct et individuel (même au téléphone) avec les jeunes postulants pour vérifier s'ils sont réellement volontaires ou inscrits d'office, et savoir ce qu'ils savent des chantiers,

- l'éducateur doit être formé : inviter un éducateur sur un chantier pour le sensibiliser et lui montrer à quoi ses jeunes vont être confrontés, ou organiser une session de formation spécialement destinée à un groupe d'éducateurs,

- une "1/2 journée test" peut être organisée en amont du chantier,

- mélanger différents publics permet un enrichissement du chantier par un brassage des cultures.
 

2.1.3 Inscription des bénévoles

Date limite d'inscription
Plus le groupe est constitué tôt, plus on se donne les chances de réussir l'organisation et de parer à toute éventualité. Il est parfois difficile d'avoir l'engagement des bénévoles longtemps à l'avance.

Cependant. si la participation est faible un mois avant le début du chantier, il faut réagir en relançant la communication ou annuler le projet. Tout dépendra de la capacité de l'organisateur à s'adapter et à prendre des risques, ainsi que de la durée du chantier (une journée peut quasiment être annulée la veille, mais pas un séjour impliquant souvent plusieurs partenaires, des bénévoles venant de loin et un budget important).

Renseignements sur les bénévoles
Une meilleure connaissance des bénévoles permet de mieux préparer le chantier.

Fiche d'inscripiton type

Préalable
Obtenir la confirmation du bénévole
Cette confirmation ne constitue pas un contrat. Elle permet simplement de formaliser l'inscription et de s'assurer que chacun souhaite réellement participer au chantier. La confirmation peut être écrite (via le bulletin d'inscription) ou orale pour établir un contact direct entre l'organisateur et le futur bénévole. Ceci peut s'avérer essentiel dans certains cas où des parents inscrivent leurs enfants sans leur demander leur avis.

Au moment de l'inscription, il faut s'assurer d'avoir un moyen de joindre rapidement chaque participant en cas de changement de programme de dernière minute.

Faire adhérer à la structure (cas d'une association)
Normalement rien n'oblige les bénévoles à adhérer financièrement à une structure pour participer à ses activités. Certains prétextent une participation aux frais de dossier et une obligation vis-à-vis de l'assurance. Mais au-delà de ces aspects, l'adhésion d'un nouveau membre relève d'une démarche personnelle signifiant qu'une personne déclare son attachement au projet de l'association.

Percevoir la participation financière éventuelle
Il n'est pas indispensable de faire payer les participants; le maître d'ouvrage jugera, en fonction des ressources financières dont il dispose pour son projet. La contribution financière des bénévoles est souvent une nécessité d'autofinancement, l'objectif étant si possible de minimiser cette somme.
Certaines structures fonctionnent avec un système d'acomptes, ce qui permet de s'assurer de la participation des personnes, de prévenir les désistements et d'avoir une petite trésorerie pour engager quelques dépenses liées au chantier.

2.1.4 Information des bénévoles avant le chantier

Au moment de leur inscription, il faut donner un maximum d'informations aux bénévoles pour permettre à chaque participant de bien préparer le chantier (matériellement et psychologiquement).

Nature du séjour 

- Dates et durée.

- Hébergement: type, équipement fourni, matériel à emporter.

- Fonctionnement quotidien : tâches "ménagères" et collectives, organisation générale.

- Découverte de la région (randonnée, festival, visites... ).

- Adresse précise et téléphone.

- Climat.

Type de travaux

- Dans quel milieu naturel.

- Thématique, objectifs et nature du travail à réaliser.

- Tenue vestimentaire nécessaire (fonction des travaux et de la saison).

- Equipement particulier éventuel.

- Fonctionnement du chantier (rythme de travail, encadrement...).

Localisation

- Plan détaillé avec description des itinéraires permettant de rallier l'hébergement et/ou le chantier.

- Rendez-vous précis: date, heure et lieu.

- Principaux moyens d'accès (gare, route) .

- Diffuser la liste des inscrits permet d'organiser un co-voiturage et de créer un premier contact entre les bénévoles.

Contact

- Coordonnées précises de la personne à joindre avant le chantier en cas de besoin (renseignements supplémentaires, désistement éventuel...).

Autres

- Suggérer d'apporter un produit ou objet de la région d'origine, un instrument de musique, des jeux...

 

2.1.5 Suivi des bénévoles après le chantier

C'est une étape souvent négligée car jugée contraignante ou inutile. Pourtant elle peut s'avérer essentielle pour maintenir le contact avec les bénévoles en les informant régulièrement des activités de la structure et de l'évolution du site sur lequel ils ont travaillé.

Ce travail est finalement assez simple et peut prendre les formes suivantes :

- envoi d'un questionnaire pour savoir comment chaque bénévole a vécu l'expérience,

- envoi d'une lettre d'informations ou du journal de la structure,

- envoi du calendrier des activités et des prochains chantiers,

- envoi du bilan de chantier.

Par ailleurs, il est intéressant de proposer aux bénévoles qui sortent d'un chantier, de s'exprimer sur l'organisation du séjour et l'expérience qu'ils ont vécue. Une fiche d'évaluation distribuée à chaque participant permettra de recueillir leur avis pour rédiger le bilan de l'action et améliorer les prochains chantiers.

 

L'animation

Wavrans (62)
Riez du Mont de Boffles (62) - Observation naturaliste
Hédé (35)
Machault (77) - Danses marocaines au programme
RNV du Woohav (62)
Zwannenwater (Hollande)

 

Rôle de l'animation

Quelle animation pour quel public ?

D'un point de vue pratique

Qui fait quoi ?

 

Sous ce vocable, on englobe aussi bien l'animation au sens gestion de la vie de groupe, que l'encadrement technique et pédagogique. Toutes ces compétences peuvent être réunies par un seul individu mais la plupart du temps, au moins deux personnes sont nécessaires. Lune sera l'animateur pédagogique et l'autre l'encadrant technique. De nombreux cas de figure sont envisageables au niveau de l'organisation, mais les objectifs à atteindre restent assez similaires.

Objectifs

- Favoriser la cohésion du groupe et les échanges entre les bénévoles

- Former aux techniques de gestion des milieux naturels

- Sensibiliser et éduquer à l'environnement.

- Créer une dynamique de travail.

- Gérer la vie et les tâches collectives.

- Permettre l'intégration du groupe et du chantier dans la vie locale.

 

2.2.1 Rôle de l'animation

Quelles que soient les vertus de l'auto-organisation et quel que soit l'âge des participants, un chantier ne peut véritablement fonctionner sans un encadrement qualifié, tant au point de vue technique et pédagogique, qu'au niveau de la gestion et de l'organisation.

L'animateur doit être partie prenante du projet et connaître le milieu dans lequel s'inscrit le chantier. Il peut participer à son élaboration, ou au moins être informé des objectifs poursuivis par la structure en général et par le chantier en particulier.

L'animateur doit être une personne disponible et apte à partager la vie du groupe dont il a la responsabilité. Par son enthousiasme à réaliser l'action et sa conviction quant à l'utilité des travaux, il transmettra sa motivation aux bénévoles.

Un chantier comporte deux volets : l'organisation des travaux et la gestion de la vie collective. Il est généralement plus facile de modifier le programme du premier que d'avoir à gérer les difficultés du second. D'où l'importance de réaliser une bonne préparation de l'ensemble en insistant sur le volet animation, pour ne pas être pris au dépourvu ou dépassé par une situation ingérable.

 

Favoriser la vie collective

- Susciter une dynamique de groupe, favoriser les prises de responsabilité, les échanges et les rencontres dans le respect des différences de chacun.

- Veiller à modérer certains conflits de personnalité et jouer les médiateurs afin de maintenir l'ambiance générale.

- Organiser et planifier les tâches quotidiennes et les loisirs.

 

Développer les compétences
Initier les bénévoles aux techniques de gestion douce, à l'utilisation des outils, au fonctionnement d'un écosystème et à l'intérêt d'intervenir sur certains milieux naturels suppose que l'encadrant maîtrise lui-même le sujet.

 

Transmettre savoir-faire et savoir être

- Favoriser la transmission des connaissances techniques et de l'esprit du projet: un projet global qui participe dans son ensemble à la préservation de l'environnement (valorisation d'un espace naturel, économie d'énergie, tri des déchets ... ) et répond à une certaine "éthique" (nourriture, comportement, respect de l'autre ...).

- Faciliter l'échange de connaissances entre tous les participants.

 

Motiver le groupe

- Mettre tout en oeuvre pour parvenir à atteindre les objectifs techniques et pédagogiques, en gardant à l'esprit que les participants au chantier sont bénévoles et en vacances.

- Faire régulièrement une évaluation avec les volontaires pour connaître leur point de vue, satisfaction ou mécontentement.

- Féliciter les bénévole sans retenue, surtout quand tout se passe bien.

- Réunir maître d'ouvrage, propriétaire et gestionnaire pour faire le point sur l'avancée des travaux.

 

Lien avec le territoire

- Permettre aux participants de découvrir le territoire sur lequel ils interviennent, d'aller à la rencontre des habitants et de leur culture.

- Faire connaître le projet dans son environnement proche

 

Mise en garde
En voulant bien faire, l'animateur risque peut-être d'en faire trop. Ainsi, tout en favorisant la rencontre et l'échange entre l'ensemble des participants, il faut aussi veiller à laisser au groupe le temps de se constituer avant de provoquer ou de proposer des rencontres avec la population locale.


2.2.2 Quelle animation pour quel public ?

En fonction de la durée des travaux et du public présent, le rôle de l'animateur sera différent d'un chantier à l'autre.

Public adulte
Un adulte sait généralement se prendre en charge et organiser ses propres découvertes. L'animateur aura à gérer l'organisation de la vie quotidienne et suggérer des activités en plus des travaux. Il est le référent du groupe, à l'écoute des participants, et l'interlocuteur auprès des autres partenaires.

Public jeune
La place de l'animation devient primordiale. Le chantier n'a toutefois pas vocation à devenir une colonie de vacances où les adolescents sont des consommateurs d'activités. L'animateur proposera un cadre dans lequel les jeunes s'expriment plutôt que des soirées libres (répondant à une soif de liberté des adolescents mais généralement peu constructives).

Public "en difficultés"
Pour l'encadrement, il est possible de faire appel aux élèves des centres de formation aux carrières sociales (type éducateurs spécialisés) dans le cadre de leurs stages.

2.2.3 D'un point de vue pratique

Accueil du groupe
C'est certainement l'un des points cruciaux du chantier: premiers contacts avec l'animateur, l'encadrant technique et les autres bénévoles.

Accueil au point de rendez-vous

- Donner plusieurs points et dates de rendez-vous en fonction des possibilités de chacun.

- Vérifier qu'il ne manque personne et essayer de contacter les absents : préparer une fiche synthétique avec les noms et coordonnées des participants.

- S'il y a des voitures personnelles au point de rendez-vous, l'itinéraire doit être fourni à chaque chauffeur pour aller jusqu'au lieu de chantier ou d'hébergement.

Accueil au gÎte
C'est là que les bénévoles se retrouveront tous les soirs, parfois à midi, pour cuisiner, se reposer, jouer ou échanger. Pour qu'ils s'y sentent bien rapidement une visite du gîte, la présentation des consignes à respecter et l'installation des bénévoles doivent être faites le premier jour.

Accueil chantier
En début de chantier, avant de démarrer les travaux, il est important de prendre du temps pour présenter le site et la gestion réalisée afin que l'objectif naturaliste soit bien compris par tout le monde, les consignes de sécurité respectées et les gestes à réaliser bien assimilés. Ainsi, les bénévoles se sentiront plus utiles, en confiance, et le travail s'en trouvera amélioré.

Vie de groupe

Présentation
Prendre un moment dès le premier jour pour expliquer à tous l'organisation de la semaine: rythme de travail, loisirs, présentation des environs et des services disponibles, planification des tâches (repas, vaisselle, approvisionnement, ménage ... ). L'animateur doit rapidement faire un "tour de table" pour présenter les bénévoles qui généralement ne se connaissent pas, et peut organiser des petits jeux pour faciliter l'intégration de tous au sein du groupe.

Intendance et logistique
C'est l'organisation matérielle et pratique du séjour au quotidien :

- planning des tâches (ménage, vaisselle, préparation des repas) et répartition entre les participants,

- gestion du stock de nourriture,

- achat petit matériel (ménage) et alimentation,

- préparation des sorties et journées découvertes (pique-nique, réservation, transport).

Loisirs et découverte
- Préparer un programme d'animations prévisionnel et le soumettre au groupe.

- Il est possible de faire plusieurs groupes en fonction des affinités et des aspirations de chacun dans la mesure où ce n'est pas trop compliqué à mettre en oeuvre.

- Certaines activités sont payantes: attention à ne pas léser une partie des participants.

- Ces activités doivent être un moment de détente, pas une marche forcée qui épuise les volontaires.

- Privilégier des loisirs éducatifs, des visites de sites naturels, la découverte de la région. L'été, beaucoup de villages organisent un bal ou une fête. Autant en profiter.

- Le soir, chacun est libre de prolonger sa soirée tard dans la nuit s'il s'en sent capable, à condition de ne pas déranger les autres et de réussir à se lever le lendemain matin.

2.2.4 Qui fait quoi ?

Bien que les cas de figure soient multiples et que souvent une seule personne assure plusieurs fonctions, les tâches et missions de chacun doivent être bien identifiées, pour ne pas délaisser un volet important de l'animation ou créer un conflit. Dans le tableau ci-dessous, sont listés les différents protagonistes ainsi que les missions d'animation et d'encadrement correspondantes (chacun fera des regroupements en fonction du contexte de son chantier).

 

Remarques liées à l'encadrement technique

Disponibilités
Généralement, l'encadrant technique est un gestionnaire, un garde ou un technicien du site d'intervention. Ainsi, pour des chantiers week-end, se pose le problème du temps passé en heures de travail supplémentaires (à payer ou à récupérer), ou de manière bénévole (mais tous les encadrants ne sont pas prêts à le faire). Bien réfléchir et négocier cet aspect avec les encadrants, en amont du chantier, pour ne pas être pris au dépourvu ou mettre la structure en difficulté financière.

Principe du forfait : peut constituer un compromis intéressant pour éluder toute contestation, ne pas alourdir trop le budget, ou voir les salariés prendre deux mois de récupération après le chantier. Par exemple, quelque soit le jour travaillé et le nombre d'heures réalisées pendant le séjour, l'encadrant est payé sur un forfait de 12 heures par jour (pas de récupération ni d'heures supplémentaires).

Pédagogie
Les encadrants techniques sont des gens de terrain, expérimentés en gestion des milieux. Mais ils n'ont pas nécessairement la fibre pédagogique, essentielle pour transmettre et partager leur savoir avec les bénévoles. Or ce point est très important si l'on souhaite atteindre des objectifs d'éducation à l'environnement, de formation à la gestion des milieux, ou simplement intéresser les bénévoles aux travaux qu'ils réalisent. C'est pourquoi malgré des connaissances naturalistes irréprochables, il ne faut pas hésiter à s'associer avec un animateur nature ou une structure d'éducation à l'environnement.

De plus, l'expérience montre qu'il est intéressant d'intégrer un minimum l'équipe technique à la vie de groupe (repas, sorties...).

Formation des animateurs
COTRAVAUX et ses associations membres organisent régulièrement des formations à l'attention des futurs animateurs de chantier.

 

La réalisation

 

3.2.1 Phase de démarrage

"Le rythme et la dynamique des travaux sont essentiels pour que le groupe se motive, surtout en début de chantier qui conditionne en grande partie la suite des opérations. Si le chantier est bien préparé et démarre à un rythme soutenu, un premier résultat sera rapidement visible et les jours suivants conserveront la même dynamique. A /'inverse, si l'on patauge pendant trois ou quatre jours, les petits détails (insignifiants d'habitude) risquent de devenir gênants et de gâcher le chantier".

Alain VANDERBECKEN -AtelierTETRAS

 


3.2.2 Phase de déroulement

"Adopter des gestes simples, respectueux de l'environnement et dans "l'esprit" du chantier nature, aussi bien pendant les travaux que dans la vie quotidienne du séjour (tri des déchets, économie d'énergie, repas "terroir"... ), donne une autre dimension au projet"

Damien LAMOTHE - ACTIONature


 

3.2.3 Phase de clôture du chantier

"Un petit appéro-visite est organisé en fin de chantier avec les habitants du village pour leur expliquer l'objectif des travaux. Y'a pas beaucoup d'échanges mais ça mobilise toujours un peu de monde et c'est jamais inutile"

Philippe DORANDEU - CPIE Pays Catalan


 

Éducation à l'environnement

Irlande
Agoncoutainvi/le (50) - Creusement d'une mare
Dunes aux lièvres (Zuydcoote - 59)

 

Points importants à prendre en compte

Témoignage : le chantier comme outil d'éducation et de sensibilisation à l'environnement

 

Sensibiliser les bénévoles aux actions de la structure d'accueil, à la découverte et au fonctionnement des sites naturels - Faire découvrir concrètement une action d'intervention sur un espace naturel en montrant la richesse que l'on protège et qui nous entoure - Lier apprentissage de notions théoriques et application concrète - Considérer l'environnement comme "ce qui nous entoure au quotidien ".

1.2.1 Points importants à prendre en compte

Public visé
Le public qui vient sur les chantiers est très varié, parfois averti mais généralement novice, plutôt intéressé mais souvent "ignorant". Aussi faut-il penser à adapter son discours aux participants présents ou cibler en amont le public en fonction des objectifs éducatifs et naturalistes que l'on souhaite atteindre.

Animation
Malles pédagogiques, jeux sensoriels, observation de la faune, détermination, moulage d'empreintes, projection de diapositives, sortie nature, visite de terrain .. . tous les prétextes sont bons pour que les bénévoles comprennent l'intérêt des travaux qu'ils réalisent, pourquoi le gestionnaire a décidé d'intervenir sur le milieu naturel, et pourquoi ces interventions ne seraient pas nécessairement justifiées ailleurs.

Encadrement
Certaines structures sont spécialisées dans la gestion d'espaces naturels mais n'ont pas la fibre pédagogique. D'autres organisent tout type de chantier mais connaissent mal l'écologie. Pour faire une bonne sensibilisation environnementale sur un chantier, il est nécessaire de réunir ces deux compétences.

Travaux
Tous les travaux sont adaptés pour faire de l'éducation à l'environnement et servir de support à des animations. Mais certains le sont plus que d'autres. A ce titre, une intervention sur une mare est certainement plus intéressante qu'une opération de débroussaillage.

Préparation en amont
Dans certains cas et lorsque c'est possible, il est intéressant, voire indispensable, d'intervenir en amont auprès des futurs bénévoles. Après un apprentissage et une découverte des raisons et des intérêts de l'action, la mise en pratique des connaissances sur le terrain sera sans aucun doute plus efficace et pertinente.

Aller plus loin
L'éducation à l'environnement sur un chantier ne devrait pas se limiter à la connaissance des espaces naturels. Le chantier peut aussi permettre de transmettre un certain nombre d'idées et de prendre en compte des notions telles que la production et le tri des déchets, les économies d'énergie ou la "mal bouffe", sans pour autant que cet aspect ne devienne une contrainte pour les bénévoles ou l'organisateur.

1.2.2 Témoignage : le chantier comme outil d'éducation et de sensibilisation à l'environnement

A l'origine, nos chantiers permettaient de réaliser des aménagements, rendant les sites accessibles aux scolaires pour ensuite y mener un projet pédagogique d'éducation à l'environnement. Les sites étant pour la plupart aménagés, les chantiers sont devenus des moyens de sensibiliser les adolescents.

Dans le cadre de ces chantiers, des bénévoles de différents horizons se côtoient pendant une à deux semaines. Des jeunes issus de quartiers défavorisés ou de foyers vivent 24 heures sur 24 avec des étudiants en biologie ou en protection de la nature. En début de chantier, les différences de comportement sont tangibles. Mais quelles que soient les compétences des uns et des autres, chaque personne est valorisée soit au travers des travaux qu'elle réalise soit par le biais des autres activités ou des tâches collectives (un bon cuisinier par-ci, un musicien par-là ...). La sensibilisation à la découverte et au respect de l'environnement se fait par l'échange entre les participants, par le biais d'animation et par la mise en application de quelques règles simples : ramasser ses déchets, économiser l'eau, utiliser des matériaux recyclés ou dont la fabrication ne nuit pas à l'environnement.

Il est souvent difficile de faire passer les messages et d'intéresser ces adolescents aux animations nature. " faut le faire par le biais d'activités très ludiques, techniques ou physiques, et où l'aspect nature n'est pas prépondérant. La sensibilisation se fait plus par l'action que par l'animation.

L'impact de cette expérience sur les jeunes est très variable. Certains mettent pour la première fois un pied hors de leur quartier, découvrent l'existence de sites naturels et retiendront peut-être quelques gestes à appliquer au quotidien. La plupart sont emballés par le côté convivial et communautaire d'un chantier. Quelques-uns se trouvent une vocation naturaliste ou une passion pour l'environnement.

Gérard LEFEBVRE - Nord Nature Chico Mendes

 

Gestion en direct ou co-organisation

Wavrans (62) - Enfonce-pieu
Sablé sur Sarthe (72) - Curage manuel
Tourbière de Vred (59)

 

Qu'est ce qu'un partenariat ?

Atouts et difficultés

Exemples d'actions


L'organisation d'un chantier peut être une mission complexe nécessitant de l'énergie, du temps et des compétences spécifiques. Le partenariat offre un gage de qualité et de réussite du chantier. Il permet en effet de confier les aspects administratifs, logistiques ou l'intendance à une structure spécialisée, mais aussi d'enrichir ses pratiques et ses savoirs-faire en travaillant avec d'autres organismes. Ceci peut s'avérer encore plus indispensable pour accueillir certains types de public.
 

2.3.1 Qu'est ce qu'un partenariat ?

Le partenariat est une relation dans laquelle au moins deux parties ayant des objectifs compatibles s'entendent pour travailler ensemble, partager les risques ainsi que les résultats. Dans un partenariat. c'est donnant-donnant et tous gagnants. L'animateur doit être une personne disponible et apte à partager la vie du groupe dont il a la responsabilité. Par son enthousiasme à réaliser l'action et sa conviction quant à l'utilité des travaux, il transmettra sa motivation aux bénévoles.

Objectifs

- Résoudre des problèmes ou mettre en commun des ressources afin de mener à terme un projet difficile à porter seul.

- Intéresser ceux qui peuvent contribuer au succès du chantier et obtenir leur engagement.

2.3.2 Atouts et difficultés

Atouts
- Il permet d'envisager de nouvelles approches, d'améliorer et d'enrichir les activités, d'acquérir de l'expérience au contact des autres.

- Il permet d'encourager, d'améliorer ou d'accroître la communication et constitue souvent une bonne réponse aux exigences du financement.

- Il permet d'éviter que des utilisateurs du site (agriculteurs, promeneurs, chasseurs ... ) ayant un role à jouer dans le projet. se sentent dépossédés du lieu sans avoir été consultés

Difficultés
- Partage des roles et des compétences: conflits de valeurs ou d'intérêts, questions relatives aux prises de décisions et à l'influence de certains.

- Des niveaux d'autorité, des rythmes d'approbation qui diffèrent et la possibilité d'une mauvaise circulation de l'information.

- Désengagement de l'un d'entre eux, implication insuffisante ou encore délais non respectés.

2.3.3 Exemples d'actions

pouvant faire l'objet d'un partenariat dans le cadre d'un chantier et structures susceptibles d'intervenir

Recherche de bénévoles
Certaines structures disposent d'un important réseau et de moyens de diffusion efficaces permettant de toucher un maximum de participants potentiels.

Structures concernées :
Principalement, ce sont les structures spécialisées dans l'organisation de chantiers telles que "les Blongios, la nature en chantiers", les associations membres de Cotravaux disposant de représentations régionales, les comités de jumelage, l'agence française du programme européen jeunesse (INJEP) ... mais aussi les clubs de retraités, les Centres d'Information Jeunesse, les MJC et les structures d'enseignement.

Les chantiers organisés en partenariat avec des centres de formations (BTS, lycées agricoles, ateliers professionnels, chantiers d'insertion ... ) sont un bon moyen de sensibiliser concrètement de futurs acteurs de la gestion des espaces naturels.

Vincent CHAPUISCSN Picardie


Animation nature et éducation à l'environnement
Un animateur nature qualifié disposant d'outils adaptés réussira à mieux faire passer certains messages, qu'un technicien dont le métier est tourné vers la réalisation des travaux ou qu'un gestionnaire au discours parfois trop scientifique ou institutionnel.

Structures concernées :
Principalement, ce sont les associations spécialisées dans l'éducation à l'environnement telles que les CPIE, les structures membres du réseau Ecole et Nature ou des GRAINE (réseaux régionaux d'éducation à l'environnement) ...

Animation culturelle
L'éducation à l'environnement ou l'information de la population locale peut passer par la réalisation d'une pièce de théâtre, d'une exposition, d'un concert ou d'une vidéo ... Un intervenant extérieur peut aider à mettre en place ce type d'activité.
Ponctuellement ou pendant toute la durée du chantier, cet animateur intervient en complément des activités nature pour réaliser une action à l'attention du "grand public", faire découvrir le patrimoine historique et culturel local (visites de sites, musées, rencontres d'artisans ... ). Pour que son intervention soit pertinente il doit participer à la construction du projet le plus en amont possible.

Structures concernées :
Principalement, ce sont les professionnels de la musique, du théâtre, de la photographie, les services culturels des collectivités locales et territoriales, les DRAC, les MJC, les centres d'art et les associations culturelles ... Certaines sont "généralistes" et d'autres spécialisées dans le lien entre art et nature. Elles sont de préférence locales et proches du lieu de chantier.

Encadrement technique
Une personne maîtrisant la manipulation des outils et les gestes à réaliser, connaissant les consignes de sécurité, les techniques utilisées, les objectifs et le milieu naturel sur lequel les bénévoles interviennent, est indispensable pour le bon déroulement des travaux.

Structures concernées :
Les organismes de chantiers ont bien souvent leur carnet d'adresses d'encadrants techniques qualifiés, de même que les espaces naturels protégés disposent de salariés, gardes, techniciens ou gestionnaires. Le chantier peut être un lieu de stage pour des étudiants en gestion et protection de la nature, ou issus d'autres centres de formation. Un animateur nature peut également, en fonction des travaux à réaliser, se former en amont auprès des gestionnaires d'espaces naturels ayant déjà travaillé sur une thématique similaire.

Outillage
Prêt ou location: éviter d'acheter un stock d'outils important pour réaliser un chantier par an, alors qu'une structure voisine en possède déjà en grande quantité et ne l'utilise pas en permanence.

Structures concernées :
C'est une opportunité pour favoriser un partenariat avec des services techniques d'une collectivité, des entreprises, des artisans ou encore des organismes de chantiers.

Communication
Parce qu'elle est indispensable et qu'il existe un minimum de règles, demander conseil à un spécialiste peut améliorer considérablement l'impact du chantier auprès des acteurs locaux.

Structures concernées :
Les agences de communication sont généralement inaccessibles en terme de coût. On peut alors envisager d'autres solutions: étudiants en communication (stagiaires, projet d'études, juniors entreprises ... ) - service communication des têtes de réseau pour les structures membres (voire de certaines collectivités territoriales qui financent le projet) qui ont intérêt à ce que la communication soit bien faite et peuvent donner des conseils - Réseaux Réciproques d'Echanges de Savoirs (RERS) dont l'objet est de mettre en place un échange de compétences entre différentes personnes dont certaines maîtrisent peut-être le sujet.

Implication et développement local
S'appuyer sur des associations locales, les habitants, les artisans, les agriculteurs ou les élus, constitue le gage d'un ancrage sur le territoire et d'une appropriation du projet par la population. Tous se retrouvent impliqués dans le même projet autour duquel ils apprennent à travailler ensemble, à concilier des intérêts divergents, à se connaître, et pourquoi pas à s'apprécier. De ce partenariat pourront naître des habitudes de travail favorisant la création de nouveaux projets.

Un chantier probant peut même être un préalable déterminant à la contractualisation d'un nouveau site avec une municipalité, démontrant les capacités d'une structure à mettre en oeuvre la gestion d'un espace naturel et à générer des énergies.

Vincent Chapuis - CSN Picardie


Structures concernées :
Association locale de protection de l'environnement, club CPN, école, clubs de retraités, comité des fêtes, comité de jumelage, agriculteurs, artisans, commerçants,  fédération de chasseurs...

 

Le suivi et l'évaluation

Camargue (13)

 

""Le bilan est important puisqu'il sert de base pour construire le chantier suivant".

Marie Charles HAMANNAVRIL

"Envoyer une carte de voeux, des informations sur l'évolution du site après intervention des bénévoles et sur les activités de la structure, permet de fidéliser les bénévoles".

Jean-Paul PILLON - RN Marais d'Yves / LPO

 


3.3.1 Intérroger les bénévoles

"A chaud" en fin de chantier
Le bi lan collectif permet à chacun de se confronter directement aux animateurs et de réagir aux remarques des autres participants (se pose le problème de la prise ou non de la parole en fonction du caractère de chacun). Ce moment peut-être réalisé sous forme de jeux.

"A froid" après le départ des bénévoles
L'envoi d'un questionnaire (malgré un risque de non retour). permet d'interroger les participants sur l'expérience qu'il viennent de vivre avec un peu de recul. Bien argumenter sur l'intérêt de l'enquête pour obtenir un maximum de réponses.

 

 

Par une synthèse de ces questionnaires et du bilan collectif, l'expression des bénévoles sera présente dans le bilan.
 

3.3.2 Faire son "auto-évaluation"

Critères d'évaluation du projet
Ce sont les points à vérifier pour savoir si le projet a été un succès et de quelle manière il peut être amélioré.

Cohérence interne
C'est la cohérence entre finalités, buts et objectifs.

Cohérence externe
C'est la cohérence par rapport aux destinataires, à l'environnement local, aux caractéristiques institutionnelles ...

Adéquation des moyens
S'est-on donné les moyens d'atteindre les objectifs et le but fixé ?

Effectivité
Réalisation des actions prévues.

Satisfaction
- Satisfaction et implication des partenaires.

- Qualité de l'organisation du séjour (travaux, loisirs et vie collective)

- Qualité de la préparation du chantier.

- Perspectives.

Efficacité
Adéquation entre résultats projetés (objectifs opérationnels) et résultats obtenus.

Efficience
Qualité globale de la réalisation par rapport au coût.

Impact
Prise en compte des effets positifs ou négatifs induits par l'action.

Définir des indicateurs
Les indicateurs permettent de réaliser le suivi et l'évaluation. Ils sont un outil incontournable du bilan.

Un bon indicateur doit être sûr, pertinent, spécifique et mesurable simplement.

Définir pour chaque indicateur :

- les sources d'informations nécessaires à la mesure des indicateurs (accessibles, peu coûteuses et fiables),

- les moyens à mettre en oeuvre pour collecter les informations,

- les périodicités de la mesure.

Pour faciliter son bilan, l'organisateur peut demander dès la phase de montage du projet, les modalités et les indicateurs utilisés par les partenaires financiers.

Réunion de groupe
Elle réunit tous les partenaires ayant participé au projet.

Cette réunion, au-delà du bilan, doit constituer un rapport d'étape permettant de prolonger le projet par la réalisation des objectifs globaux définis initialement, soit par la mise en place d'un nouveau chantier (forcement de meilleur qualité puisqu'il sera enrichi d'une expérience), soit par la mise en oeuvre d'actions complémentaires (actions d'insertion, mobilisation de la population locale ou de l'équipe salariée"...).

 

Réalisation de travaux de gestion par des méthodes douces

Massif du Ventron (68)
Canton de Fresnes (55) - Restauration de berges et pose de géotextile

 

Points importants en prendre en compte

Témoignages : le chantier comme mode d'expérimentation de nouvelles pratiques de gestion


Protection et préservation de milieux naturels sensibles, travaux spécifiques et difficiles à réaliser par les entreprises ou en interne par l'équipe de gestion - Travaux exigeant une forte mobilisation de main d'oeuvre - Accessibilité délicate pour des engins motorisés et fragilité du milieu - Chantiers expérimentaux sur des opérations de gestion, entretien de sites sur des petites parcelles où les travaux sont réalisables par des bénévoles - Participation du public à des actions concrètes de sauvegarde et d'entretien d'un milieu naturel.

1.3.1 Points importants en prendre en compte

Public visé
Le choix des participants est lié à la nature des travaux à réaliser (difficulté, quantité ... ) et à la perception que les bénévoles peuvent en avoir. Tous ne comprennent pas nécessairement pourquoi, sur un site et à un moment donné, le gestionnaire a décidé de favoriser tel habitat naturel au détriment d'un autre. Certains bénévoles ont parfois l'étrange impression d'avoir créé une pauvre pâture là où la végétation s'exprimait sauvagement. Ainsi, soit par une formation naturaliste, soit par un choix judicieux du public en fonction des travaux prévus, on parvient plus facilement à motiver les participants.

Encadrement
- Organiser les équipes et le déroulement des travaux.
- Etre attentif à l'attitude des bénévoles, les motiver, distribuer les tâches, expliquer le maniement des outils, les techniques utilisées, rythmer les journées de travail...
- Il faut une personne référente identifiée comme coordinateur.

Travaux
Par un aspect technique spécifique, une accessibilité difficile sur le site, la fragilité du milieu naturel .. . les travaux doivent justifier une intervention manuelle. Sinon, les participants se demandent pourquoi on fait appel à eux, et risquent d'être peu motivés par le chantier. Certains travaux répétitifs ou trop physiques peuvent devenir lassants. D'autres sont plus techniques et intéressants. Dans la mesure du possible, essayer de proposer des tâches assez variées, voire plusieurs ateliers en parallèle. Dans ce cas, il peut être nécessaire de doubler l'encadrement.

Quantité et faisabilité
La quantité de travaux réalisables varie en fonction du public et du rythme de travail. En basant ses estimations sur l'équivalent d'un mi-temps2, multiplié par le nombre de bénévoles, on doit normalement pouvoir terminer le chantier dans les délais prévus. Diviser les travaux en plusieurs tranches et finir chacune d'elles avant de passer à la suivante permet de fixer des objectifs intermédiaires plus faciles à atteindre et plus motivants pour les bénévoles sur l'avancée du chantier. On peut également prévoir des travaux complémentaires si le groupe avance trop vite.

Période d'intervention
Tout bon gestionnaire d'espace naturel sait quand il peut ou doit intervenir sur son site, pour minimiser l'impact des travaux sur les habitats. Pour ceux qui l'ignorent. il faut simplement retenir qu'on n'organise pas un chantier où on veut et quand on veut (en période de nidification et de reproduction, en pleine battue si le site est chassable, au moment où les niveaux d'eau sont trop importants...).

Outillage
- Nature : les outils doivent être adaptés aux travaux et au type de bénévoles accueillis.

- Quantité : mieux vaut trop que pas assez. C'est dommage d'avoir des bénévoles, des travaux à réaliser mais pas assez d'outils pour tout le monde. Des personnes peuvent également passer à l'improviste et donner un coup de main.

- Qualité : les outils doivent être en bon état, entretenus et de qualité professionnelle. Une faux qui couche l'herbe au lieu de la faucher ou un sécateur qui écrase la branche au lieu de la couper, ça énerve et ça fatigue vite.

Sécurité
Un point crucial et lourd de conséquence s'il est pris à la légère.

- Prévoir des gants et des vêtements adaptés.

- Souscrire une assurance adaptée à l'activité.

- Avoir une trousse de secours sur le terrain.

- Disposer d'un téléphone (mobile, cabine à proximité).

- Rappeler les consignes de sécurité en début et au cours du chantier : maniement, transport et stockage des outils.

- Ne pas mettre d'outils dangereux entre toutes les mains.

- Bien préparer et bien encadrer

Nombre de bénévoles et organisation des équipes
"Plus on est nombreux et plus on travaille vite". Ça n'est pas toujours vrai et le nombre est souvent difficile à gérer. Un groupe d'une douzaine de personnes semble être une bonne moyenne: facile à organiser, à former, à encadrer ou à motiver (surtout si le chantier dure plusieurs jours). Pour les jeunes et le public "en difficultés", il est préférable de disposer de deux personnes pour des raisons de sécurité et d'animation du groupe. Ainsi, en en cas de nécessité, l'une peut quitter le chantier tandis que l'autre reste sur le terrain avec le groupe. Pour un public adulte et responsable, une seule personne par groupe de douze bénévoles suffit pour encadrer les travaux.

Rythme de travail
Il n'y a pas de règles. C'est l'objectif global du chantier, sa durée ou encore le public qui déterminent le rythme. Il faut savoir s'adapter au public et ne pas l'épuiser, comme il ne faut pas sous-estimer sa capacité de travail au risque de l'ennuyer. Sur un chantier de jeunes (- de 15 ans). les travaux ont lieu généralement le matin, l'après-midi étant consacré à d'autres activités. Pour les autres, on peut se baser sur des moyennes de six heures de travail par jour, cinq jours par semaine, sans pour autant reproduire un modèle trop "administratif". La journée de travail n'est pas nécessairement comprise entre 9h00 et 17h00 et les jours de repos peuvent s'envisager en dehors du week-end.

Objectif, visibilité et pérennisation des travaux
Il faut toujours veiller à trois points cruciaux: - l'objectif de départ doit pouvoir être atteint, - le résultat doit être visible en fin de chantier, - le résultat doit être durable.

1.3.2 Témoignages : le chantier comme mode d'expérimentation de nouvelles pratiques de gestion

Depuis plusieurs années sur le canton de Fresnes en Woëvre, le CPIE Woëvre Côtes de Meuse organise des chantiers de jeunes bénévoles dont l'objectif est la restauration des milieux humides en liaison directe avec un cours d'eau.

Le chantier réalisé en 2002 avait pour but de proposer des techniques d'entretien de cours d'eau alternatives au curage systématique, en utilisant le principe de gestion sélective de la végétation. L'opération réalisée en bordure de parcelles agricoles, a mobilisé de nombreux partenaires, faisant appel à une large concertation et une prise en compte des contraintes agricoles. Le chantier a permis de concilier les intérêts et exigences de chacun (restaurer un milieu naturel tout en permettant le maintien des activités économiques), et sert de projet vitrine transposable à d'autres zones d'exploitation.

En complément de ces actions démonstratives, d'autres projets ont pu voir le jour, et notamment le CTE (Contrat Territorial d'Exploitation) collectif du canton de Fresnes qui laisse aux agriculteurs une forte place dans l'entretien des cours d'eau.

En terme de référence pour les agriculteurs, élus et autres partenaires du territoire, les chantiers constituent de bons outils car ils permettent :

- de travailler avec des techniques douces respectueuses de ce milieu fragile et dégradé,

- la concertation et la participation de nombreux partenaires, chacun selon ses compétences,

- la mobilisation de subventions,

- l'expérimentation de nouvelles pratiques qui, si elles se montrent concluantes, pourront être reproduites sur l'intégralité du cours d'eau.

Alexandra PINATON - CPIE Woëvre Cotes de Meuse


 

Les chantiers de volontaires s'inscrivent de deux façons dans la gestion écologique de nos sites :

- les travaux dits "classiques" pour lesquels les techniques de gestion sont pratiquées sur le site depuis un certain temps et dont les résultats sont plus ou moins attendus et connus (il s'agit alors souvent de la mise en oeuvre des travaux inscrits au plan de gestion),

- les travaux "expérimentaux" sont quant à eux souvent réalisés sur de plus petites surfaces afin d'y associer un suivi scientifique qui permettra d'estimer la pertinence du mode de gestion sur tel ou tel milieu naturel.

Dans ce cas là, les techniques utilisées sont nouvelles ou restent à inventer. En évaluant l'impact des ces actions expérimentales, elles seront jugées efficaces ou non, et reconduites à plus grande échelle ou pas.
C'est souvent dans ce deuxième cas que le chantier de volontaires prend toute son importance car le public bénévole présente une forte motivation. La demande du gestionnaire en exigence de techniques utilisées, d'essais, de précisions... peut alors être plus pertinente.

Sandrine GOUGAUDCSN Nord Pas de Calais

                                                                                             
2 Avec comme base de calcul, la quantité de travail réalisée par un technicien qualifié à plein-temps.

 

Action sociale

RNV du Romelaëre (62)
Marais Ouest de Saint Omer (62)
RNV du Woohav (62) - Pose d'un seuil
Marchiennes (59) - Point-s écurité sur l'utilisation des outils

 

Points importants à prendre en compte

Témoignage : le chantier comme moyen de découvrir la nature, sortir de son quartier et se confronter à une autre réalité

 

Le chantier de jeunes est une initiative originale d'insertion sociale. Il permet de : toucher les publics "en difficultés", organiser des rencontres entre publics d'origines sociales différentes, faire découvrir un autre aspect de la société, un nouveau rapport au travail et aux autres, faire sortir les jeunes de leur quartier et former des éducateurs.

1.4.1 Points importants à prendre en compte

Public visé
Quand on parle de social on pense d'abord aux personnes issues de quartiers défavorisés. En fait l'appellation public "en difficultés" englobe tout public qui vit un handicap ou est accompagné par une structure d'assistance sociale. Par ailleurs, provoquer des rencontres entre des personnes d'origines et d'âges différents est également une expérience très riche, pour les uns et les autres. Cette rubrique "action sociale" concerne donc tout le monde.

Encadrement
Il est indispensable que les jeunes soient accompagnés par des éducateurs spécialisés, responsables de la cohésion et de la vie du groupe. Le gestionnaire peut ainsi se concentrer sur l'organisation et le suivi des travaux, et ne se retrouve pas seul, confronté à une équipe parfois délicate à gérer.
L'encadrement technique doit être renforcé pour être à l'écoute des participants, éviter tout risque d'accident ou le non-respect des consignes de sécurité.
Il est important de former en amont les éducateurs à la gestion des milieux naturels et aux objectifs d'un chantier nature, pour qu'à leur tour ils puissent transmettre des messages aux jeunes et constituer un groupe réellement intéressé par cette activité.

Animation
Avec une pédagogie adaptée et valorisante, on arrive à un résultat d'autant plus satisfaisant que ces jeunes ont généralement peu de connaissances environnementales et un intérêt limité pour l'environnement. Certains y trouvent une opportunité de remobilisation, entrevoient de nouveaux horizons professionnels ou se découvrent une vocation de "naturaliste".

Groupes constitués
Le fonctionnement même de ces "structures sociales" impose souvent de faire appel à des groupes constitués ou à des personnes ayant l'habitude de réaliser des activités ensemble. Quelques précautions s'imposent alors pour que l'expérience soit profitable, et pas uniquement basée sur des rapports de force :

- prendre du temps pour former et sensibiliser les participants avant le chantier par des interventions au sein de leurs structures,

- sélectionner les personnes réellement volontaires et non pas celles qui viennent parce qu 'il n'y avait plus de place dans les autres activités proposées

 

A propos des groupes constitués 

Le public accueilli sur les chantiers est non volontaire, inintéressé a priori par la nature et très "urbain".

La commune de Perpignan propose aux jeunes plusieurs types d'activités en été ou pendant les "petites" vacances scolaires (plage, escalade, séjours prolongés dans un parc aquatique...), dont nos chantiers nature. Les jeunes sont amenés à choisir parmi ces activités. Bien que de prime abord on puisse croire que ceux qui viennent sont ceux qui l'ont vraiment voulu, la participation à nos chantiers-séjours relève de processus complexes qui vont de la réelle motivation au choix forcé car il n'y avait pas de place ailleurs, en passant par la volonté de suivre un copain.

Il est clair que ce type de fonctionnement ne nous convient pas du tout, mais faute de mieux et devant faire bouillir la marmite, nous avons pris le parti de répondre d'une manière aussi efficace que possible en essayant de respecter nos convictions d'éducation à l'environnement.

Philippe DORANDEU - CPIE Pays CATALAN


Contraintes
Travailler avec certains publics (mineurs ou issus de structures sociales, personnes âgées ... ) impose parfois la gestion de certaines contraintes. On peut citer dans le cas d'accueil de mineurs, la réglementation concernant leur protection (normes d'hygiène, conditions d'hébergement et d'encadrement, déclaration du chantier auprès de "Jeunesse et Sport" ou non-usage de certains matériels). Concernant les personnes âgées, les contraintes seront de l'ordre du confort de l'hébergement ou du rythme de travail.

Mobilisation
IME, foyers d'accueil, services spécialisés de prévention et de protection de l'adolescence, centres socioculturels, maisons de quartier, écoles et centres spécialisés, maisons de retraite ... les lieux ne manquent pas pour rentrer en contact avec des structures ayant une vocation sociale et proposer de monter un projet ensemble.

1.4.2 Témoignage : le chantier comme moyen de découvrir la nature, sortir de son quartier et se confronter à une autre réalité

L'Antenne Nature du Parc Naturel Régional des Boucles de la Seine Normande organise des chantiers de manière ponctuelle. Ils concernent généralement des jeunes.

Le dernier en date a été organisé à la demande d'une MJC, pour la réalisation d'un chantier à destination d'une dizaine d'adolescents originaires de milieux difficiles. Objectif : "sortir" les ados de leur milieu, les dépayser et les sensibiliser à l'environnement. Nous avons donc prévu cinq demi-journées de chantier sur une RNV et deux demi-journées de sensibilisation. Les travaux consistaient principalement à nettoyer les berges d'un cours d'eau et à brûler des déchets végétaux. Le chantier n'a pas bien fonctionné même s'il ne s'est pas "mal passé".

En effet, les travaux étaient peut-être trop monotones et les participants se sont vite lassés de faire toujours la même chose. Les outils n'étaient pas très adaptés (et peu diversifiés notamment pour des raisons de sécurité), et les jeunes n'étaient pas très motivés par leur travail.

Certains aspects doivent être modifiés. La durée du chantier: trop longue par rapport au type de public. Les outils: il faut trouver des outils utilisables par tous et sans problème de sécurité. Les tâches: plus courtes et plus diversifiées, permettant de rythmer le chantier. Une sensibilisation ou une explication préalable est indispensable afin que les personnes s'engagent en connaissance de cause.

Ce chantier à permis de se rendre compte que l'organisation doit être pensée et que rien ne doit être mis de côté.

Renaud Millard - PNR des Boucles de la Seine Normande

Depuis 1997, le CPIE du Pays Catalan accueille chaque été des groupes issus des "quartiers sensibles" de Perpignan dans le cadre de chantiers environnement. Ces jeunes sont sans repères et victimes de la société de consommation. Ceci en fait un public dit difficile. Nous travaillons avec deux tranches d'âge: les 13-15 ans et les 16-25 ans, sur des séjours courts avec des groupes d'environ huit jeunes et un ou deux animateurs de quartier.

Si nous devons tirer des enseignements de ces "chantiers de bénévoles", nous pouvons dire que leur succès dépend des facteurs suivants :

- Préparation des chantiers en amont, c'est à dire avec les jeunes dans les quartiers pour qu'ils soient prêts psychologiquement à vivre pendant, ne serait-ce que trois jours, en terrain totalement inconnu. Cela peut paraÎtre évident ou futile, mais la préparation au seul fait de sortir de la cité est l'un des ingrédients indispensable au bon déroulement du séjour.

- Accueil de groupes restreints avec un encadrant issu du quartier pour qu'il puisse faire le lien entre le groupe et les gens sur place et éventuellement désamorcer d'éventuels conflits.

- Dans la mesure du possible, mixité du groupe à la fois entre filles et garçons, mais aussi entre jeunes issus de quartiers différents.

- Mise en place d'un projet pédagogique centré sur les travaux et leur utilité. 

- Réalisation des travaux sur la durée du séjour: il est impératif que les jeunes fassent des travaux et les terminent. Sur de courts séjours, ce n'est pas gagné d'avance, mais si les jeunes y parviennent, ils rentrent d'une certaine manière fiers de leur travail et ne repartent pas sur un échec. Or ce public là se trouve bien souvent en situation d'échec dans sa vie quotidienne. Leur montrer qu'ils sont capables de construire quelque chose ensemble est très positif sur leur comportement.

- La gestion des relations entre les habitants du lieu et le groupe de jeunes, dans un petit village de montagne ne va pas sans poser des problèmes. Qu'ils soient réels ou potentiels, il convient de les éviter en prenant les devants: information des habitants du village, sensibilisation des jeunes au fait qu'ils ne vont pas en pays conquis, qu'en dehors de la cité il y a des règles, ou qu'il convient de respecter les habitants du lieu tout comme les lieux eux-mêmes.

Philippe DORANDEU - CPIE Pays Catalan

 

Implication du projet dans la vie locale

Sorrus (62)
Marais Ouest de Saint Omer (62)
Sorrus (62)

 

Apports du chantier pour le territoire

Exemples d'actions

Les relais

Difficultés et conseils
 

 

Deux ou trois semaines de chantier peuvent être un levier, permettant de créer une dynamique, d'initier un projet plus global, et de générer des effets positifs pour la commune (environnement valorisé, développement touristique, vie et animation locales, investissement et intérêt de la population).

Pour créer ce lien avec le territoire, les bénévoles mettent en place un certain nombre d'activités et rencontrent les acteurs locaux (élus, habitants, associations ... ). A condition d'avoir été intégrée suffisamment tôt dans le projet, la population peut également s'impliquer concrètement.

Objectifs

- Rencontrer la population et expliquer la mission des bénévoles : la population rurale voit parfois d'un mauvais oeil la présence "d'étrangers" venant réaliser des travaux sur leur commune

Généralement, elle ignore l'existence d'un site naturel et l'intérêt d'y intervenir.

- "S'intéresser à la région d'accueil pour qu'elle s'intéresse à nous" : mettre les bénévoles au contact des habitants pour connaître l'histoire et la culture locales, c'est aussi les valoriser en tant qu'acteurs de leur territoire et détenteurs de savoirs locaux. Par ce biais, la population découvrira l'objet du chantier, pourra souscrire au projet (on l'espère), voire même y participer.

- Pérenniser l'action au-delà du chantier: reconduction du chantier, mise en place de nouveaux chantiers, création d'activités ... le but est d'inscrire l'action dans le temps et le local.
 

2.4.1 Apports du chantier pour le territoire

Impact sur l'activité économique

- Achat de nourriture, de matériel et matériaux, location d'un gîte, activités d'animation et de loisirs, travaux complémentaires réalisés par des entreprises locales ... tous ces éléments ont un effet bénéfique sur le commerce et l'artisanat.

- Le chantier contribue à la mise en valeur d'un site naturel, potentiellement site touristique, pouvant entraîner l'accueil de visiteurs.

- Le chantier peut être à l'initiative d'une création d'activités, par exemple :

  • un débroussaillage sur coteau calcaire permet de mettre en place un pâturage et à un agriculteur de s'installer ou de créer une activité complémentaire;
  • les interventions sur les cours d'eau débouchent parfois sur la création d'entreprises de nettoyage de rivière ou la mise en place de contrats de rivières

Impact sur l'environnement et l'aménagement du territoire
Le chantier concourt à la préservation et à l'amélioration de la biodiversité d'un site, à la restauration ou conservation d'habitats, ou encore à la réalisation d'aménagements. Le patrimoine écologique de la commune s'en trouve normalement renforcé.

Les conséquences sur l'aménagement du territoire sont souvent elles aussi remarquables. Ainsi la restauration de berges ou de zones humides permet non seulement de restaurer le fonctionnement d'écosystèmes fragiles, mais aussi d'agir sur la qualité de l'eau ou de réguler les crues. De même la plantation de haies permet d'une part de créer un habitat pour l'avifaune et d'autre part de limiter l'érosion du sol ou d'améliorer l'infiltration des eaux de pluies.

La qualité du travail réalisé et la rimesse des apports des groupes de bénévoles dans la vie locale incitent souvent à poursuivre l'expérience. Parfois réticents et difficiles à convaincre au début, les élus sont finalement demandeurs de la reconduction des mantiers.

Certains mantiers ont lieu maque année sur le même site. Finalement, les jeunes font partie intégrante de l'animation et de la vie de la commune d'accueil, et finissent par être attendus par la population.

Mikaël BOUGAULT - Compagnons Bâtisseurs Bretagne-Pays de  Loire

 

2.4.2 Exemples d'actions

 

Pour lancer une démarche locale que l'on veut inscrire dans la durée, le chantier international est intéressant. Il attire du monde localement, est porteur au niveau politique, mobilise les élus, les crédits, la presse et les bénévoles.

Luc Barbier - PNR Caps et Marais d'Opale

 

2.4.3 Les relais

Tout le monde peut se sentir concerné par le chantier. Néanmoins, il est vain d'essayer de convaincre l'ensemble de la population. Ainsi il peut être préférable de cibler certains publics en fonction de l'usage et du rapport qu'ils ont avec le site. A ce titre les relais locaux sont toujours des partenaires intéressants, en  s'impliquant concrètement sur le terrain ou en diffusant l'information.

Clubs de retraités
Les personnes âgées sont souvent motivées pour défendre leur patrimoine local. Que ce soit pour organiser un "chantier anciens" ou simplement mobiliser quelques  personnes sur un chantier existant, il ne faut pas hésiter à les solliciter. C'est aussi l'occasion de provoquer une rencontre intergénérationnelle en mélangeant différents publics.

Associations locales (environnementales, randonnée ou autres)
Les associations peuvent ponctuellement varier leurs activités et décider de donner un coup de main sur un chantier. Elles ont l'habitude de faire des choses ensemble, sont bien organisées et participent en groupe.

Ecoles
Par le biais d'animations avec des scolaires, les parents peuvent être ensuite impliqués et participer avec leurs enfants à une journée de chantier.

Comité de jumelage
Les comités de jumelage existant dans les communes sont souvent à la recherche de projets fédérateurs pour organiser des échanges. Le chantier constitue un bon support pour se rencontrer, discuter dans un cadre convivial et confronter les pratiques de chaque pays . Le chantier peut s'envisager sur plusieurs années, incitant les personnes du comité de jumelage à s'investir dans la préparation du prochain séjour et le suivi du site d'intervention. La gestion d'un espace naturel et l'activité de chantier sont reproductibles dans tous les pays. Chacun peut s'enrichir des pratiques de l'autre pour démarrer localement une initiative ou l'améliorer.

 

2.4.4 Difficultés et conseils

Des sites souvent isolés
Les sites naturels sont souvent isolés et enclavés. Une des manières d'informer la population consiste à loger les bénévoles dans le bourg afin que les habitants voient qu'il se passe quelque chose chez eux et se sentent concernés.

Communication
Localement, les articles de presse semblent être un bon moyen de toucher la population. Le message qui est publié doit mettre en avant autant la réalisation de  travaux écologiques que l'aspect convivialité, découverte et rencontre d'autres personnes (locales et de l'extérieur). Malgré tout, bien que la population soit informée et trouve l'action intéressante, elle considère parfois que si le site est protégé et géré par des spécialistes, elle n'a pas à s'en occuper bénévolement car "des gens sont payés pour le faire".

Impliquer réellement les bénévoles locaux
Pour ceux qui souhaitent participer au chantier, ne pas se contenter de les inviter à réaliser les travaux, mais les intégrer au groupe au même titre que les autres  bénévoles : repas, hébergement, chantier, sorties... Chaque chantier devrait prévoir cette possibilité pour accueillir des bénévoles locaux de "dernière minute". A l'inverse, les personnes de passage qui souhaitent venir ponctuellement sur le chantier doivent pouvoir le faire le plus librement possible en participant par exemple à des demi-journées.

 

Tableau de bord

 

D'autres outils peuvent éventuellement compléter le pense-bête,  pour suivre chaque phase et consigner les différentes actions à mener, avec un niveau de priorité (diagramme de Gantt, tableau de bord ...).
 

 

Communiquer sur les actions de la structure

Marais Ouest de Saint Omer (62) - Reportage vidéo sur le chantier
Ambleteuse (62) - Plantation d'une haie

 

Points importants à prendre en compte

Témoignage : le chantier comme support de communication

 

Présenter ses actions au grand public, faire connaître et valoriser les espaces naturels, ainsi que les gens qui s'en occupent - Montrer aux élus que des personnes extérieures et de surcroît bénévoles s'intéressent à un site naturel de leur commune - Informer la population qui ne voit pas toujours d'un bon oeil ces personnes réaliser des travaux "chez eux" - Inciter les habitants à s'investir euxmêmes sur ces espaces sensibles.

1.5.1 Points importants à prendre en compte

Communication externe
Les destinataires sont nombreux : élus, habitants, agriculteurs, chasseurs, entrepreneurs, financeurs, touristes ...
Le message doit être adapté à chacun d'eux.

Communication interne
Chaque personne de la structure organisatrice doit être informée de l'action entreprise pour montrer que le chantier n'est pas une démarche isolée du reste des activités de la structure et pour que chacun puisse s'impliquer à son niveau s'il le désire.

Moyens disponibles
Tous les moyens médiatiques sont bons pour faire parler du chantier et attirer aussi bien les bénévoles que les habitants: bulletins municipaux, tracts dans les boîtes aux lettres, prospectus dans les offices de tourisme, spot radio, affichage dans les communes, article dans la presse, télévision locale, Internet ... Ces diffusions doivent se doubler d'actions ponctuelles et d'animations favorisant la rencontre avec le public ciblé par la communication: présentation en mairie, pique-nique ouvert à tous sur le chantier, visite du site ... Par ailleurs, les bénévoles deviennent eux-mêmes acteurs de la communication pendant le chantier. Il est donc important de bien les informer des objectifs poursuivis pour qu'à leur tour ils transmettent un message clair et des informations justes.

Précautions
Il ne faut pas que les bénévoles subissent la communication (ex : 3 heures de discours lors d'une rencontre avec des élus), ni qu'elle soit le seul objectif du chantier (au point que les participants aient l'impression qu'on se sert d'eux).
Mettre en place un partenariat avec la presse permet de mieux informer les journalistes sur la nature du projet et d'éviter les clichés du genre "Chantier nature, des vacances utiles !"

 

1.5.2 Témoignage : le chantier comme support de communication

Le Parc naturel régional des Caps et Marais d'Opale a compris depuis longtemps que la protection à long terme de ses espaces naturels reposait sur une appropriation par la population locale desdits espaces. Les chantiers nature de bénévoles ont été à cet égard de véritables révélateurs de la capacité des habitants à se mobiliser pour la nature, pour peu qu'on s'en donne la peine.

Depuis près de 15 ans, les chantiers nature sont devenus un outil indispensable à l'animation des sites naturels gérés par le Parc ou ses partenaires. Ils concourent à la protection durable de la nature et permettent à tous d'y contribuer à la hauteur de ses moyens. Pédagogiquement. les chantiers servent aussi à transférer directement les savoir-faire acquis sur les sites et développés par les permanents vers d'autres publics.

Les chantiers sont aussi l'occasion de former et d'informer de futurs professionnels agricoles et environnementalistes au fonctionnement des sites naturels. Sans tabous, ils permettent d'accueillir des enfants, des jeunes, des adultes, des retraités et ils restent ouverts au monde du handicap. Le chantier nature bénévole sous toutes ses formes est donc un formidable outil pour le gestionnaire car il trouve sa légitimité dans l'existence même des sites naturels.

Luc Barbier - PNR des Caps et Marais d'Opale

 

Sécurité, assurance et responsabilité

Mont Saint-Frieux (62)
RNV du Molinel - Boulonnais (62) - Brûlage sur tôle pour limiter l'impact du feu
Eclusier-Vaux (80)
Irlande

 

Sécurité

Responsabilité

Le contrat d'assurance

 

L'activité de chantier, comme toute autre activité associative, est susceptible d'occasionner des dommages et des victimes. C'est rarement un drame mais le risque existe et il ne faut pas le négliger. Le meilleur moyen d'éviter ce risque est de le prévenir. C'est l'objet de la partie hygiène et sécurité. Mais l'accident arrive généralement où on ne l'attend pas. Le contrat d'assurance doit alors prévoir l'imprévisible.

Ce chapitre propose quelques recommandations à propos des risques mais ne doit effrayer ni les organisateurs de chantier potentiels, ni les bénévoles. Sans communiquer de chiffres sur le nombre d'accidents, on peut dire qu'il est fréquent d'attraper des ampoules aux mains ou de s'érafler les avants bras. Mais les incidents majeurs sont rares.

 

2.5.1 Sécurité

La sécurité est la réponse technique apportée, a priori, à un risque futur éventuel. Prendre en compte la sécurité c'est se poser les questions : "Que dois-je faire pour qu'il n'y ait pas d'accident ?" ou au moins : "Que dois-je faire pour éviter au mieux les accidents ?".

La meilleure protection contre un dommage c'est d'être attentif à la sécurité et à l'intégrité physique des bénévoles. Plutôt que de se demander dans quel cas le gestionnaire ou l'animateur est responsable s'il arrive un accident, il vaut mieux s'intéresser à la mise en sécurité de son groupe. Ainsi par un souci de qualité et une préoccupation humaine forte, l'encadrant aboutit à sa mise en sécurité juridique et prouverait en cas d'accident qu'il ne peut être tenu pour responsable.

Le chantier est aussi un outil pour faire de l'éducation au risque en montrant les dangers, les moyens de se prémunir. La sécurité concerne en majorité les travaux mais doit être intégrée à l'ensemble du projet pour toutes les activités: transport des bénévoles, moments passés sur le lieu d'hébergement, loisirs

La prévention
La prévention est basée sur le principe de dangerosité et donc de précaution. C'est parce que nous savons que toute situation est a priori dangereuse que nous restons vigilants. Ainsi, il est fondamental de transmettre aux participants les comportements responsables qui les préserveront des dangers de leur environnement et les prépareront à devenir autonomes. Plus les consignes sont claires, plus on forme et on informe les participants, moins on risque l'accident et plus on est en capacité de se défendre en cas de plainte d'une victime.

Eléments importants :

- Connaître et reconnaître le site d'intervention pour identifier et prévenir les participants de l'existence de zones à risque (falaise, berge instable, zone d'abattage... ).

- Avoir la tenue vestimentaire adaptée pour se prémunir d'une coupure (gants). d'une glissade (grosses chaussures) ou d'une météo capricieuse (vêtements de pluie ou chapeau de soleil)

- En début de chantier, présenter la fonction de chaque outil, ainsi que des consignes d'utilisation et de sécurité. Ce point sécurité doit être fait sur le lieu de chantier pour expliquer le maniement des outils, mais également avant leur transport sur le site pour prévenir tout incident notamment en cas de chute.

Les secours
La trousse de secours
Emporter systématiquement une trousse ou boîte de secours sur le chantier. Le contenu de cette boîte doit permettre aussi bien la pose d'un pansement sur une petite plaie, que l'intervention d'une personne un peu plus expérimentée, avant l'arrivée des secours médicalisés. Il est défini pour une "unité" de travail; le nombre de boîtes de secours devant être adapté à l'importance du chantier et la multiplication des sites de travail.
Certains produits dont l'emploi exige un contrôle médical parce qu'ils ne sont pas toujours bien tolérés, doivent être utilisés avec précaution.


- LA FORME
Une boîte en plastique ou en métal, inaltérable, indéformable, résistante aux chocs et étanche à la poussière.


- PRINCIPES DE BON USAGE
L4encadrant ou le responsable des travaux en assure la présence, la garde et l'approvisionnement. Il en effectue la vérification périodique (notamment le suivi des dates de péremption). Lutilisation d'un de ses éléments doit conduire à son remplacement le plus rapidement possible.

Le brevet de secourisme 

- Sans donner tous les éléments pour soigner une victime, cette formation permet d'acquérir un certain nombre de réflexes et d'adopter la bonne attitude en cas d'incident. Il est fortement recommandé à l'équipe d'encadrement de suivre cette formation de quelques jours. Il est également intéressant de savoir qui parmi les participants possède ce brevet.

- Prévoir une liste des numéros de téléphone d'urgence (hôpital, médecin... ) et l'afficher dans un endroit accessible et connu de tous. Disposer d'un véhicule à proximité, avoir un moyen de communication quand c'est possible (téléphone portable ou au moins savoir où se trouve la cabine de téléphone la plus proche ... ).

2.5.2 Responsabilités

Avant d'être une affaire de droit et d'assurance, la responsabilité est une affaire morale: dès lors qu'on organise un chantier, on en accepte la responsabilité. Aucune loi ne permet de s'affranchir de ce principe: on est toujours moralement responsable de ses actes.

La responsabilité (réponse juridique apportée a posteriori à une situation anormale), s'applique uniquement lorsqu'il ya un préjudice à réparer, ou l'auteur d'un dommage à punir, parce qu 'il y a eu accident. Ainsi, la sécurité est primordiale puisqu'elle anticipe la notion de responsabilité.

La responsabilité civile
C'est l'obligation légale d'indemniser une victime pour tout type de dommage corporel, matériel ou immatériel, causé par l'association ou un participant, et résultant d'un événement de caractère accidentel.

Trois fondements de la responsabilité civile :

- La faute: acte volontaire (intention de nuire) ou involontaire (négligence, imprudence, maladresse).

- La garde des choses : il suffit qu'une chose ait contribué à la survenance d'un dommage pour que le gardien de la chose soit présumé responsable (ex: branche qui tombe sur une personne).

- La responsabilité pour autrui : on est responsable des fautes commises par les personnes dont on doit répondre (personne placée sous les ordres d'une autre personne et agissant dans son intérêt).

La responsabilité pénale
Elle sanctionne une faute, est personnelle et non assurable. Il s'agit de punir une personne qui par ses agissements au sein de la structure a commis une infraction, causé un préjudice sérieux à autrui ou lui a fait courir un risque extrême. La condamnation de l'un n'interdit pas de condamner l'autre.

Le bénévole victime d'un dommage
Lorsqu'un bénévole participe aux actions d'une association, il se crée automatiquement une convention tacite d'assistance entre l'association et le bénévole, qui implique à la charge de l'association l'obligation d'indemniser le bénévole victime de dommages corporels. Pour s'exonérer de l'obligation de réparation, l'association doit prouver que le bénévole a commis une "faute grave".

La prudence est de rigueur
Les associations sont tenues au respect d'une obligation de prudence et de diligence dans l'organisation des activités proposées, en assurant la sécurité des participants. C'est une obligation de moyen et non de résultat : "Vous n'êtes pas tenus de garantir l'absence de tout accident, mais tout doit être mis en oeuvre pour assurer la sécurité des personnes qui prennent part à vos activités. Ainsi, votre responsabilité ne pourra être engagée que si vous manquez à cette obligation, sous réserve qu'il existe bien un lien entre la faute et l'accident".

Le bénévole responsable d'un dommage
En cas de dommage causé par un bénévole, la responsabilité de l'association peut être engagée sur le fondement de la responsabilité du fait d'autrui. Dans cette hypothèse, la responsabilité de l'association peut être engagée sans que celle-ci, après avoir indemnisé la victime, puisse exercer un recours contre le bénévole. En revanche, lorsque le dommage a été causé par une faute personnelle du bénévole, l'association pourra en cas de procès, demander au juge de constater une telle faute et l'exonération de toute responsabilité.

2.5.3 Le contrat d'assurance

L'assurance doit être souscrite avant le chantier en vérifiant les possibilités et niveaux de prise en charge inhérents à différents incidents qui peuvent subvenir (blessure, maladie, intoxication alimentaire... ).

En cas d'activité exceptionnelle (organisation d'un chantier nature). il convient de prévenir l'assureur pour prévoir une exten sion temporaire de garantie.

Il importe au moment de l'élaboration du contrat avec l'assureur de bien vérifier que toutes les personnes intervenant dans le cadre du chantier seront couvertes en cas d' incident (dommage corporel ou aux biens des participants). Certaines personnes de passage sur le chantier (ex : population locale qui participe à une journée) ne sont pas adhé rentes à l'association. Le contrat d'assurance doit prévoir leur prise en charge.

Il convient également de ve il ler à ce que les personnes soient t iers entre elles (l'assurance couvre les dommages d'un bénévole causés à un autre). et que le contrat garantisse la responsabilité civile de l'association, personne morale.

Les garanties possibles du contrat d'assurance
Responsabilité civile
Elle a pour objet de couvrir les dommages corporels et matériels ca usés par l'assuré à une autre personne à la suite d'un accident.

Défense
Garantie prenant en charge la défense amiable ou judiciaire des assurés.

Recours et protection juridique
La garantie permet l'intervention amiable ou judiciaire à l'encontre des personnes extérieures, responsables de dommages causés à l'association ou à ses membres, et la prise en charge des frais inhérents à l'exercice du recou rs (frais d'expertise, d'avocat, de procédure .. . ).

Individuelle accident
Permet à l'assuré de bénéficier d'un certain nombre de prestations, en cas de dommages corporels d'origine accidentelle (remboursement des frais de soins, versement d'un capital en cas d'invalidité ... ) - garantie indispensable pour les bénévoles qui ne relèvent pas de la législation sur les accidents du travail .

Dommage aux biens
Permet le remboursement des biens personnels des part icipants en cas d'accident.

Assistance
Aider les assurés en difficulté (maladie ou accident) lors d'un déplacement en France ou à l'étranger (rapatriement. avance de fonds...).

Utilisation de véhicules
Location
En cas de location ponctuelle d'un véhicule, le porteur de projet devra étudier attentivement les clauses du contrat d'assurance (garanties, conducteurs autorisés, franchises) pour éviter les mauvaises surprises.

Utilisation d'un véhicule personnel
Il est fréquent que les membres d'une association (dirigeants, salariés et bénévoles) se servent de leur véhicule personnel dans le cas des activités associatives. Les assureurs de ces véhicules doivent être informés de cet usage (idem dans le cas d'une mise à disposition d'un véhicule par une autre structure). Lassociation peut également souscrire, pour le compte des personnes intéressées, un contrat de type "mission sociale" qui se substituera au contrat habituel du véhicule en cas d'accident survenant dans ce cadre.

 

SOURCES DU CHAPITRE "ASSURANCE ET RESPONSABILITÉ" 

- Guide pratique de l'assurance au quotidien - MACIF-22p.

- La sécurité des animations nature : ça se prépare! - Jérôme BOISARD - FRAPNA Région

- La fréquentation des espaces naturels protégés et/ou gérés - 3ème journée d'échanges techniques entre les gestionnaires d'espaces naturels de Rhône-Alpes - Conservatoire Rhône-Alpes des Espaces Naturels, 2002

- Guide du Bénévole - Ministre de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche

- Organisation et sécurité d'un chantier de bénévoles - REMPARTS, 1997, 95 p. Coll. Les cahiers techniques

 

Impliquer la population locale

Hardelot (62)
Asnières sur Vègre (72)

 

Points importants à prendre en compte

Témoignage : le chantier nature, cheville ouvrière de l'ancrage local de la démarche conservatoire

 

Inscrire le chantier dans la durée et fédérer un groupe local de bénévoles - Initier un projet de développement local et dynamiser un territoire - Créer un échange entre bénévoles et habitants - Développer des liens "ville-campagne".

1.6.1 Points importants en prendre en compte

Pourquoi impliquer la population ?
Le chantier nature est rarement une action isolée. Il s'inscrit généralement dans un projet plus vaste de restauration ou d'aménagement d'un site, où existent souvent des pratiques et habitudes locales (chasse, promenade dominicale, VTT ... ). Le chantier devient alors un outil pour expliquer l'objectif de conservation et fa ire adhérer la population au projet.

Nature de l'implication
Il existe différents niveaux d'implication. Impliquer la population ne signifie pas exclusivement "les habitants viennent travailler sur le chantier". Ils peuvent participer, à leur manière - directement ou indirectement, avant, pendant ou après le chantier. Ainsi, quelqu'un qui vient en visite sur le site s'investit, tout comme un producteur qui propose aux bénévoles une dégustation à la ferme. L'essentiel étant de provoquer la rencontre et l'échange, et de sensibiliser les habitants aux actions de conservation réalisées.

Population ciblée
On n'est pas obligé de vouloir impliquer tout le monde dans le projet. Il est souvent plus efficace de s'adresser à des relais locaux pour toucher un groupe de randonneurs, un club de retraités, une école ou le voisinage immédiat du site d'intervention.

Pérennisation
Un chantier est une action ponctuelle dont le résultat doit s'inscrire dans le temps, soit par la répétition, soit par la participation puis l'appropriation du projet par les habitants de la commune. A partir d'une initiative de chantier, un groupe local peut se constituer et prendre le relais des bénévoles qui venaient ponctuellement et généralement de l'extérieur.

Echanger
La rencontre entre des participants motivés par l'environnement et souvent issus du milieu urbain, et la population locale, est riche d'enseignements pour tous. Les uns apportent des connaissances écologiques, une implication bénévole et montrent leur intérêt pour le site naturel en question. Les autres racontent l'histoire de la région, l'évolution du paysage, ou expliquent les pratiques et traditions rurales.

Au delà du chantier
Pour que la population s'approprie véritablement le projet, il faut qu'elle le comprenne et y trouve également un intérêt. Au delà du simple aspect patrimonial et naturaliste, des projets complémentaires permettent d'y arriver, par exemple : retrouver un paysage existant au début du siècle, transmettre des savoirs-faire et techniques traditionnels, retrouver des pratiques agricoles disparues (pâturage), gérer les zones tampons pour limiter les crues...

 

1.6.2 Témoignage : le chantier nature, cheville ouvrière de l'ancrage local de la démarche conservatoire

Les chantiers de bénévoles sont l'occasion d'inviter nos adhérents, qui demandent à connaître les sites, la gestion mise en place et souhaitent 'mettre la main à la pâte'. Ouvrir plus largement ces chantiers à la population locale et aux usagers des sites, c'est souvent créer un incomparable lieu d'échanges. Expliquer les objectifs et les modalités de gestion, passer du discours à l'action concrète, être à l'écoute des questions, des critiques et des demandes locales, travailler ensemble avec une bonne dose de convivialité, voilà un moyen d'abattre bon nombre d'à priori sur les uns et les autres. De même que ça permet de mieux appréhender le contexte local, le lien entre les acteurs locaux et 'leur" site. En définitive, le chantier peut être un moyen efficace d'implication des locaux à la démarche de conservation, d'intégration du site dans la vie locale, d'affiner nos modalités de gestion à partir d'une meilleure compréhension, ou encore de faire connai'tre et de crédibiliser la démarche.

Bien sûr, ces retombées sont très variables d'un site à l'autre en fonction du degré d'implication des locaux, de l'intérêt du site ou de l'état d'avancement de la gestion ... Ici, l'effet "curiosité" fonctionnera la première année, mais plus aucun participant la fois suivante. Là, en revanche, malgré la forte pente du coteau, en moyenne une trentaine d'habitants ne manqueraient pour rien le chantier nature devenu annuel, organisé avec le comité des fêtes qui offre un repas chaud à tous les participants. Ailleurs encore, motivés par leur professeur qui anime un club nature, vingt à trente élèves de la commune participeront volontairement au chantier, donnant l'exemple et relayant l'action auprès de leurs parents. Monter ces chantiers avec un groupe déjà constitué assurant un minimum de participants est également un moyen de rendre ces chantiers plus efficace et de montrer aux locaux que leur site attire des gens parfois venus d'ailleurs et qui en plus s'investissent, révélant une demande sociale insoupçonnée de "leur" site. Alors pourquoi ne pas aussi les accueillir, les aider et prendre le relais ?!

Vincent CHA PUIS - Conservatoire des Sites Naturels de Picardie

 

Le séjour . hébergement, restauration et logistique

Irlande
Wavrans (62)
RNVTourbière de Vred (59)

 

Hébergement

Restauration

Transport

 

Parce que manger est un plaisir indispensable, parce que dormir au chaud dans un gîte confortable n'a jamais fait de mal à personne, parce que les courses sont rarement livrées sur le chantier et que la fée du logis n'existe que dans les contes, le séjour se prépare minutieusement.

 

2.6.1 Hébergement

C'est un point à régler rapidement. dès que la date et le lieu de chantier sont arrêtés.

Localisation
- Choisir un site proche des commerces et du lieu de chantier: permet de gagner un peu de sommeil le matin, du temps de présence sur le chantier, de limiter le kilométrage et les risques inhérents au transport.

- Etre au coeur de la commune permet également d'être visible par la population et favorise aussi bien l'intégration des bénévoles dans le milieu local, que la participation des habitants au projet. Attention cependant à l'effet inverse: le groupe peut se sentir surveillé par la population ou être blâmé pour cause de "tapage nocturne".

- Attention aux disponibilités des gîtes de groupe en fonction de la saison et de la région.

Nature de l'hébergement
Entre le bâtiment en dur et le camping, privilégier une structure bâtie, plus pratique, adaptée à un public varié et aux caprices de la météo.
Le camping peut être une alternative intéressante à condition de respecter certains aspects :

- conditions météo adaptées (chantiers d'été). public homogène et plutôt jeune,

- prévoir une grande tente pour se regrouper, stocker des affaires et préparer les repas, ainsi que le matériel collectif (batterie de cuisine, réchaud, lampes, glacières... ),

- prévoir l'équipement pour chacun (tente, tapis de sol/lit de camp, duvet / couverture .. . ) ou n'inscrire que des bénévoles possédant leur propre matériel.

Taille et confort de l'hébergement
La taille de la structure doit être adaptée au nombre de participants afin d'éviter la promiscuité ou au contraire l'isolement. Léquipement minimum requis comprend cuisine, douche, sanitaire, salle commune et dortoir. On peut privilégier un peu moins de confort et plus d'isolement: possibilité de faire du bruit en évitant les plaintes du voisinage.

Des pistes pour trouver un hébergement
- Gîtes ruraux, fermes auberges et camping à la ferme.

- Bâtiments communaux: possibilité de mise à disposition par la municipalité (dans tous les cas de mise à disposition, il est indispensable d'établir une convention avec le propriétaire).

- Camping (si la commune ne dispose pas de camping, on peut envisager de monter le camp sur le terrain de foot, et utiliser les vestiaires pour les douches et sanitaires),

- Auberge de jeunesse.

- Centre de découverte nature, CPIE...

Hébergement de mineurs
Les Centres de Vacances assurent l'hébergement ou l'accueil des enfants et des adolescents hors du domicile familial en période de vacances scolaires ou hors des temps scolaires. Ils sont soumis à un "contrôle de l'autorité publique pour tout ce qui concerne les conditions sanitaires matérielles, morales et éducatives de cet hébergement" (textes de référence: arrêtés du 25 février 1977, 19 mai 1975, 26 mars 1993 et 4 mai 1981).

Soumis à déclaration
L'obligation de déclaration auprès de la DDJS du siège social de l'organisateur du séjour (2 mois avant) s'applique à tous les séjours réunissant au moins douze mineurs pour une durée de plus de cinq nuits.

Non soumis à déclaration
Moins de 12 mineurs, moins de 6 nuits. Il est néanmoins indispensable de demander :
- une autorisation parentale
- une fiche sanitaire de liaison

2.6.2 Restauration

Les repas sont un temps privilégié pour vivre la dimension interculturelle (découverte de recettes des pays et régions, au sein du groupe ou en relation avec la population locale).

Choix des produits
Privilégier les productions locales en essayant de se fournir sur un marché ou directement chez le producteur (attention aux grosses quantités, il faut parfois prévenir à l'avance). Sans imposer le "tout Bio" ou le "tout commerce équitable" (solution optimale mais souvent incompatible avec le budget ou le contexte). une réflexion peut être menée et un effort doit être réalisé pour au moins faire connaître ces alternatives aux bénévoles.

On se retrouve souvent face à une contradiction entre les produits bio (un peu plus chers) ou du terroir (répartis chez plusieurs producteurs). la grande surface (prix plus bas et choix important). et la supérette du coin pour faire tourner le commerce local (peu de choix et des prix élevés). Chacun privilégiera la solution la mieux adaptée au contexte de son chantier.

Choix du cuisinier
Plusieurs cas de figure sont envisageables en fonction du budget et des équipements.

- Généralement. les bénévoles se chargent des repas. Informer les bénévoles lors de l'inscription évite qu'ils soient surpris d'avoir à faire la cuisine. Etablir les menus avec le groupe en fonction des régimes alimentaires, de la saison, de la localisation, des possibilités de cuisiner, des talents des bénévoles et du budget. Prévoir les menus sur plusieurs jours pour éviter de passer trop de temps à faire les courses.
- Parfois, la restauration est sous-traitée ou prise en charge par les communes disposant d'un minimum d'infrastructures (pour leurs centres aérés par exemple) : solution intéressante qui permet de varier les repas du midi (le soir le groupe a le temps de cuisiner).

Choix du lieu
Généralement le repas du midi est pris sur place, en plein air (prévoir un endroit pour pique-niquer et/ou s'abriter en cas de météo capricieuse). La proximité d'une salle permet également de préparer un vrai repas et d'éviter le sandwich du midi (agréable une journée mais monotone si le chantier dure plusieurs semaines).

Hygiène et sécurité
Quel que soit le public, il faut penser en début de séjour à présenter et afficher les règles d'hygiène et de sécurité de la cuisine. Prendre en compte la possibilité de conserver les aliments au frais (notamment quand l'hébergement se fait sous tente).

Coût des produits alimentaires
- Coût de base (en 2003) : 6,5 euros par jour et par personne - incluant un petit déjeuner, un pique-nique, un repas et deux pauses.

- Attention aux boissons (apéritif, vin) qui amputent le budget.

- Certains repas sont plus onéreux que d'autres: il vaut mieux faire une moyenne sur la semaine plutôt que de calculer un coût journalier (sauf pour un chantier  d'une journée, ça va de soi !).

Composition des repas
Sans maîtriser tous les principes de la diététique, le coordinateur du séjour devra veiller à proposer une nourriture variée et en quantité suffisante pour des bénévoles qui travaillent dur. Ainsi, chaque menu devrait théoriquement comporter :

- un produit laitier (fromage, lait ou laitage),

- un aliment protéique (viandes, poissons, oeufs),

- des fibres (légumes en salade ou en plat principal cuit),

- de l'amidon (un féculent soit en plat principal cuit, soit en entrée, soit en dessert),

- un glucide rapide (un fruit cru et un dessert sucré par jour),

- un élément lipidique (corps gras) pour assaisonner.

Mettre plutôt le féculent en plat principal le midi. Les fromages peuvent être mis n'importe où, pourvu qu'ils soient pris tous les jours.

Les quantités
Pas facile quand on a fait les menus de connaître les quantités nécessaires à leur réalisation . Le petit tableau ci-dessous permet de résoudre cet épineux problème. Il reprend les principaux aliments et indique, la quantité moyenne requise par jour pour qu'un bénévole tienne le coup. C'est une moyenne qui peut varier en fonction des gros mangeurs ou des appétits d'oiseau.

Pour le midi
Pris souvent sur le lieu du chantier, le pique-nique n'empêche pas de se nourrir correctement, par exemple en préparant la veille une salade composée.

Pour les pauses
Café, thé, jus de fruits.
Fruits frais et secs, biscuits.

De l'eau
Surtout l'été, il est indispensable de bien s'hydrater: en fonction des personnes, de la météo et du travail à fournir, prévoir en moyenne 1,5 litre par personne (simplement pour la journée).

Alcool
proscrire de préférence le midi sur le chantier pour des raisons de sécurité ou de fatigue.
A consommer avec modération le soir.
En tous les cas, les règles doivent être fixées dès le début, sachant que pour les mineurs la consommation d'alcool est interdite.

Sucre
Cafés, thés, tisanes et chocolats sucrés de préférence.
Compter un dessert sucré à un des deux repas - pour l'autre, terminer par fromage et fruit.
Le sucre des fruits secs, gâteaux, carrés de chocolat sont en plus des 30/35 g.

 

2.6.3 Transport

Pour différents déplacements autour de la zone de chantier (loisirs, courses, déplacement entre l'hébergement et le lieu de chantier), les véhicules sont souvent indispensables. Dans la mesure où les chantiers sont souvent physiques et nécessitent du transport de matériel, éviter au maximum les longs déplacements à pied.

Transport collectif
Si l'organisateur dispose d'un mini bus, privilégier ce mode de déplacement plus pratique, convivial et économique. Un mini-bus peut également être loué pendant la durée d'un chantier si les déplacements sont fréquents. Dans ce cas, son coût doit être intégré au budget global. Penser à inscrire plusieurs chauffeurs (expérimentés de préférence) sur le contrat de location. Attention, les mini-bus (non considérés comme transport en commun et accessibles au détenteurs du permis B) sont limités à 9 places, alors que les groupes comportent en général une douzaine de personnes.

Véhicules personnels
En l'absence de transport collectif, il faudra utiliser les véhicules personnels des bénévoles (ou des salariés) en essayant d'inscrire un minimum de volontaires possédant une voiture. Prévoir un dédommagement des frais ou envisager une déduction fiscale.

Bicyclette
A défaut de véhicule motorisé, l'utilisation de bicyclettes peut être une solution intéressante (louées, prêtées par les habitants ou une association locale, amenées par les bénévoles), permettant par ailleurs d'effectuer des sorties et autres visites.

 

Avantages et inconvénients des chantiers par typologie : durée, public, travaux

 

 

Les travaux

Pas de Calais (62) - Consignes avant d'utiliser les outils
Marais du Villier (62) - Tronçonneuse
Boulonnais (62) - serpe
Zwannenwater (Hollande) - Coupe franche
Queyras (05)
Marais Ouest de Saint Omer (62) - arrachage de plantes aquatiques
RN du Platier d'Ove (62) - Arrachage de souche au palan
Machault (77)
Marais du Vigueirat Camargue (13)
RNV du Romelaëre (62)

 

Sécurité

Le matériel

Les matériaux

Les techniques

Organisation et réalisation des travaux

Durée du chantier et nombre de bénévoles

 

Il est important de proposer des t ravaux constructifs, si possible diversifiés, et aux résultats visibles. Bien entendu, c'est l'aménagement, l'entretien et la gestion des sites qui guident la nature de ces actions. Mais les travaux liés aux équipements des sites sont souvent appréciés par les bénévoles (pose de panneaux, installation de clôture, restau ration de sentiers ... ). L'encadrant devra donner toutes les explications nécessaires permettant de faire comprendre l'objet et la pertinence de l'intervention. De même, du matériel et des outils adaptés permettront de travailler efficacement et en toute sécurité.

 

2.7.1 Sécurité

Sur les chantiers nature, les travaux sont tellement spécifiques qu'il n'existe pas de manuel donnant les instructions de sécurité à suivre. On parlera de consignes mais pas de règles précises, de normes ou de textes officiels.

Des consignes sur le transport des outils doivent être données avant de se rendre sur le site, et leur utilisat ion doit être expliquée avant le démarrage des travaux, puis rappelée si l'on constate une mauvaise utilisation du matériel. L'encadrement devra surveiller les gestes inconsidérés et les postures dangereuses. Des bons gestes permettent d'éviter une accumulation de fatigue, souvent à l'origine d'accidents.

Exemple de consignes distribuées aux bénévoles en début de chantier 

- Ne pas courir ou faire de mouvements brusques avec des outils à la main.

- Les outils mis à votre disposition sont exclusivement réservés à l'usage pour lequel ils sont initialement prévus dans le cadre du chantier.

- Lors de l'utilisation d'outils, observer une distance minimale de sécurité entre chaque personne (3 mètres minimum)

- Sur des terrains en pente, la personne doit veiller à assurer ses appuis avant de commencer un travail.

- Lors du brûlis, une distance de sécurité de 5 mètres minimum doit être respectée entre les bénévoles et le feu (sauf pour ceux chargés de s'en occuper).

- Avant tout abattage ou déplacement de branchages, veiller à ce qu'aucune personne ne se trouve dans le rayon d'action.

- En présence d'eau, tout agissement risquant de déstabiliser une personne est interdit.

Source : CSN du Nord Pas de Calais


Quelques conseils :

- Certains outils nécessitent une technique particulière (tronçonneuse par exemple) et doivent être utilisés uniquement par des personnes formées et habilitées à le faire (surtout lors des chantiers de jeunes).

- Ne pas aller au delà de ses capacités physiques; adapter des postures correctes permet de prévenir certaines blessures (tour de rein...).

- La réalisation de feux est soumise à certaines règles: allumage, alimentation et extinction du feu, stockage du bois, distance de sécurité, arrêté municipal ou préfectoral d'interdiction ... Lors du brûlis, attention aux cendres incandescentes qui retombent sur les vêtements ou la peau, provoquant trous et petites brûlures.

- Avant tout abattage, alerter les bénévoles situés dans le périmètre de chute de l'arbre.

- La préparation du site en amont du chantier peut permettre de dégrossir les travaux afin que les bénévoles utilisent peu les outils dangereux et se concentrent par exemple sur l'exportation des végétaux. Le risque est de leur confier des tâches répétitives et peu passionnantes, alors que l'aspect formation à des techniques nouvelles constitue l'intérêt des travaux.

2.7.2 Le matériel

Le matériel doit être adapté et en quantité suffisante: à prévoir en fonction des travaux, du public et du nombre de bénévoles. Avant le chantier, le maître d'ouvrage doit imaginer la manière dont les travaux seront réalisés, les techniques qui pourront être utilisées et l'organisation des différentes équipes. L'outillage à main, facile à utiliser, est le matériel le plus courant sur les chantiers de bénévoles. L'outillage mécanique permet d'accomplir un travail plus important mais comporte un degré de risque plus élevé et nécessite une formation plus longue.

L'outillage à main
Utilisation
Chaque outil a été conçu pour une fonction particulière (qualité d'exécution, gain de temps et d'énergie) :

- un autre usage peut le détériorer ou risquer de blesser son utilisateur,

- l'utilisation du mauvais outil ou la mauvaise utilisation du bon outil ne donnera pas le résultat escompté,

- le bénévole risque de se lasser rapidement si l'outil qu'on lui propose ne permet pas de travailler efficacement.

Qualité
Etant donné le maniement par des mains pas toujours expertes et les contraintes mécaniques lors de certains travaux, les outils doivent être de qualité professionnelle. Quelques marques garantissent le matériel plusieurs années voire "à vie".

Etat
Pour être efficaces et non dangereux, les outils doivent être en parfait état (propres, graissés, affûtés, bien emmanchés, réglés ... ).
Cette notion doit être transmise aux bénévoles afin qu' ils respectent les outils et procèdent à leur nettoyage en fin de journée. Les salariés se chargent de l'entretien et de la maintenance du matériel. Notion contradictoire, un outil bien affûté est moins dangereux qu'un autre émoussée. A titre d'exemple, une serpe abîmée risque plus de rebondir sur le bois que de le couper, avant de finir sa course dans la jambe du bénévole.

Quantité
Mieux vaut trop de matériel que pas assez pour limiter les temps morts, permettre les tâches simultanées, répondre à un imprévu et remplacer un outil cassé. Le nombre d'outils à prévoir sera fonction :

- des tâches à réaliser,

- du nombre de bénévoles,

- de l'organisation des équipes.

Rangement
Insister auprès des bénévoles sur l'importance de poser les outils en évidence pour ne pas les perdre. Des marques de peinture fluo facilitent le repérage dans la nature et permettent d'éviter les contestations sur la propriété du matériel.

Autre matériel
Matériel d'entretien
Le matériel doit être entretenu hors période de chantier et en parfait état pour une utilisation optimale. Néanmoins, on ne peut pas empêcher un outil de se casser, de s'abîmer, de s'user ... d'où la nécessité d'avoir une petite trousse d'entretien (ex : pierre à affûter, lames de scie, manche de rechange ... ) en plus de la classique boîte à outils.

Matériel de sécurité
Le matériel de base se compose d'une paire de gants, de bottes ou de grosses chaussures, et de vêtements résistants aux attaques répétées des branches, des épines ou de la boue.

Pour des travaux plus spécifiques, du matériel complémentaire peut être nécessaire: lunettes, casque anti-bruit, casque et chaussures de sécurité ...

Matériel d'appoint
C'est tout le matériel nécessaire à la bonne réalisation du chantier (ex : bâches, brouette, tôles pour le feu, barre à mine, planches, corde ... ). La liste de ce matériel n'est pas facile à établir car son utilité n'est pas toujours évidente en début de chantier alors que sa présence peut se révéler indispensable à tout moment.

Matériel mécanisé
Son emploi devra être justifié par une "analyse avantage / inconvénient" (impact sur le milieu, rapidité, efficacité ... ) et conditionné par une utilisation rigoureuse: - respecter les prescriptions du constructeur,
- ne confier l'appareil qu'aux personnes expérimentées ou former une personne,

- appliquer les consignes de sécurité,

- organiser le travail avec et autour de la machine.

2.7.3 Les matériaux

Contrairement aux outils, un apport de matériaux n'est pas toujours nécessaire pour le déroulement du chantier. C'est le cas des travaux de gestion par opposition aux travaux d'aménagement. Il est parfois possible de récupérer les matériaux sur le site même pour réaliser de petits travaux (ex : pose de seuils en rondins, tressage de haies...) et cette solution est alors à privilégier. Dans les autres cas quelques précautions s'imposent pour bien choisir les matériaux auprès des fournisseurs, entreprises, ou de la commune partenaire du projet.

Qualité et caractéristiques techniques
- Résistance aux intempéries, aux insectes, à la rouille et à la moisissure.

- Traitement ou non du bois: éviter la présence de vernis et de produits chimiques

- Origine du bois : choisir du bois de durabilité naturelle importante.

- Travail des matériaux : penser à la facilité d'utilisation et aux principes de mise en oeuvre.

Quantité
- Prévoir la casse, les pertes éventuelles, l'espace de stockage ou l'acheminement sur le site.
- Vérifier les disponibilités du matériau chez les fournisseur ou les délais d'obtention, la quantité minimum à commander, le conditionnement et les possibilités de livraison.

2.7.4 Les techniques

Il n'est pas opportun ici d'expliquer toutes les techniques existantes, car il serait difficile d'être exhaustif. Les gestionnaires d'espaces naturels connaissent pour la plupart ces techniques et des ouvrages spécialisés y sont consacrés.

Mais tout organisateur de chantier n'est pas gestionnaire, et tout gestionnaire ne sait pas nécessairement ce qu'est capable de réaliser un groupe de bénévoles. Un tableau joint en annexe liste les travaux réalisés par diverses structures lors de chantiers nature, ainsi que leurs coordonnées.

2.7.5 Organisation et réalisation des travaux

Aménagement ou gestion
- Les travaux d'aménagement permettent de réaliser un équipement destiné à l'accueil du public, la protection de berges, la mise en pâturage ... L'objectif doit être réalisable par les bénévoles dans le cadre du chantier aussi bien techniquement que quantitativement.

- Les travaux de gestion sont moins "concrets" puisqu'ils concernent l'intervention sur un milieu dont les effets seront perceptibles plusieurs mois après le chantier. Il importe donc de bien dimensionner et de bien expliquer l'intérêt des actions réalisées.

 

Exemples de travaux réalisés par des bénévoles lors de chantiers nature 

Chantiers de restauration
Débroussaillage.
Chantiers d'entretien
Fauche et ramassage de produits de fauche - élagage et étêtage - curage de fossé - ramassage de plantes aquatiques - étrépage en roselière.
Chantiers de création
Plantation et tressage de haies - creusement de mares - profilage de berges.

Aménagements pour la préservation des espèces ou des habitats Remise en état d'une digue - mise en place d'un système de capture-sauvetage pour batraciens - aménagement pour les chauves-souris - aménagement et consolidation d'îlots à sternes.

Aménagements pour l'accueil du public

Construction d'un observatoire - mise en place d'un platelage - réalisation d'un cheminement ludo-pédagogique.


Avancer et finir les travaux
Les résultats doivent être bien dimensionnés
Il est souhaitable de segmenter les travaux en plusieurs étapes et d'achever une tranche avant de passer à la suivante. Ainsi, les bénévoles perçoivent mieux l'avancée du travail, et le chantier ne risque pas de rester en plan en fin de séjour. Les travaux ne doivent pas nécessiter d'intervention complémentaire par une autre équipe (à moins que l'ampleur des travaux ne l'exige et que cette option ait été décidée et expliquée aux bénévoles dès le départ).

Les résultats doivent être durables
Les bénévoles doivent véritablement sentir l'utilité de leur travail. Ainsi, après des travaux de gestion, le porteur du projet doit prévoir un entretien régulier du site en mettant en place des actions pour pérenniser l'intervention réalisée par les bénévoles. Un retour sur site avec les bénévoles quelques mois après l'intervention est la meilleure manière de constater l'impact du chantier sur le milieu naturel, et de vérifier que le résultat obtenu est conforme aux objectifs initiaux.

Intéresser et valoriser les bénévoles
Les bénévoles sont indispensables
Montrer que pour le milieu naturel, une intervention manuelle est moins perturbante qu'un travail mécanique, et que dans certains cas c'est même la seule solution possible.

Certaines thématiques sont à exclure
A titre d'exemple, le ramassage d'ordures est peu gratifiant pour les bénévoles. Bien entendu, si des déchets sont présents sur le site, une opération de nettoyage peut être menée en complément des autres travaux.

Varier les travaux
Eviter les tâches fastidieuses, répétitives et peu valorisantes pour les bénévoles (au moins pour les chantiers de plusieurs jours).
Essayer de varier au maximum les tâches, organiser plusieurs ateliers si possible, et faire tourner les bénévoles. Le débroussaillage de doit pas être généralisé, même si pour des actions ponctuelles et en groupe important, il est un moyen de sensibilisation intéressant.

Associer travail et sensibilisation
Des actions de sensibilisation doivent accompagner les travaux (mettre à profit les pauses café et être à l'écoute des bénévoles) :

- présentation de l'action de la structure gestionnaire,

- rôle des conservateurs, gardes et techniciens,

- notions sur la protection des espaces naturels,

- explication détaillée du travail à réaliser, de son utilité et de l'avancée des travaux,

- visites de sites.

"Ne pas négliger la vraie "récompense" .' une sortie nature au printemps pour illustrer les résultats de l'investissement des volontaires. Au prochain coup de pince élagueuse l'hiver suivant, le souvenir de la belle Anémone pulsa tille remise en lumière et le vol de ces petits papillons bleus dans la clairière restaurée constitueront alors le plus bel encouragement".

Vincent CHAPUIS - CSN Picardie


Adapter les travaux au public
On ne fait pas faire la même chose à des adultes, des enfants, des personnes handicapées ou des retraités. Le rythme et le niveau physique requis doivent être adaptés au groupe, au contexte et aux travaux.
Etre en veille permanente pour repérer les personnes qui sortent du lot et semblent plus motivées que les autres par ce type d'activité, ou au contraire encourager ceux qui se démotivent.

Accès
Le trajet entre le parking ou le gîte, et le lieu de chantier doit être minimum, surtout si la quantité de matériel et de matériaux à transporter est importante. Même s'il paraît anodin, ce point n'est pas à négliger. Si l'accès est un peu long et doit se faire à pied, prévoir le transport des matériaux par véhicule et un endroit pour  stocker les outils sur place tous les soirs.

2.7.6 Durée du chantier et nombre de bénévoles

De manière empirique on peut citer quelques moyennes pouvant servir de référence :
Nombre de bénévoles : 10 à 15 personnes

 

Le chantier a son propre rythme
Le rythme des bénévoles, les travaux ou les conditions météo peuvent conduire à adapter les horaires (par exemple: travail de 7hOO à 13h00 en plein été pour éviter la canicule de l'après midi), ainsi que les jours de travail et de repos (repos en milieu de semaine et pas nécessairement le week-end). Cette solution, à préconiser dans la mesure du possible, permet de casser le rythme stéréotypé de la semaine de travail.

Chantier long
Si les travaux sont complexes et conséquents, il est préférable de programmer deux chantiers, consécutifs ou espacés, mais avec des équipes différentes. Un chantier de trop longue durée risque d'engendrer une baisse de motivation et la perte de cohésion de l'équipe.

Nombre important de bénévoles
Il permet de mettre en place plusieurs ateliers, d'effectuer une rotation des équipes sur le chantier et de maintenir les participants motivés par les travaux, d'avoir un rythme de travail modéré, d'alterner les tours de service pour la préparation des repas, le ménage. Par contre, il rend difficile la gestion des loisirs pour tout le monde et nécessite plus d'encadrement.

 

Aspect financier

Marais du Vigueirat (Camargue)
Mara Is du Vigueirat (Camargue)

 

Budget prévisionnel

Aides disponibles

Dispositions fiscales concernant les bénévoles

Suivi comptable

Dossier de financement et partenariat - Plan type

 

Un chantier répond à des objectifs multiples au sein duquel les financeurs ont des motivations différentes. Etablir un partenariat financier équilibré et bien réparti entre plusieurs structures permet d'éviter que l'une d'entre-elles fasse passer ses intérêts particuliers avant ceux du projet collectif.

 

2.8.1 Budget prévisionnel

 

Se rapprocher des services instructeurs pour connaître les modalités précises, calendriers de dépôts des dossiers et récupérer, le cas échéant, des "imprimés type".
 

2.8.2 Aides disponibles


 

2.8.3 Dispositions fiscales concernant les bénévoles

Il existe deux possibilités permettant aux bénévoles de déduire ou de récupérer des dépenses engagées au bénéfice d'une association.

Le remboursement de frais des bénévoles
Un bénévole ne doit pas s'enrichir dans le cadre de ses activités associatives. Mais il peut être remboursé des frais qu'il a engagés au cours de sa mission. Ces remboursements ne sont pas imposables. Les frais doivent être réels et justifiés.

Un abandon de remboursement est considéré comme un don
Pour les frais engagés mais non remboursés par l'association, la loi de finance rectificative du 6 juillet 2000 prévoit que ces frais engagés ouvrent droit à une réduction d'impôts pour le bénévole, puisque cet abandon de remboursement de frais s'interprète comme une contribution volontaire de donateur faite à l'association.
Trois conditions sont nécessaires :

- les frais doivent avoir été engagés strictement en vue de la réalisation de l'objet social d'une oeuvre ou d'un organisme d'intérêt général

- ils doivent être justifiés (billet de train, facture, reçu...)

- chaque pièce doit mentionner précisément l'objet de la dépense ou du déplacement

- les bénévoles ayant utilisé leur véhicule à moteur pour les besoins de l'association bénéficient d'un barème unique de remboursement des frais,

- le bénévole contribuable doit avoir expressément renoncé à leur remboursement (renonciation par écrit : "je soussigné - nom et prénom de l'intéressé

- certifie renoncer au remboursement des frais ci-joints et les laisser à l'association en tant que don") et l'association doit émettre un reçu fiscal du montant des remboursements abandonnés.

Cette disposition s'applique à tous les bénévoles, quel que soit le secteur d'intervention de leur association. Les limites de déductibilité sont les mêmes que celles prévues pour les dons. Le montant de la réduction est de 50 % des frais engagés dans la limite de 10 % de son revenu imposable.

2.8.4 Suivi comptable

Mettre en place un outil de suivi global
Tout au long du projet, différentes personnes interviennent dans le financement et la comptabilité, aussi bien pour les dépenses que pour les recettes.

- Avant le chantier : dépenses (communication, acomptes pour le gîte, achat de matériaux...) et recettes (subventions, inscriptions des bénévoles...).

- Pendant le chantier: suivi des dépenses courantes.


- Après le chantier: solde des subventions, factures à régler.

Consigner les dépenses
En phase de préparation et pendant le déroulement du chantier, il est indispensable de consigner toutes les dépenses pour effectuer en fin de projet. le bilan financier.

Aspects pratiques
- Ouverture des comptes chez les commerçants afin de régler en fin de séjour.

- Désigner une personne responsable de la caisse.

- Prévoir des liquidités.

- Choisir les moyens de paiement appropriés aux différentes dépenses.

- Suivi des dépenses du chantier: un simple tableau (cf. ci-dessous) permet d'enregistrer les dépenses réalisées pendant le séjour et de noter leur affectation précise.

 

2.8.5 Dossier de financement et partenariat - Plan type